Lettres: L'humanitaire par les armes
Le Darfour est le plus récent exemple d'instrumentalisation de l'humanitaire à des fins politiques et militaires. L'humanitaire est devenu une nouvelle manière de justifier des interventions militaires pour conquérir des enjeux géostratégiques les armes à la main. Ce conflit, débuté en 2003, n'a jamais eu de dimension religieuse ou ethnique. L'ensemble de la population est musulmane et arabophone, constituée de nombreuses tribus arabes et africaines. Le tout est donc un conflit d'intérêts dont la toile de fond est le contrôle des ressources naturelles du pays.
Les États-Unis et l'Europe veulent y déployer une force hybride ONU/Union africaine le plus vite possible. Les enjeux pour le Soudan sont importants. Il risque de perdre d'immenses revenus provenant du pétrole et même de subir une invasion déguisée en force de pacification. En ce qui concerne la Chine, son désaccord avec le reste de la communauté internationale sur la façon d'obliger le Soudan à tenir ses engagements n'est pas surprenant. Elle entretient des relations commerciales privilégiées avec Khartoum et n'a qu'a se rappeler le peu de cas qu'on a fait des intérêts de la Russie lors de l'invasion de l'Irak pour voir où risque de la mener une intervention armée au Darfour.
Les vrais humanitaires sont catastrophés par cette nouvelle stratégie. Selon Médecins sans frontières (MSF), elle menace directement leur efficacité et n'est pas justifiée, l'action militaire ne débouchant que très rarement sur des secours efficaces. Comme toujours, ce sont les populations civiles innocentes qui tombent sous les balles. En quatre ans, cette politique de terre brûlée a fait plus de 200 000 morts et deux millions de déplacés. Pire, comme au Kosovo, toute intervention unilatérale des puissances occidentales risque d'entraîner de plus grands massacres. À la réunion de Paris sur le Darfour, un consensus s'est dégagé sur la «priorité à donner à une solution politique». Il est impératif que ce soit le cas. Les grandes puissances ne doivent pas se croire autorisées à accaparer les ressources du Soudan en revêtant un masque humanitaire.
Les États-Unis et l'Europe veulent y déployer une force hybride ONU/Union africaine le plus vite possible. Les enjeux pour le Soudan sont importants. Il risque de perdre d'immenses revenus provenant du pétrole et même de subir une invasion déguisée en force de pacification. En ce qui concerne la Chine, son désaccord avec le reste de la communauté internationale sur la façon d'obliger le Soudan à tenir ses engagements n'est pas surprenant. Elle entretient des relations commerciales privilégiées avec Khartoum et n'a qu'a se rappeler le peu de cas qu'on a fait des intérêts de la Russie lors de l'invasion de l'Irak pour voir où risque de la mener une intervention armée au Darfour.
Les vrais humanitaires sont catastrophés par cette nouvelle stratégie. Selon Médecins sans frontières (MSF), elle menace directement leur efficacité et n'est pas justifiée, l'action militaire ne débouchant que très rarement sur des secours efficaces. Comme toujours, ce sont les populations civiles innocentes qui tombent sous les balles. En quatre ans, cette politique de terre brûlée a fait plus de 200 000 morts et deux millions de déplacés. Pire, comme au Kosovo, toute intervention unilatérale des puissances occidentales risque d'entraîner de plus grands massacres. À la réunion de Paris sur le Darfour, un consensus s'est dégagé sur la «priorité à donner à une solution politique». Il est impératif que ce soit le cas. Les grandes puissances ne doivent pas se croire autorisées à accaparer les ressources du Soudan en revêtant un masque humanitaire.
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