Ban Ki-moon au Darfour
Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies mesure par lui-même la complexité du dossier
6 septembre 2007
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Le numéro un de l’ONU a été accueilli par un groupe de femmes à son arrivée à El-Fasher.
El-Facher — Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a pu mesurer par lui-même hier la complexité du problème du Darfour, où sa rencontre avec des personnes déplacées (IDP) dans le chef-lieu régional d'El-Facher a été perturbée par une manifestation.
L'incident, qui s'est déroulé au siège de la Mission de l'ONU au Soudan (MINUS) à El-Facher (nord du Darfour), a mené les services de sécurité de l'ONU à réviser l'organisation de la visite et à restreindre l'accès aux IDP des journalistes, dont la présence a déjà suscité des incidents au Darfour.
Alors que M. Ban allait pénétrer sous une tente pour rencontrer des représentants des IDP de trois camps proches d'El-Facher, quelques dizaines de personnes se présentant comme des déplacés mais qui n'étaient pas invitées ont cherché à pénétrer dans la tente, selon une porte-parole de l'ONU, Marie Okabe.
Elles contestaient la représentativité de la délégation que M. Ban allait rencontrer, l'accusant de vouloir «dénigrer le gouvernement».
Elles affirmaient représenter des IDP prêts à retourner dans leur village, ce qui est encouragé par le gouvernement soudanais mais exclu par la plupart des réfugiés, du fait de l'insécurité régnant hors des camps.
La rencontre de M. Ban avec les IDP a finalement eu lieu plus tard, avec trois représentants seulement.
Dehors, les manifestants, parmi lesquels des femmes élégamment habillées et parées de bijoux, repérant les journalistes, se sont dirigés vers eux en lançant des slogans en arabe, dans lesquels ils exprimaient leur hostilité à l'ONU et proclamaient: «Le Darfour est à nous, retournez à New York!», selon une traduction assurée par les journalistes soudanais.
De nombreux témoins ont exprimé des doutes sur la spontanéité de cette manifestation, qui a ravivé les souvenirs du temps où le gouvernement soudanais refusait obstinément tout déploiement de troupes de l'ONU au Darfour.
Elle survient à la veille d'une rencontre à Khartoum entre le président soudanais Omar el-Béchir et M. Ban, où celui-ci veut faire avancer les préparatifs du déploiement de la MINUAD, force hybride ONU-Union africaine (UA) devant pacifier le Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée depuis février 2003 par la guerre civile.
M. Ban avait indiqué mardi avoir reçu l'assurance du président Béchir, lors d'un premier tête-à-tête lundi soir, de sa «pleine coopération» aux préparatifs de déploiement de la MINUAD.
Après l'épisode de la tente, M. Ban a été confronté à un autre paradoxe typique du Darfour. Visitant le camp d'IDP d'Al-Salam, près d'El-Facher, il a été très chaleureusement accueilli aux cris de «Bienvenue, Ban Ki-moon!» par une population nombreuse.
Mais en même temps, les mêmes réfugiés scandaient le nom d'Abdulwahid Nour, le seul chef rebelle du Darfour qui persiste à refuser de se joindre aux négociations de paix que M. Ban
appelle de ses voeux.
En tandem avec son homologue de l'UA Selim Ahmed Selim, l'envoyé spécial de M. Ban chargé du volet politique du dossier du Darfour, Jan Eliasson, s'efforce de ramener à la table des négociations les nombreux groupuscules rebelles du Darfour qui n'ont pas signé l'accord de paix d'Abuja en mai 2006. Ces groupes se sont entendus en août à Arusha (Tanzanie) pour présenter une plateforme de revendications commune, premier pas vers une reprise du dialogue.
Mais un influent dirigeant rebelle, Abdulwahid Nour, a boycotté cette réunion et M. Ban l'a appelé à sortir de son isolement.
L'incident, qui s'est déroulé au siège de la Mission de l'ONU au Soudan (MINUS) à El-Facher (nord du Darfour), a mené les services de sécurité de l'ONU à réviser l'organisation de la visite et à restreindre l'accès aux IDP des journalistes, dont la présence a déjà suscité des incidents au Darfour.
Alors que M. Ban allait pénétrer sous une tente pour rencontrer des représentants des IDP de trois camps proches d'El-Facher, quelques dizaines de personnes se présentant comme des déplacés mais qui n'étaient pas invitées ont cherché à pénétrer dans la tente, selon une porte-parole de l'ONU, Marie Okabe.
Elles contestaient la représentativité de la délégation que M. Ban allait rencontrer, l'accusant de vouloir «dénigrer le gouvernement».
Elles affirmaient représenter des IDP prêts à retourner dans leur village, ce qui est encouragé par le gouvernement soudanais mais exclu par la plupart des réfugiés, du fait de l'insécurité régnant hors des camps.
La rencontre de M. Ban avec les IDP a finalement eu lieu plus tard, avec trois représentants seulement.
Dehors, les manifestants, parmi lesquels des femmes élégamment habillées et parées de bijoux, repérant les journalistes, se sont dirigés vers eux en lançant des slogans en arabe, dans lesquels ils exprimaient leur hostilité à l'ONU et proclamaient: «Le Darfour est à nous, retournez à New York!», selon une traduction assurée par les journalistes soudanais.
De nombreux témoins ont exprimé des doutes sur la spontanéité de cette manifestation, qui a ravivé les souvenirs du temps où le gouvernement soudanais refusait obstinément tout déploiement de troupes de l'ONU au Darfour.
Elle survient à la veille d'une rencontre à Khartoum entre le président soudanais Omar el-Béchir et M. Ban, où celui-ci veut faire avancer les préparatifs du déploiement de la MINUAD, force hybride ONU-Union africaine (UA) devant pacifier le Darfour, région de l'ouest du Soudan déchirée depuis février 2003 par la guerre civile.
M. Ban avait indiqué mardi avoir reçu l'assurance du président Béchir, lors d'un premier tête-à-tête lundi soir, de sa «pleine coopération» aux préparatifs de déploiement de la MINUAD.
Après l'épisode de la tente, M. Ban a été confronté à un autre paradoxe typique du Darfour. Visitant le camp d'IDP d'Al-Salam, près d'El-Facher, il a été très chaleureusement accueilli aux cris de «Bienvenue, Ban Ki-moon!» par une population nombreuse.
Mais en même temps, les mêmes réfugiés scandaient le nom d'Abdulwahid Nour, le seul chef rebelle du Darfour qui persiste à refuser de se joindre aux négociations de paix que M. Ban
appelle de ses voeux.
En tandem avec son homologue de l'UA Selim Ahmed Selim, l'envoyé spécial de M. Ban chargé du volet politique du dossier du Darfour, Jan Eliasson, s'efforce de ramener à la table des négociations les nombreux groupuscules rebelles du Darfour qui n'ont pas signé l'accord de paix d'Abuja en mai 2006. Ces groupes se sont entendus en août à Arusha (Tanzanie) pour présenter une plateforme de revendications commune, premier pas vers une reprise du dialogue.
Mais un influent dirigeant rebelle, Abdulwahid Nour, a boycotté cette réunion et M. Ban l'a appelé à sortir de son isolement.
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