Afghanistan - Reconstruire Kandahar
Les militaires ont pour mission d'assurer la sécurité nécessaire au développement
L'Équipe provinciale de reconstruction de Kandahar (ÉPRK) a emménagé dans une ancienne conserverie de fruits construite il y a plusieurs décennies par des investisseurs tchèques. La présence dans la cour de quelques Humvees, aux cotés des LAV3 et des RG21, rappelle que ces installations civilo-militaires ont d'abord été dirigées par les Américains avant que le commandement n'en soit remis aux forces armées canadiennes, l'année dernière.
Située dans la ville de Kandahar, à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport et de la grande base militaire, l'ÉPRK abrite un peu plus de 200 soldats et quelques représentants de la GRC, des services correctionnels, des Affaires extérieures et de l'Agence canadienne de développement international (ACDI).
Les militaires ont pour mission d'assurer la sécurité nécessaire au développement, dans cette province en proie à une insurrection. «Ils créent une bulle de sécurité autour des projets de développement», explique le lieutenant Desmond James, officier de relations publiques à l'ÉPRK.
Une part croissante de l'aide canadienne accordée à l'Afghanistan est destinée à la province de Kandahar. Cette aide passe par plusieurs partenaires, notamment de grandes agences de l'ONU comme l'UNICEF (qui a mené un programme de vaccination contre la polio) et le Programme alimentaire mondial (PAM), dont le Canada est un des principaux contributeurs dans la région, ou des organisations non gouvernementales comme Handicap international et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
L'ambitieux mandat des Équipes provinciales de reconstruction consiste aussi à asseoir l'autorité du gouvernement afghan dans les provinces. Par conséquent, elles travaillent également avec des ministères comme l'Intérieur, les Travaux publics et le Développement rural.
Près de 600 projets
Jusqu'ici, l'ÉPRK a participé, avec ces différents partenaires, à la mise en oeuvre d'environ 600 projets de développement dans tous les districts de la province. Il s'agit le plus souvent du creusement de puits, de la restauration de canaux d'irrigation, de la construction ou de la restauration d'écoles ou de cliniques. Une demi-douzaine d'ouvrages de plus grande envergure y ont été réalisés ou sont en voie de l'être, dont un tunnel, deux importants barrages destinés à l'irrigation et trois ponts, dont le plus long du pays. Il s'agit, dans ce dernier cas, d'un projet cofinancé par le Canada et la Suède.
«Le nombre de projets va diminuer, mais la taille va aller en augmentant», prédit le capitaine Martel Thompson, commandant adjoint de l'Équipe provinciale de reconstruction de Kandahar.
«L'approche vise en premier lieu les besoins humanitaires à court terme mais dans une perspective à long terme, tout en assurant la participation des collectivités au niveau du district et de la province, résume Hélène Kadi, directrice du développement à l'ÉPRK. L'an dernier, 39 millions ont été dépensés dans la province de Kandahar. Ce n'est pas la somme qui fait la différence, mais l'approche.»
La militarisation de l'aide étrangère a déjà été critiquée par certains acteurs du développement, qui y voient une dangereuse confusion des genres. En juin 2004, l'ONG Médecins sans frontières s'était retirée de l'Afghanistan, où elle oeuvrait depuis de nombreuses années, après que cinq de ses coopérants eurent été tués par des talibans. Selon cette organisation, une ÉPR américaine avait mis ses médecins en danger en exigeant que la population fournisse des renseignements sur les talibans avant d'obtenir de l'aide.
«Nous posons des questions sur la sécurité, mais nous ne retenons pas l'aide si les gens ne nous donnent pas d'information, affirme le lieutenant Desmond James. Nous ne le ferons que si nous voyons qu'on nous a menti.»
Le Devoir
Située dans la ville de Kandahar, à une vingtaine de kilomètres de l'aéroport et de la grande base militaire, l'ÉPRK abrite un peu plus de 200 soldats et quelques représentants de la GRC, des services correctionnels, des Affaires extérieures et de l'Agence canadienne de développement international (ACDI).
Les militaires ont pour mission d'assurer la sécurité nécessaire au développement, dans cette province en proie à une insurrection. «Ils créent une bulle de sécurité autour des projets de développement», explique le lieutenant Desmond James, officier de relations publiques à l'ÉPRK.
Une part croissante de l'aide canadienne accordée à l'Afghanistan est destinée à la province de Kandahar. Cette aide passe par plusieurs partenaires, notamment de grandes agences de l'ONU comme l'UNICEF (qui a mené un programme de vaccination contre la polio) et le Programme alimentaire mondial (PAM), dont le Canada est un des principaux contributeurs dans la région, ou des organisations non gouvernementales comme Handicap international et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
L'ambitieux mandat des Équipes provinciales de reconstruction consiste aussi à asseoir l'autorité du gouvernement afghan dans les provinces. Par conséquent, elles travaillent également avec des ministères comme l'Intérieur, les Travaux publics et le Développement rural.
Près de 600 projets
Jusqu'ici, l'ÉPRK a participé, avec ces différents partenaires, à la mise en oeuvre d'environ 600 projets de développement dans tous les districts de la province. Il s'agit le plus souvent du creusement de puits, de la restauration de canaux d'irrigation, de la construction ou de la restauration d'écoles ou de cliniques. Une demi-douzaine d'ouvrages de plus grande envergure y ont été réalisés ou sont en voie de l'être, dont un tunnel, deux importants barrages destinés à l'irrigation et trois ponts, dont le plus long du pays. Il s'agit, dans ce dernier cas, d'un projet cofinancé par le Canada et la Suède.
«Le nombre de projets va diminuer, mais la taille va aller en augmentant», prédit le capitaine Martel Thompson, commandant adjoint de l'Équipe provinciale de reconstruction de Kandahar.
«L'approche vise en premier lieu les besoins humanitaires à court terme mais dans une perspective à long terme, tout en assurant la participation des collectivités au niveau du district et de la province, résume Hélène Kadi, directrice du développement à l'ÉPRK. L'an dernier, 39 millions ont été dépensés dans la province de Kandahar. Ce n'est pas la somme qui fait la différence, mais l'approche.»
La militarisation de l'aide étrangère a déjà été critiquée par certains acteurs du développement, qui y voient une dangereuse confusion des genres. En juin 2004, l'ONG Médecins sans frontières s'était retirée de l'Afghanistan, où elle oeuvrait depuis de nombreuses années, après que cinq de ses coopérants eurent été tués par des talibans. Selon cette organisation, une ÉPR américaine avait mis ses médecins en danger en exigeant que la population fournisse des renseignements sur les talibans avant d'obtenir de l'aide.
«Nous posons des questions sur la sécurité, mais nous ne retenons pas l'aide si les gens ne nous donnent pas d'information, affirme le lieutenant Desmond James. Nous ne le ferons que si nous voyons qu'on nous a menti.»
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