La restructuration de l'Armée du Mehdi - Sadr attend de reprendre l'initiative politique
31 août 2007
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Un soldat irakien est passé hier devant une affiche de chefs chiites, dont Moqtada al-Sadr (à droite).
Bagdad — L'annonce mercredi par le jeune chef chiite Moqtada al-Sadr d'une trêve de six mois et d'une restructuration de son mouvement, l'Armée du Mehdi, illustre sa volonté de préserver sa crédibilité comme acteur politique central sur la scène irakienne.
Le chef de l'Armée du Mehdi «est un redoutable politique, très avisé et calculateur», estime Adel Darwish, expert du Moyen-Orient et basé à Londres.
«Il va rester calme pendant six mois ou un an», pronostique M. Darwish, «mais on peut s'attendre à ce que, très discrètement, il redevienne actif». Notamment lors du départ des troupes britanniques de la région chiite de Bassora et, «à plus long terme, après l'inévitable retrait américain», où il pourra alors faire ce qu'il veut, assure l'analyste.
Moqtada al-Sadr a ordonné mercredi à ses quelque 60 000 miliciens de l'Armée du Mehdi de suspendre pour six mois leurs activités après avoir été mis en cause dans des heurts qui ont fait plus de 50 morts dans la ville sainte de Kerbala la veille.
Démentant toute implication dans ces violences, il s'est cependant engagé à purger le bras armé de son mouvement des groupes indisciplinés qui échappent à son autorité et entament la crédibilité de sa formation, la plus populaire au sein de la communauté chiite, majoritaire en Irak.
Depuis des mois, les formation chiites en Irak se sont lancées dans une féroce concurrence pour le contrôle de la communauté, notamment le parti Dawa, du premier ministre Nouri al-Maliki, et son allié, le Conseil suprême islamique irakien (CSII), en lutte contre l'Armée du Mehdi.
Des groupes liés à l'Armée du Mehdi ont également fait sécession pour organiser séparément des attaques visant la communauté sunnite, faisant ombrage à l'autorité de Sadr et à la crédibilité de son organisation.
Les nouvelles violences de Kerbala «sont une gêne pour Moqtada Sadr», juge Joost Hiltermann, spécialiste de l'Irak pour l'organisation International Crisis Group (ICG). «Il ne veut pas être vu en train de combattre des chiites à quelques mètres des mausolées de l'imam Hussein et de l'imam Abbas», lieux saints du chiisme.
«L'Armée du Mehdi compte trop d'éléments incontrôlés dans ses rangs, et Sadr veut s'en débarrasser tout en reprenant le contrôle total de sa milice», explique M. Hiltermann, assurant qu'il s'agit pour le leader chiite d'un problème purement interne.
Pour autant, Sadr n'a pas l'intention de dissoudre ou de démanteler la milice. «Sadr a besoin de l'Armée du Mehdi. Tant qu'il peut jouer de la violence, les autres partis reconnaîtront sa légitimité», souligne M. Hiltermann, montrant du doigt son double jeu militaire et politique.
Toujours selon ce responsable d'ICG, Moqtada al-Sadr conserve pour principal objectif politique la mission de révolution sociale que s'était fixée son père, le grand ayatollah Mohammed Sadek Sadr: défendre et parler au nom des classes laborieuses chiites.
Son but à long terme «est toujours d'affronter l'establishment chiite pour assurer à la majorité populaire une part du gâteau».
Le chef de l'Armée du Mehdi «est un redoutable politique, très avisé et calculateur», estime Adel Darwish, expert du Moyen-Orient et basé à Londres.
«Il va rester calme pendant six mois ou un an», pronostique M. Darwish, «mais on peut s'attendre à ce que, très discrètement, il redevienne actif». Notamment lors du départ des troupes britanniques de la région chiite de Bassora et, «à plus long terme, après l'inévitable retrait américain», où il pourra alors faire ce qu'il veut, assure l'analyste.
Moqtada al-Sadr a ordonné mercredi à ses quelque 60 000 miliciens de l'Armée du Mehdi de suspendre pour six mois leurs activités après avoir été mis en cause dans des heurts qui ont fait plus de 50 morts dans la ville sainte de Kerbala la veille.
Démentant toute implication dans ces violences, il s'est cependant engagé à purger le bras armé de son mouvement des groupes indisciplinés qui échappent à son autorité et entament la crédibilité de sa formation, la plus populaire au sein de la communauté chiite, majoritaire en Irak.
Depuis des mois, les formation chiites en Irak se sont lancées dans une féroce concurrence pour le contrôle de la communauté, notamment le parti Dawa, du premier ministre Nouri al-Maliki, et son allié, le Conseil suprême islamique irakien (CSII), en lutte contre l'Armée du Mehdi.
Des groupes liés à l'Armée du Mehdi ont également fait sécession pour organiser séparément des attaques visant la communauté sunnite, faisant ombrage à l'autorité de Sadr et à la crédibilité de son organisation.
Les nouvelles violences de Kerbala «sont une gêne pour Moqtada Sadr», juge Joost Hiltermann, spécialiste de l'Irak pour l'organisation International Crisis Group (ICG). «Il ne veut pas être vu en train de combattre des chiites à quelques mètres des mausolées de l'imam Hussein et de l'imam Abbas», lieux saints du chiisme.
«L'Armée du Mehdi compte trop d'éléments incontrôlés dans ses rangs, et Sadr veut s'en débarrasser tout en reprenant le contrôle total de sa milice», explique M. Hiltermann, assurant qu'il s'agit pour le leader chiite d'un problème purement interne.
Pour autant, Sadr n'a pas l'intention de dissoudre ou de démanteler la milice. «Sadr a besoin de l'Armée du Mehdi. Tant qu'il peut jouer de la violence, les autres partis reconnaîtront sa légitimité», souligne M. Hiltermann, montrant du doigt son double jeu militaire et politique.
Toujours selon ce responsable d'ICG, Moqtada al-Sadr conserve pour principal objectif politique la mission de révolution sociale que s'était fixée son père, le grand ayatollah Mohammed Sadek Sadr: défendre et parler au nom des classes laborieuses chiites.
Son but à long terme «est toujours d'affronter l'establishment chiite pour assurer à la majorité populaire une part du gâteau».
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