Malgré l'appel de George W. Bush - Israël n'est pas disposé à discuter des frontières avec les Palestiniens
Jérusalem — Au lendemain de l'appel du président George Bush à une conférence de paix à l'automne pour parvenir à la création d'un État palestinien, Israël a fait savoir qu'il n'était pas disposé «à ce stade» à discuter de la question des frontières.
Le chef de la Maison-Blanche a estimé que sur «une base appropriée» (le choix par les Palestiniens de la coexistence avec l'État israélien), il serait «possible d'entamer bientôt des négociations sérieuses sur la création d'un État palestinien».
Selon lui, ces négociations «doivent conduire à un règlement territorial, avec des frontières mutuellement acceptées sur la base des lignes antérieures et des réalités actuelles, avec des ajustements mutuellement convenus», a dit Bush, qui a invité Israël à geler ses activités de colonisation.
Mais Miri Eisin, porte-parole du premier ministre israélien, qui a rencontré lundi Abbas durant deux heures en évitant soigneusement d'évoquer ces questions de fond, a douché hier les espoirs.
«Israël a publiquement déclaré qu'il était désireux de discuter des questions d'horizon politique, pour savoir comment réaliser cette idée de deux États pour deux peuples, a-t-elle rappelé. Mais nous avons aussi clairement fait savoir que nous n'étions pas prêts à ce stade à discuter des trois questions essentielles: des frontières, des réfugiés et de Jérusalem», a-t-elle toutefois ajouté.
Israël donne une définition restrictive à la notion d'«horizon politique» utilisée par la diplomatie américaine pour offrir aux Palestiniens la perspective d'un État. À ses yeux, elle recouvre seulement les structures institutionnelles et économiques du futur État.
Or, selon les diplomates et analystes, Bush a voulu lundi soir débloquer les choses en proposant des perspectives de négociations où la question des frontières serait réglée prioritairement par les deux parties.
Ce ne serait que dans un deuxième temps qu'elles s'attaqueraient aux deux autres questions clés du statut final: le sort de Jérusalem et la question épineuse du droit au retour des réfugiés des guerres de 1948 et 1967.
Israël a approuvé officiellement la proposition de Bush, mais de source autorisée on s'efforce de la minimiser parce qu'«il n'a fixé aucun calendrier». La presse israélienne estime aussi que ses propositions sont trop vagues et trop tardives, à un an et demi de la fin de son mandat. «La paix au Moyen-Orient, c'est comme l'horizon: plus on s'en approche, plus elle s'éloigne», écrit le chroniqueur Nahum Barnea dans le quotidien Yedioth Ahronoth.
Libérations
Israël a publié hier la liste de 256 prisonniers palestiniens appelés à être libérés vendredi, dont un dirigeant politique, onze mineurs et six femmes, après son approbation par un comité interministériel. La liste a été rendue publique pour permettre aux Israéliens qui souhaitent présenter des recours en justice contre ces libérations de le faire dans un délai de 48 heures. La plupart de ces prisonniers appartiennent au Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas.
Le prisonnier le plus en vue est le numéro deux du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Abdelrahim Mallouh. Il figure en dernière position sur la liste. M. Mallouh, qui est aussi membre du comité exécutif de l'OLP, la centrale palestinienne dirigée par M. Abbas, avait été condamné en avril 2004 à neuf ans de prison par un tribunal militaire israélien qui l'a reconnu coupable «d'appartenance à une organisation terroriste» responsable d'attentats anti-israéliens.
M. Mallouh, 60 ans, est l'un des fondateurs du FPLP, une formation laïque de gauche. Il s'était installé dans les territoires palestiniens après la création de l'Autorité palestinienne en 1994.
Le prisonnier sur la liste purgeant la plus lourde peine est Mouhannad Jaradat, détenu depuis 1989 et condamné à 20 ans. Sa peine devait expirer le 27 septembre 2009. Enfin, 102 des prisonniers appelés à être libérés ont purgé moins de la moitié de leur peine et 61, plus des deux tiers. Au total, quelque 11 000 Palestiniens sont détenus en Israël.
Le chef de la Maison-Blanche a estimé que sur «une base appropriée» (le choix par les Palestiniens de la coexistence avec l'État israélien), il serait «possible d'entamer bientôt des négociations sérieuses sur la création d'un État palestinien».
Selon lui, ces négociations «doivent conduire à un règlement territorial, avec des frontières mutuellement acceptées sur la base des lignes antérieures et des réalités actuelles, avec des ajustements mutuellement convenus», a dit Bush, qui a invité Israël à geler ses activités de colonisation.
Mais Miri Eisin, porte-parole du premier ministre israélien, qui a rencontré lundi Abbas durant deux heures en évitant soigneusement d'évoquer ces questions de fond, a douché hier les espoirs.
«Israël a publiquement déclaré qu'il était désireux de discuter des questions d'horizon politique, pour savoir comment réaliser cette idée de deux États pour deux peuples, a-t-elle rappelé. Mais nous avons aussi clairement fait savoir que nous n'étions pas prêts à ce stade à discuter des trois questions essentielles: des frontières, des réfugiés et de Jérusalem», a-t-elle toutefois ajouté.
Israël donne une définition restrictive à la notion d'«horizon politique» utilisée par la diplomatie américaine pour offrir aux Palestiniens la perspective d'un État. À ses yeux, elle recouvre seulement les structures institutionnelles et économiques du futur État.
Or, selon les diplomates et analystes, Bush a voulu lundi soir débloquer les choses en proposant des perspectives de négociations où la question des frontières serait réglée prioritairement par les deux parties.
Ce ne serait que dans un deuxième temps qu'elles s'attaqueraient aux deux autres questions clés du statut final: le sort de Jérusalem et la question épineuse du droit au retour des réfugiés des guerres de 1948 et 1967.
Israël a approuvé officiellement la proposition de Bush, mais de source autorisée on s'efforce de la minimiser parce qu'«il n'a fixé aucun calendrier». La presse israélienne estime aussi que ses propositions sont trop vagues et trop tardives, à un an et demi de la fin de son mandat. «La paix au Moyen-Orient, c'est comme l'horizon: plus on s'en approche, plus elle s'éloigne», écrit le chroniqueur Nahum Barnea dans le quotidien Yedioth Ahronoth.
Libérations
Israël a publié hier la liste de 256 prisonniers palestiniens appelés à être libérés vendredi, dont un dirigeant politique, onze mineurs et six femmes, après son approbation par un comité interministériel. La liste a été rendue publique pour permettre aux Israéliens qui souhaitent présenter des recours en justice contre ces libérations de le faire dans un délai de 48 heures. La plupart de ces prisonniers appartiennent au Fatah, le mouvement du président palestinien Mahmoud Abbas.
Le prisonnier le plus en vue est le numéro deux du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), Abdelrahim Mallouh. Il figure en dernière position sur la liste. M. Mallouh, qui est aussi membre du comité exécutif de l'OLP, la centrale palestinienne dirigée par M. Abbas, avait été condamné en avril 2004 à neuf ans de prison par un tribunal militaire israélien qui l'a reconnu coupable «d'appartenance à une organisation terroriste» responsable d'attentats anti-israéliens.
M. Mallouh, 60 ans, est l'un des fondateurs du FPLP, une formation laïque de gauche. Il s'était installé dans les territoires palestiniens après la création de l'Autorité palestinienne en 1994.
Le prisonnier sur la liste purgeant la plus lourde peine est Mouhannad Jaradat, détenu depuis 1989 et condamné à 20 ans. Sa peine devait expirer le 27 septembre 2009. Enfin, 102 des prisonniers appelés à être libérés ont purgé moins de la moitié de leur peine et 61, plus des deux tiers. Au total, quelque 11 000 Palestiniens sont détenus en Israël.
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