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Rapport - L'ONU voit des signes positifs dans la lutte antidrogue, mais la guerre n'est pas gagnée...

La culture du pavot en Afghanistan fournit 92 % de l’héroïne consommée dans le monde.
Photo : Agence Reuters
La culture du pavot en Afghanistan fournit 92 % de l’héroïne consommée dans le monde.
Genève — Des signes positifs sont enregistrés dans la lutte contre la toxicomanie dans le monde, mais la guerre contre la drogue est loin d'être gagnée, notamment en Afghanistan, le principal pourvoyeur d'héroïne, selon un rapport de l'ONU publié aujourd'hui.

«Des données récentes indiquent que le train fou de la toxicomanie ralentit», estime Antonio Maria Costa, directeur de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), en préface à ce rapport 2007.

«Pour presque tous les types de drogues — cocaïne, héroïne, cannabis et stimulants de type amphétamine —, il y a des signes de stabilité générale, en termes de culture, de production ou de consommation», déclare-t-il. «Cela ne veut pas dire que le problème ait été résolu ou qu'il faille lever la garde», prévient-il cependant.

Ainsi, la culture du pavot a fortement augmenté en Afghanistan, le pays fournissant désormais 92 % de l'héroïne consommée dans le monde. «Les marchés mondiaux de l'héroïne sont déterminés, au moins à court terme, par ce qui va se passer dans le sud de l'Afghanistan», selon ce rapport.

Pour la cocaïne, deuxième drogue consommée dans le monde, la Colombie, le Pérou et la Bolivie restent les principaux producteurs.

Les campagnes d'éradication des cultures ont permis une diminution très sensible des surfaces cultivées en pavot et en coca dans le monde, mais trouvent leurs limites en raison d'améliorations de la productivité agricole et des laboratoires de transformation, ont noté les auteurs du rapport lors d'une présentation à Genève.

Pour l'héroïne, en dépit d'une diminution globale de 10 % des surfaces cultivées en pavot depuis 2000, notamment dans le «Triangle d'or» d'Asie du Sud-Est, la production mondiale a atteint en 2006 le chiffre record de 6610 tonnes (43 % de plus qu'en 2005).

La production s'est massivement reportée sur le sud de l'Afghanistan, où la productivité des champs est bien meilleure. «Guérir la province [afghane] de Helmand de son cancer de drogue et d'insurrection débarrasserait le monde de la source la plus dangereuse de la plus dangereuse des drogues», notent les auteurs du rapport.

Pour la cocaïne, les surfaces cultivées pour la coca ont diminué de 29 % entre 2000 et 2006, surtout en Colombie (baisse de 52 % entre 2000 et 2006), tandis qu'elles augmentaient au Pérou et en Bolivie.

La Colombie reste le premier pays producteur, avec environ 600 tonnes en 2006. Malgré la diminution globale des surfaces cultivées, «la production y est restée stable» (1008 tonnes en 2004, 984 tonnes en 2006). En effet, «ces dernières années, l'utilisation d'engrais et de pesticides et l'amélioration des techniques de production ont augmenté les rendements», expliquent les experts de l'ONU.

Pour le cannabis, en revanche, il n'y a pas de concentration géographique: il est produit dans «au moins 172 pays et territoires» pour environ 160 millions de consommateurs. La tendance est cependant à la stabilisation, voire à la décrue, tant pour la production que pour la consommation.

Si le Maroc reste premier producteur de haschich, les surfaces cultivées y sont passées de 134 000 hectares en 2003 à 76 400 hectares en 2005.

La production mondiale de drogues de synthèse, comme l'ecstasy, marque le pas à un peu moins de 480 tonnes. Leur consommation recule même nettement en Amérique du Nord et, dans une moindre mesure, en Europe.

Dans un tableau se voulant optimiste, l'ONUDC se félicite que la répression du trafic gagne en efficacité: en 2005, les saisies ont retiré du marché 42 % de la production mondiale de cocaïne et 26 % de celle d'héroïne.

Mais la répression de la production et du trafic ont leurs limites, selon les experts de l'ONU, qui recommandent d'accentuer la lutte contre la demande par la prévention et l'aide aux pays producteurs.
 
 
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