Libre-opinion: Pour le désarmement en Afghanistan
Pierre Desjardins - Auteur et professeur de philosophie. Montréal
30 août 2007
Actualités internationales
Tandis que l'Occident est devant son téléviseur et observe le spectacle des forces du bien aux prises avec les forces du mal (c'est-à-dire les méchants talibans), certains faits méritent d'être rappelés. Car, au-delà de l'émoi, du patriotisme et de l'héroïsme que la guerre en Afghanistan suscite et attise, il existe d'autres réalités qu'il importe d'examiner.
Sans trop nous en rendre compte, nous sombrons tout entiers dans la barbarie du capitalisme occidental! Par la guerre en Afghanistan, il ne s'agit plus simplement de poursuivre ou de combattre un ennemi là où il se trouve mais de se donner le droit extraordinaire de piétiner fièrement et systématiquement le territoire d'un peuple aux allures louches. Au nom du bien, nous nous donnons le droit d'être des prédateurs!
Mais ce n'est pourtant qu'à partir de la pauvreté extrême de l'Afghanistan et de ses habitants qu'on pourra comprendre enfin ce qui semble inintelligible pour nous, c'est-à-dire la stratégie férocement anti-occidentale du régime dictatorial taliban. Les talibans ne peuvent ni promettre ni offrir à leur jeunesse les biens matériels fournis au monde par le capitalisme occidental; aussi, devant le spectacle de notre opulence, ceux-ci, afin de conserver absolument leur pouvoir, tentent d'isoler le peuple afghan tout en satanisant au maximum l'Occident. Et, en boni, ce régime proposera une sanctification dans l'au-delà aux jeunes Afghans qui accepteront de donner leur vie dans cette lutte.
Aussi, ne nous faisons pas trop d'illusions: se débarrasser des talibans ou de Ben Laden dans le feu et le sang n'y changera rien. En Afghanistan, tout comme d'ailleurs en Irak, il y aura toujours de la subversion parce qu'en soi, l'impérialisme, qu'il soit économique comme celui des Américains ou politique comme celui des forces de l'OTAN, est l'expression d'une forme de domination et d'asservissement insupportable pour les populations locales. Leurs chefs, quels qu'ils soient y résisteront, avec l'appui tacite de la population.
Comme toute guerre, celle-ci ne réglera rien. Toutefois, il y a d'autres moyens moins spectaculaires et plus humbles à utiliser pour régler cette situation qui perdure depuis des décennies. D'abord, il faut dialoguer avec les gens de ce pays. Et ce n'est pas à des soldats armés jusqu'aux dents de le faire. C'est d'abord par un désarmement de part et d'autre que tout pourra commencer. Et, pour arriver à cela, les Occidentaux devront nécessairement négocier franchement et oser faire des compromis avec les talibans.
Rappelons que pour sauver leurs otages, les Coréens du Sud ont accepté, malgré la réprobation de leurs alliés américains, de négocier avec les talibans. Et ce fut une réussite. Pourquoi ne ferions-nous pas de même pour régler le conflit actuel et épargner à tout un peuple et à des milliers de soldats d'inutiles souffrances? Il y a des instances diplomatiques qui, en ce moment, ne font pas leur travail. Le Canada a toujours été reconnu pour ses talents de médiateur. Ne serait-il pas temps que ces talents soient utilisés à bon escient? N'y a-t-il pas une limite à la diabolisation des instances du pouvoir dans un pays?
Si le régime des talibans est non souhaitable à long terme parce qu'il impose l'ignorance, la soumission des femmes et l'enfermement culturel de tout un peuple, là comme dans d'autres pays de ce genre, des efforts de générosité doivent être entrepris par l'Occident pour favoriser une ouverture progressive au monde. Mais il faut négocier d'abord un désarmement avec les talibans, sinon rien ne sera jamais possible dans ce pays et le conflit s'enlisera davantage.
Rappelons que le général à la retraite Roméo Dallaire, témoin impuissant des horreurs de la guerre au Rwanda, déclarait que ce n'est pas par la guerre mais par le désarmement d'abord, l'aide et l'éducation des populations ensuite, qu'on empêchera à l'avenir le massacre des populations.
Sans trop nous en rendre compte, nous sombrons tout entiers dans la barbarie du capitalisme occidental! Par la guerre en Afghanistan, il ne s'agit plus simplement de poursuivre ou de combattre un ennemi là où il se trouve mais de se donner le droit extraordinaire de piétiner fièrement et systématiquement le territoire d'un peuple aux allures louches. Au nom du bien, nous nous donnons le droit d'être des prédateurs!
Mais ce n'est pourtant qu'à partir de la pauvreté extrême de l'Afghanistan et de ses habitants qu'on pourra comprendre enfin ce qui semble inintelligible pour nous, c'est-à-dire la stratégie férocement anti-occidentale du régime dictatorial taliban. Les talibans ne peuvent ni promettre ni offrir à leur jeunesse les biens matériels fournis au monde par le capitalisme occidental; aussi, devant le spectacle de notre opulence, ceux-ci, afin de conserver absolument leur pouvoir, tentent d'isoler le peuple afghan tout en satanisant au maximum l'Occident. Et, en boni, ce régime proposera une sanctification dans l'au-delà aux jeunes Afghans qui accepteront de donner leur vie dans cette lutte.
Aussi, ne nous faisons pas trop d'illusions: se débarrasser des talibans ou de Ben Laden dans le feu et le sang n'y changera rien. En Afghanistan, tout comme d'ailleurs en Irak, il y aura toujours de la subversion parce qu'en soi, l'impérialisme, qu'il soit économique comme celui des Américains ou politique comme celui des forces de l'OTAN, est l'expression d'une forme de domination et d'asservissement insupportable pour les populations locales. Leurs chefs, quels qu'ils soient y résisteront, avec l'appui tacite de la population.
Comme toute guerre, celle-ci ne réglera rien. Toutefois, il y a d'autres moyens moins spectaculaires et plus humbles à utiliser pour régler cette situation qui perdure depuis des décennies. D'abord, il faut dialoguer avec les gens de ce pays. Et ce n'est pas à des soldats armés jusqu'aux dents de le faire. C'est d'abord par un désarmement de part et d'autre que tout pourra commencer. Et, pour arriver à cela, les Occidentaux devront nécessairement négocier franchement et oser faire des compromis avec les talibans.
Rappelons que pour sauver leurs otages, les Coréens du Sud ont accepté, malgré la réprobation de leurs alliés américains, de négocier avec les talibans. Et ce fut une réussite. Pourquoi ne ferions-nous pas de même pour régler le conflit actuel et épargner à tout un peuple et à des milliers de soldats d'inutiles souffrances? Il y a des instances diplomatiques qui, en ce moment, ne font pas leur travail. Le Canada a toujours été reconnu pour ses talents de médiateur. Ne serait-il pas temps que ces talents soient utilisés à bon escient? N'y a-t-il pas une limite à la diabolisation des instances du pouvoir dans un pays?
Si le régime des talibans est non souhaitable à long terme parce qu'il impose l'ignorance, la soumission des femmes et l'enfermement culturel de tout un peuple, là comme dans d'autres pays de ce genre, des efforts de générosité doivent être entrepris par l'Occident pour favoriser une ouverture progressive au monde. Mais il faut négocier d'abord un désarmement avec les talibans, sinon rien ne sera jamais possible dans ce pays et le conflit s'enlisera davantage.
Rappelons que le général à la retraite Roméo Dallaire, témoin impuissant des horreurs de la guerre au Rwanda, déclarait que ce n'est pas par la guerre mais par le désarmement d'abord, l'aide et l'éducation des populations ensuite, qu'on empêchera à l'avenir le massacre des populations.
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