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Après la victoire à Nahr al-Bared - Le Liban veut reprendre sa sécurité en main

Le statut des 12 camps de réfugiés sera normalisé pour que l'armée puisse y pénétrer

Reuters   5 septembre 2007  Actualités internationales
Les soldats libanais fouillaient hier les décombres du camp Nahr al Bared.
Photo : Agence Reuters
Les soldats libanais fouillaient hier les décombres du camp Nahr al Bared.
Beyrouth — La victoire acquise dans la douleur par l'armée, avec le soutien de la population, sur un groupe islamiste surarmé encourage l'État libanais à effectuer une reprise en main de la sécurité, longtemps abandonnée à des factions rivales.

Cette première intervention de l'armée libanaise dans un camp de réfugiés palestiniens depuis des dizaines d'années s'est soldée par la mort d'au moins 222 membres du Fatah al-Islam et de 163 soldats en plus de 15 semaines de violents combats, selon un bilan officiel.

Le ministre de la Défense, Elias Murr, a évoqué hier une normalisation du statut des 12 camps de réfugiés, où l'armée se gardait de pénétrer et où la sécurité était assurée par les mouvements palestiniens. «Après cette victoire, les civils palestiniens dans les camps ne doivent plus avoir peur, et on ne doit plus avoir peur des Palestiniens», a-t-il assuré.

Le premier ministre, Fouad Siniora, a affirmé dimanche, après la chute du camp, que Nahr al-Bared passerait «sous l'autorité de l'État libanais», et l'armée a menacé de procéder à une nouvelle intervention si les mouvements palestiniens ne faisaient pas leur propre police.

Nahr al-Bared représentait un cas particulier parmi les camps, relèvent des experts. «Dans les autres camps palestiniens, il y a peut-être des cellules terroristes mais pas les mêmes capacités», a indiqué le général à la retraite Wehbé Katicha, rappelant l'influence qu'y exerçait l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le Fatah laïque.

«Les Palestiniens n'ont pas intérêt à avoir des cellules terroristes à l'intérieur de leurs camps. S'ils en trouvent, ils réagiront eux-même, avant l'armée», estime-t-il.

Au début des affrontements, en mai, le représentant de l'OLP au Liban, Abbas Ziki, avait annoncé que son organisation ne s'opposerait pas à l'entrée de l'armée dans le camp pour en chasser les islamistes.

Son adjoint, Kamal Nagi, a déclaré lundi que l'OLP reconnaissait «l'autorité du Liban sur les camps». «Quand les habitants du camp reviendront, nous conclurons un accord sur toutes les questions, principalement celles de la sécurité», avait-il expliqué.

Nahr al-Bared a aussi encouragé le gouvernement à continuer à affirmer son autorité contre le terrorisme dans un pays régulièrement secoué par des attentats.

«Le Fatah al-Islam aurait pu se répandre comme un cancer à travers le pays. Son objectif était d'isoler le nord du pays pour en faire un émirat terroriste, a estimé M. Murr. Nous sommes déterminés à poursuivre la lutte contre le terrorisme.»

Le général Katicha se félicite également que l'armée ait «montré dans cette bataille qu'elle n'était pas l'armée» de tel ou tel parti «mais de tout le Liban», en référence à la majorité soutenue par les Occidentaux et à l'opposition prosyrienne, engagés dans une profonde crise politique.

La presse locale a enjoint aux partis politiques de s'inspirer de l'unité réalisée autour de l'armée pour résoudre leurs querelles qui paralysent le gouvernement.

La résolution dont a fait preuve l'armée libanaise dans l'écrasement de l'insurrection du Fatah al-Islam fait croire à Diaa Rachouane, spécialiste égyptien des mouvements islamistes, que les activistes y réfléchiront désormais à deux fois avant de repasser à une action aussi violente au Liban.

«Le phénomène se reproduira mais à une moindre échelle», prédit-il, tandis que d'autres experts soulignent que le Liban multiconfessionnel, où la sécurité présente nombre de failles, offre des cibles évidentes aux tenants d'un islam radical et anti-israélien.

«Le Liban, petit pays, est une arène ouverte où ils peuvent trouver tous leurs ennemis réunis»,

explique Ahmed Moussalli, enseignant en politique et islam à l'Université américaine de Beyrouth.

«Je pense que ce n'est pas fini. Nous allons voir une nouvelle vague d'activistes islamistes s'attaquer à de multiples cibles.»
 
 
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