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Kaboul enquête sur les pertes civiles subies après un bombardement

Lashgar Gha — Les autorités afghanes tentaient de déterminer hier si des frappes aériennes effectuées par les forces occidentales dans la province d'Helmand ont fait de nombreuses victimes civiles, comme l'ont affirmé plusieurs habitants.

Des habitants ont déclaré à des journalistes et à des responsables de la province, située dans le sud de l'Afghanistan, qu'entre 200 et 300 civils avaient été tués ou blessés jeudi dans le district de Baghran dans des raids aériens.

«Je peux confirmer qu'il y a eu des bombardements intenses, a déclaré à Reuters par téléphone Mohammad Hussein Andiwal, le chef de la police de la province. Nous avons également entendu parler d'un nombre élevé de victimes et nous avons envoyé une équipe là-bas pour vérifier.»

Selon Andiwal, au moins une vingtaine de civils souffrant de blessures ont été transportés dans le principal hôpital de Lashkar Gah, chef-lieu de la province.

Un député de la province, Mohamad Anwar, a également reçu des informations faisant état d'un grand nombre de victimes civiles.

Dans un communiqué publié jeudi soir, l'armée américaine a indiqué que les forces de la coalition avaient mené une frappe aérienne ciblée contre deux «chefs militaires talibans notoires» qui dirigeaient jeudi une réunion dans le district de Baghran. Elle n'était pas en mesure de préciser si les deux hommes ont été tués dans le bombardement.

Des habitants et un responsable ont cependant déclaré que les raids aériens avaient visé un rassemblement de personnes venues assister à une exécution publique organisée par des combattants talibans.

Versions contradictoires

Un porte-parole du mouvement islamiste afghan a démenti cette information en affirmant que les victimes étaient toutes des civils venus assister à une cérémonie dans un sanctuaire.

Devant la confusion des divers témoignages, les autorités afghanes tentaient de faire la lumière sur ce raid aérien, dont le bilan humain, s'il est avéré, serait le plus lourd jamais enregistré depuis la chute du régime taliban en 2001.

De nombreuses familles de

victimes, présentes à l'hôpital de Lashkar Gha, ont rapporté la violence du bombardement des forces de la coalition, allant dans le sens de la version fournie par les islamistes.

Selon Shokhi Kahn, un proche d'une victime, plusieurs centaines de personnes ont été la cible d'une frappe aérienne alors qu'elles s'étaient rassemblées pour pique-niquer avant de se rendre à une cérémonie religieuse.

Un autre témoin, Haji Hakim Jan, endeuillé par la perte de quatre de ses frères durant l'opération militaire, a exprimé sa colère vis-à-vis de la coalition internationale.

«Un autre de mes frères et ma soeur de huit ans ont été également blessés», a-t-il confié, ajoutant que de tels bombardements dirigés contre les civils pourraient pousser ces derniers à rejoindre les rangs des talibans, par haine des forces occidentales.

Plus de 350 civils ont été tués cette année dans des opérations militaires de la coalition internationale présente en Afghanistan, selon des responsables gouvernementaux et des organisations humanitaires.

Dans la province du Nuristan, dans l'est du pays, l'explosion d'une bombe sur le bord de la route a par ailleurs tué hier un soldat et blessé deux autres membres de la coalition, a rapporté un responsable militaire.

Otages

Par ailleurs, la Corée du Sud a fait valoir aux talibans, qui retiennent 21 de ses ressortissants en otages en Afghanistan, qu'elle disposait de moyens d'action limités pour mettre fin à l'épreuve de force engagée depuis plus de deux semaines, a annoncé hier un responsable sud-coréen.

Séoul a pris des contacts avec le mouvement islamiste et une délégation sud-coréenne est arrivée jeudi dans la province afghane de Ghazni, où sont détenus les Coréens, afin de négocier directement avec les ravisseurs.
 
 
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