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Législative partielle sous haute surveillance au Liban - Aoun crie victoire, la majorité antisyrienne dénonce des fraudes

Plusieurs dizaines de milliers de Libanais étaient appelés aux urnes hier dans le cadre de deux législatives partielles destinées à remplacer les parlementaires assassinés Pierre Gemayel et Walid Eido. Un scrutin tendu, devenu une véritable épreuve de force entre le gouvernement pro-occidental et ses opposants. Les résultats pourraient déterminer l'avenir politique de ce pays très divisé, quelques semaines avant un vote prévu du Parlement pour élire un nouveau président.

Beyrouth — Le chef de l'opposition chrétienne libanaise, Michel Aoun, a revendiqué hier soir la victoire de son candidat lors d'une législative partielle cruciale pour les chrétiens, mais la majorité antisyrienne a refusé d'admettre sa défaite et dénoncé des fraudes.

Les deux camps ont appelé au calme en attendant les résultats officiels — prévus dans la nuit — de ce scrutin dans la région du Metn, près de Beyrouth, qui a valeur de test pour les chrétiens, divisés entre majorité et opposition, avant l'élection du chef de l'État, traditionnellement issu de leur communauté.

Dans la soirée, des centaines de partisans de la majorité et de l'opposition, séparés par des cordons de soldats appuyés par des blindés, se sont rassemblés sur une place de la banlieue nord de Beyrouth, à Jdeideh, proche des quartiers généraux des deux principaux partis chrétiens.

Michel Aoun a affirmé à la télévision que Camille Khoury, son candidat, l'avait emporté dans le Metn face à l'ancien président Amine Gemayel, un dirigeant de la majorité.

Amine Gemayel était candidat à la succession de son fils Pierre, tué en novembre 2006 dans un attentat imputé par la majorité à la Syrie. «Nous avons été informés de la victoire de Camille Khoury. J'espère que tout se passera calmement», a déclaré Michel Aoun.

Amine Gemayel, prenant la parole devant ses partisans dans son village de Bikfaya, dans le Metn, leur a demandé d'attendre les résultats dans le calme. Il a toutefois dénoncé des fraudes, affirmant que des électeurs non inscrits dans la circonscription et des morts avaient voté.

La majorité antisyrienne a affirmé qu'elle accepterait les résultats, quels qu'ils soient.

Une seconde élection avait lieu à Beyrouth pour remplacer un autre député anti-syrien, le sunnite Walid Eido, assassiné le 13 juin.

Le candidat de la majorité Mohamad Amine Itani a annoncé sans surprise une large victoire.

La campagne pour le siège de Pierre Gemayel a donné lieu à une virulente bataille entre chefs du camp chrétien, écartelé entre majorité et opposition depuis novembre 2006 et la démission du gouvernement des six ministres pro-syriens.

Les résultats dans le Metn devaient constituer un indicateur de la tendance chez les chrétiens avant la présidentielle prévue à partir du 25 septembre. Michel Aoun est le prétendant déclaré à la présidence, et Amine Gemayel est lui aussi candidat potentiel puisque le président du Liban est par tradition issu de la communauté maronite, la plus puissante Église chrétienne du pays. Michel Aoun s'est prévalu pendant la campagne de la large majorité du vote chrétien remportée par son parti, le Courant patriotique libre (CPL), aux législatives de 2005.

Mais sa popularité est en recul depuis qu'il a fait alliance en 2006 avec le Hezbollah chiite, premier parti de l'opposition soutenue par la Syrie et l'Iran. Le chef de l'État pro-syrien Émile Lahoud, qui ne reconnaît plus la légitimité du gouvernement soutenu par les Occidentaux, s'était opposé à la tenue de ces élections, qui se déroulaient sur fond d'instabilité politique et de combats, dans le nord, entre l'armée et un groupe islamiste retranché dans un camp palestinien.

Ces élections pourraient accroître un peu plus la crise politique que vit le Liban, le gouvernement pro-occidental du premier ministre Fouad Siniora les ayant convoquées sans l'accord normalement requis du président pro-syrien Émile Lahoud, qui s'y était opposé.
 
 
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