Pakistan - Arrestation du chef de la Mosquée rouge déguisé en femme
Sept cents étudiants se sont rendus hier aux forces de l'ordre
Photo : Agence Reuters
Un soldat pakistanais surveillait des étudiants radicaux hier près de la Mosquée rouge.
Islamabad — Le chef religieux de la Mosquée rouge, bastion du radicalisme étudiant au coeur d’Islamabad, a été appréhendé hier alors qu’il tentait de fuir l’édifice assiégé par les forces de l’ordre, caché sous une burqa, ont annoncé des responsables pakistanais.
L’arrestation d’Abdul Aziz constitue un succès d’envergure pour le gouvernement du président Pervez Musharraf, pressé depuis longtemps par son opposition libérale de réduire ce foyer d’intégrisme radical.
700 étudiants de la Mosquée rouge se sont rendus hier, mais des centaines d’autres se trouveraient encore à l’intérieur du complexe.
Aziz a essayé de prendre la fuite caché sous une burqa, le long voile noir qui enveloppe les femmes de la tête aux pieds. «Il a été intercepté au point de contrôle où les femmes quittant la mosquée doivent s’inscrire. Les policiers avaient repéré son comportement bizarre», a expliqué un haut fonctionnaire municipal, Chaudhry Mohammad Ali.
«Il était le dernier d’un groupe de sept femmes, mais nos hommes ont noté un problème. Les autres membres du groupe ressemblaient à des femmes, mais lui était plus grand et il avait du ventre», a précisé un responsable des forces de sécurité.
Le religieux dirigeait la Mosquée rouge avec son frère, Abdul Rashid Ghazi, qui serait toujours à l’intérieur avec de nombreux autres activistes refusant d’obéir aux ultimatums des autorités.
Des explosions
Après les tirs meurtriers de mardi, des centaines de policiers et de militaires, équipés de véhicules blindés de transport de troupes, ont encerclé l’édifice religieux et imposé un couvre-feu d’une durée illimitée dans le secteur. Les forces de l’ordre ont reçu pour consigne de tirer à vue sur tous ceux qui résisteraient. «Ils [les étudiants] n’ont pas d’autre choix que de se rendre», a déclaré le ministre de l’Intérieur.
Ce matin, de fortes explosions ont été entendues dans les parages de la Mosquée rouge. «Il s’agit d’explosions en guise de coups de semonce. Nous ne sommes pas entrés dans la mosquée», a déclaré un responsable de la sécurité pakistanaise, sous le sceau de l’anonymat. Huit explosions, à un intervalle de quelques minutes, ont été suivies par des tirs et le tout a pris fin au bout d’une vingtaine de minutes, peu avant le lever du soleil. Elles ont été suivies également d’un appel lancé par haut-parleurs par les forces de sécurité, invitant les étudiants à se rendre, a rapporté un témoin. Une partie d’un mur de l’immense complexe de la mosquée s’est effondré sous l’effet d’une des explosions et les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes, a précisé le responsable de la sécurité.
La Mosquée rouge (Lal Masjid), tenue par un mouvement islamiste radical comparable aux talibans afghans, est un complexe religieux formé d’une mosquée et d’une madrassa (école coranique). 5000 étudiants et 4000 étudiantes, âgés de 10 à 20 ans, suivent les cours de l’école coranique de la Mosquée rouge. Selon les autorités, la mosquée servirait également de refuge à des talibans combattant en Afghanistan et des islamistes pakistanais les soutenant.
Laissez-passer
De nombreux étudiants ont accepté l’offre d’un laissez-passer et d’une somme de 5000 roupies (environ 120 $) et quitté la mosquée.
Près de 700 personnes, dont une centaine de femmes et de filles, ont quitté la mosquée, mais il en resterait encore officiellement plusieurs centaines à l’intérieur. Les hommes qui se sont rendus ont été embarqués à bord de camions tandis que femmes et enfants étaient relâchés.
Les affrontements ont commencé mardi quand 150 étudiants ont attaqué le poste de sécurité d’un bâtiment public près de la mosquée, y volant des armes et prenant quatre fonctionnaires en otages, a expliqué la police.
Ces violences tombent particulièrement mal pour le président Musharraf, déjà confronté à une fronde des avocats et de l’opposition depuis qu’il a suspendu de ses fonctions, en mars, le président de la Cour suprême. Il prépare d’autre part l’élection présidentielle et les prochaines législatives.
La Mosquée rouge, connue depuis longtemps pour abriter des radicaux islamistes, symbolise la «talibanisation» de la société pakistanaise. Elle est située à moins de deux kilomètres du parlement et de l’enclave des missions diplomatiques.
L’arrestation d’Abdul Aziz constitue un succès d’envergure pour le gouvernement du président Pervez Musharraf, pressé depuis longtemps par son opposition libérale de réduire ce foyer d’intégrisme radical.
700 étudiants de la Mosquée rouge se sont rendus hier, mais des centaines d’autres se trouveraient encore à l’intérieur du complexe.
Aziz a essayé de prendre la fuite caché sous une burqa, le long voile noir qui enveloppe les femmes de la tête aux pieds. «Il a été intercepté au point de contrôle où les femmes quittant la mosquée doivent s’inscrire. Les policiers avaient repéré son comportement bizarre», a expliqué un haut fonctionnaire municipal, Chaudhry Mohammad Ali.
«Il était le dernier d’un groupe de sept femmes, mais nos hommes ont noté un problème. Les autres membres du groupe ressemblaient à des femmes, mais lui était plus grand et il avait du ventre», a précisé un responsable des forces de sécurité.
Le religieux dirigeait la Mosquée rouge avec son frère, Abdul Rashid Ghazi, qui serait toujours à l’intérieur avec de nombreux autres activistes refusant d’obéir aux ultimatums des autorités.
Des explosions
Après les tirs meurtriers de mardi, des centaines de policiers et de militaires, équipés de véhicules blindés de transport de troupes, ont encerclé l’édifice religieux et imposé un couvre-feu d’une durée illimitée dans le secteur. Les forces de l’ordre ont reçu pour consigne de tirer à vue sur tous ceux qui résisteraient. «Ils [les étudiants] n’ont pas d’autre choix que de se rendre», a déclaré le ministre de l’Intérieur.
Ce matin, de fortes explosions ont été entendues dans les parages de la Mosquée rouge. «Il s’agit d’explosions en guise de coups de semonce. Nous ne sommes pas entrés dans la mosquée», a déclaré un responsable de la sécurité pakistanaise, sous le sceau de l’anonymat. Huit explosions, à un intervalle de quelques minutes, ont été suivies par des tirs et le tout a pris fin au bout d’une vingtaine de minutes, peu avant le lever du soleil. Elles ont été suivies également d’un appel lancé par haut-parleurs par les forces de sécurité, invitant les étudiants à se rendre, a rapporté un témoin. Une partie d’un mur de l’immense complexe de la mosquée s’est effondré sous l’effet d’une des explosions et les forces de sécurité ont également tiré des gaz lacrymogènes, a précisé le responsable de la sécurité.
La Mosquée rouge (Lal Masjid), tenue par un mouvement islamiste radical comparable aux talibans afghans, est un complexe religieux formé d’une mosquée et d’une madrassa (école coranique). 5000 étudiants et 4000 étudiantes, âgés de 10 à 20 ans, suivent les cours de l’école coranique de la Mosquée rouge. Selon les autorités, la mosquée servirait également de refuge à des talibans combattant en Afghanistan et des islamistes pakistanais les soutenant.
Laissez-passer
De nombreux étudiants ont accepté l’offre d’un laissez-passer et d’une somme de 5000 roupies (environ 120 $) et quitté la mosquée.
Près de 700 personnes, dont une centaine de femmes et de filles, ont quitté la mosquée, mais il en resterait encore officiellement plusieurs centaines à l’intérieur. Les hommes qui se sont rendus ont été embarqués à bord de camions tandis que femmes et enfants étaient relâchés.
Les affrontements ont commencé mardi quand 150 étudiants ont attaqué le poste de sécurité d’un bâtiment public près de la mosquée, y volant des armes et prenant quatre fonctionnaires en otages, a expliqué la police.
Ces violences tombent particulièrement mal pour le président Musharraf, déjà confronté à une fronde des avocats et de l’opposition depuis qu’il a suspendu de ses fonctions, en mars, le président de la Cour suprême. Il prépare d’autre part l’élection présidentielle et les prochaines législatives.
La Mosquée rouge, connue depuis longtemps pour abriter des radicaux islamistes, symbolise la «talibanisation» de la société pakistanaise. Elle est située à moins de deux kilomètres du parlement et de l’enclave des missions diplomatiques.
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