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Au moins 15 morts - Attentat lors d'un meeting de l'opposition pakistanaise

Des postes de sécurité ont été détruits dans le nord du Pakistan.
Photo : Agence Reuters
Des postes de sécurité ont été détruits dans le nord du Pakistan.
Un attentat suicide a fait au moins 15 morts hier à Islamabad lors d'un meeting du juge Iftikhar Mohammed Chaudhry, président de la Cour suprême suspendu par le chef de l'État Pervez Moucharraf et devenu l'un des nouveaux porte-drapeaux de l'opposition.

Cette nouvelle attaque survient après une série d'attentats suicide qui a fait au moins 75 morts en quatre jours dans les zones tribales frontalières avec l'Afghanistan.

La bombe a explosé alors que des centaines de personnes se pressaient en plein centre-ville pour assister à un meeting du juge Chaudhry, juste avant que ce dernier n'arrive. Quinze personnes au moins ont été tuées, dont deux femmes, et 43 blessées, selon des responsables des hôpitaux.

«Maintenant, c'est clair: c'était un attentat suicide», a déclaré le ministre adjoint de l'Information, Tariq Azeem. Des officiers de police ont aussi confirmé cette piste, le kamikaze ayant probablement, selon eux, déclenché son engin à moto.

Des restes humains jonchaient le sol à une centaine de mètres du chapiteau où le juge Chaudhry devait s'adresser à la foule.

«J'ai vu des corps littéralement exploser et des bras et des jambes voler de tous les côtés», a raconté Shafqat Hayat, l'un des conseillers du député Imran Khan, l'ancienne star pakistanaise de cricket devenu un membre influent de l'opposition au général Moucharraf.

Les derniers attentats suicide dans les zones tribales ont été attribués aux militants protalibans, qui ont juré de venger l'assaut meurtrier lancé par l'armée, la semaine dernière, contre la Mosquée rouge (Lal Masjid), en plein coeur de la capitale pakistanaise. Au moins 86 personnes avaient trouvé la mort dans les combats, dont 75 militants fondamentalistes retranchés dans Lal Masjid.

L'état d'urgence est désormais une «possibilité», a assuré M. Azeem, estimant qu'on ne pouvait exclure que l'attentat d'hier soit une vengeance pour Lal Masjid.

Mais sur les lieux de l'attentat, des avocats, qui organisaient la rencontre, se montraient accusateurs à l'égard du pouvoir: «C'était une attaque visant le président de la Cour suprême perpétrée par les "agences"», lançait Munir Malik, le président du Barreau de cette cour. Le vocable «agences» désigne, pour les Pakistanais, l'ensemble des puissants services de renseignement pakistanais.

Le juge Chaudhry a été suspendu le 9 mars par le président Pervez Moucharraf pour «abus d'autorité», mais l'opposition pakistanaise dénonce dans cette sanction une manoeuvre du chef de l'État pour se faire réélire par le Parlement actuel avant les élections législatives prévues à la fin de l'année ou au début de 2008: un scénario qui avait été mis à mal par le juge Chaudhry, pour des motifs d'ordre constitutionnel.

La Cour suprême du Pakistan doit se prononcer prochainement sur la décision du président Moucharraf de suspendre le juge Chaudhry.

Dans le nord

Un attentat suicide a coûté la vie hier à deux soldats pakistanais au Waziristan-Nord, zone tribale frontalière de l'Afghanistan où les milices pachtounes proches des talibans avaient promis quelques heures plus tôt de reprendre leur guérilla contre les forces de l'ordre.

Ce dernier attentat porte à une centaine de morts le bilan des troubles survenus dans la région depuis l'assaut de la Mosquée rouge d'Islamabad.

Dans la nuit de lundi à hier, deux points de contrôle de l'armée pakistanaise ont été détruits à l'explosif près de Miranshah, principale agglomération du Waziristan-Nord, rapportent des témoins. Aucune victime n'a été signalée.

Ali Mohammad Jan Orakzai, gouverneur de la province de la frontière du Nord-Ouest, a dépêché une délégation de chefs de clan et de dignitaires religieux auprès des activistes.

«La délégation s'efforce de nouer le contact avec les talibans», a rapporté un représentant des autorités locales.
 
 
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