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Somalie - Toutes les parties en conflit coupables de «crimes de guerre», selon HRW

13 août 2007  Actualités internationales
Deux jeunes Somaliens montent la garde sur de vieux tanks, à l’ouest de Mogadiscio, qui est le théâtre d’attaques régulières menées par des insurgés, dans les rangs desquels se trouvent des combattants islamistes.
Photo : Agence Reuters
Deux jeunes Somaliens montent la garde sur de vieux tanks, à l’ouest de Mogadiscio, qui est le théâtre d’attaques régulières menées par des insurgés, dans les rangs desquels se trouvent des combattants islamistes.
Nairobi — L'armée éthiopienne, les forces gouvernementales somaliennes et les insurgés qui s'affrontent régulièrement à Mogadiscio depuis sept mois et demi ont tous commis de «nombreux crimes de guerre», selon un rapport de Human Rights Watch (HRW), publié aujourd'hui.

«Les forces éthiopiennes, somaliennes et les insurgés sont tous responsables à Mogadiscio de violations graves et systématiques des lois de la guerre», ils ont notamment commis de «nombreux crimes de guerre», affirme HRW dans ce document de 133 pages intitulé «Abasourdis, les civils en état de siège à Mogadiscio».

«Toutes les parties en conflit ont montré une indifférence criminelle au bien-être des civils», estime le directeur exécutif de l'organisation des droits de l'Homme HRW, Ken Roth, dans un communiqué publié à Nairobi.

«L'indifférence du Conseil de sécurité des Nations unies vis-à-vis de cette crise n'a fait qu'accroître la tragédie» des Somaliens, ajoute-t-il.

La Somalie est en guerre civile depuis 1991. Mais la situation a radicalement évolué ces derniers mois, avec la chute, fin décembre 2006-janvier 2007, des tribunaux islamiques qui contrôlaient depuis des mois la quasi-totalité du centre et du sud de la Somalie, y compris Mogadiscio. Ils ont été défaits par l'armée éthiopienne, alliée au gouvernement somalien.

Depuis, Mogadiscio est le théâtre d'attaques régulières menées par des insurgés, dans les rangs desquels se trouvent des combattants islamistes. Parmi les crimes de guerre commis par les insurgés, HRW cite notamment «les mortiers tirés sans discernement dans des zones habitées par des civils, [...] les meurtres de civils travaillant pour le gouvernement somalien, ainsi que des exécutions sommaires».

De leur côté, les troupes éthiopiennes «ont violé les lois de la guerre en bombardant, largement et sans discernement, avec des roquettes, des mortiers et à l'artillerie, des zones fortement peuplées», selon HRW.

Elles ont «visé des hôpitaux et ont pillé le matériel médical» et ont «exécuté sommairement des civils», poursuit l'organisation basée à New York. Enfin, les forces somaliennes, qui «ont joué un rôle secondaire par rapport à l'armée éthiopienne», ont «pillé des propriétés» ou encore «entravé les secours pour les personnes déplacées».

«En se déployant parmi les civils, l'insurrection a mis la population dans une situation à haut risque. Mais cela ne justifie pas les attaques calculées des Ethiopiens sur des quartiers entiers», juge M. Roth. Selon HRW, «le conflit armé a constamment pris de l'ampleur depuis que le gouvernement somalien [...] s'est établi à Mogadiscio en janvier 2007».

Les deux batailles de mars et avril ont fait «entre 400 et plus de 1300 morts», estime l'organisation. Depuis, «les forces gouvernementales éthiopiennes et somaliennes ont couramment violé les droits des civils [...] . Un contre-terrorisme efficace peut uniquement se baser sur le respect de droits de base et la fin de l'impunité pour les crimes graves», conclut M. Roth.

Ce rapport de HRW est publié alors que le Conseil de sécurité doit se pencher aujourd'hui sur la Somalie, pour discuter d'un éventuel passage de relais entre l'ONU et l'Union africaine (UA) pour la force de paix actuellement déployée en Somalie.

À cette occasion, HRW appelle «le Conseil de sécurité et les acteurs internationaux clés à user de leur influence auprès des forces somaliennes et éthiopiennes pour mettre fin aux abus».
 
 
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