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Les étudiants à Gaza - Franchir des barrages pour aller passer ses examens

Des membres de la force de sécurité patrouillaient hier les rues de Gaza.
Photo : Agence Reuters
Des membres de la force de sécurité patrouillaient hier les rues de Gaza.
Gaza — Les affrontements entre militants du Fatah et du Hamas affectent les élèves de Gaza, qui peinent à se concentrer sur leurs révisions et doivent franchir des barrages tenus par les combattants pour se rendre aux examens de fin d'année... quand ceux-ci ne sont pas annulés.

«Je suis une bonne élève, mais j'ai l'impression que mon cerveau est vide», soupire Daliya Naji, 16 ans, dont les révisions ont été perturbées par des combats de rue devant sa maison.

Les 18 jours de la période des examens de fin d'année scolaire, qui s'est ouverte lundi, sont semblables à des jours fériés à Gaza, les habitants s'efforçant de garantir un minimum de calme pour permettre aux élèves de travailler dans de bonnes conditions.

Durant cette période, les mariages et les bruyantes manifestations de joie qui les accompagnent sont peu programmés et les commerçants qui utilisent des mégaphones pour vanter leurs produits risquent des amendes. Mais, malgré le grand respect dont jouit l'école, les violences ont déjà commencé à perturber les examens: les trois universités de Gaza ont annulé ceux qui étaient prévus hier, tandis que des lycées tentaient de déplacer les lieux d'examens vers des zones épargnées par les tirs, selon Mohammed Abou Shkeir, ministre adjoint de l'Éducation.

La trêve conclue lundi n'a pas permis de mettre fin aux combats. «C'est une honte pour notre peuple», s'est indigné le président palestinien, Mahmoud Abbas, lors d'un déplacement effectué le même jour dans une école en Cisjordanie. «J'appelle tout le monde à arrêter cela immédiatement, non seulement en raison des examens mais aussi pour que notre peuple puisse mener une vie normale.»

La situation à Gaza plonge de nombreux élèves dans le désarroi. «Je suis stressé et fatigué, nous ne savons pas comment faire pour étudier», a expliqué Mohammed Abou Sido avant d'entrer dans une école de la ville pour passer un examen. «En chemin, nous avons rencontré des barrages, mais nous sommes arrivés, par miracle.»

Ahmad Ghoufari a, de son côté, expliqué avoir du mal à mémoriser ses leçons à cause du stress. «Je ne crois pas que la situation me permettra de bien faire, mais je ferai ce que je peux», a-t-il déclaré.

Un autre élève, Mohammed Arabid, regagnait son domicile après ses examens lorsqu'il a été enlevé lundi par des activistes masqués, a affirmé son père à une radio liée au Hamas. Selon ses proches, il a été enlevé parce qu'il portait la barbe, signe de piété religieuse, et que sa famille est réputée soutenir le mouvement islamiste du Hamas.

Jamil Abou Saadeh, un responsable du ministère de l'Éducation chargé des programmes scolaires, précise que de 10 % à 15 % des examens avaient déjà été supprimés à la suite d'une grève des enseignants, qui réclamaient le versement de salaires impayés. En raison de ces 29 jours perdus, les élèves ne seront pas interrogés sur la chimie organique, certains sujets de mathématiques et sur le système nerveux du corps humain.

Mais les autorités sont démunies face aux violences, précise M. Saadeh. «Nous compatissons avec les élèves», dit-il. «Il faut une situation stable pour leur équilibre psychologique. À Gaza, c'est un désastre.»

Le président Abbas s'est dit sûr qu'en dépit des violences les jeunes Palestiniens réussiraient leurs examens. Mais Mai Naji, la mère de Daliya, se montre moins optimiste. «Lorsque nous vivions sous l'occupation [israélienne], nous pouvions passer nos examens, mais aujourd'hui je ne sais pas si ma fille pourra les finir», dit-elle en blâmant les factions palestiniennes belligérantes.
 
 
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