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Lettres: Je me souviens

Maryse Azzaria - Sainte-Julienne, le 14 juin 2007  19 juin 2007  Actualités internationales
Je me souviens d'un certain samedi de mars 2003: par un froid de canard nous étions des milliers et des milliers à défiler dans les rues de Montréal, de Québec, et d'ailleurs pour dire non à l'invasion de l'Irak. Qui maintenant oserait dire que cette invasion était justifiée? Les mensonges utilisés pour justifier l'invasion ont été mis au jour. Pour la population irakienne, c'est chaque jour l'enfer.

Je me souviens et je m'interroge: pourquoi ne sommes-nous pas des milliers et milliers à dénoncer l'invasion de l'Afghanistan? La situation commence à ressembler drôlement à ce qui s'est passé et continue de se passer en Irak. À la une du Devoir du jeudi 14 juin, la Croix-Rouge nous en met plein la figure. Le chef de la délégation en Afghanistan, Reto Stocker, a fait le point sur la situation humanitaire en entrevue au Devoir. «Selon lui, la situation dégénère, depuis un an alors que la populaion civile est de plus en plus en détresse en raison de l'intensification des combats entre l'OTAN et les Talibans. Le conflit ne s'est pas juste étendu, il s'est intensifié. L'effet est direct sur les habitants, qui souffrent plus qu'avant.»

Pendant ce temps, M. Harper continue d'affirmer que le travail humanitaire est la priorité numéro un des militaires canadiens en Afghanistan. Et nos jeunes de Valcartier se préparent à partir pour continuer ce travail «humanitaire.». Pourtant, il est clair qu'humanitaire et militaire sont deux concepts différents, opposés même. Le premier ministre a le devoir de nous expliquer clairement le rôle du Canada dans l'invasion de l'Afghanistan, pour que tous et toutes nous sachions pourquoi les soldats vont risquer leur vie. Par respect pour la population afghane, nous devons comprendre ce que notre gouvernement et notre armée fabriquent en Afghanistan. Et c'est ainsi que nous pourrions être des milliers et des milliers à sortir dans la rue pour dire non à l'occupation de l'Afghanistan.
 
 
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