Égypte : la police intervient dans le déroulement du scrutin
Les élections à la Chambre haute auraient été entachées d'irrégularité
Photo : Agence Reuters
La police égyptienne a empêché des gens de voter, particulièrement dans les zones sous influence des Frères musulmans.
Le Caire — La police a empêché de nombreux Égyptiens de voter hier à l'occasion des élections à la Chambre haute du Parlement, en particulier dans des zones où la confrérie des Frères musulmans est bien implantée.
La confrérie islamiste, principal groupe d'opposition avec un député sur cinq, s'est plainte de violences à l'encontre de ses sympathisants et de fraudes électorales, dont des bourrages d'urnes.
Une personne a été tuée et trois ont été blessées dans des affrontements entre partisans de camps adverses au cours du vote, après une campagne marquée par une vague d'arrestations d'islamistes.
Tarek Zaghloul, un observateur de l'Organisation égyptienne des droits de l'homme (EODH), a déclaré que «tous les bureaux de vote où se présentent des Frères musulmans ont été fermés et l'on a interdit aux observateurs d'entrer sous prétexte qu'ils avaient besoin de permis spéciaux».
L'EODH a relevé de nombreuses irrégularités, dont «la fermeture de bureaux de vote, l'interdiction d'accès aux observateurs et aux organisations de la société civile» ainsi que des actes de violence.
À Ausim, au nord-est du Caire, la police anti-émeute a encerclé au moins deux bureaux de vote. «C'est parce qu'il y a beaucoup de partisans des Frères musulmans ici», a commenté un passant qui assistait à la scène. Sous le sceau de l'anonymat, un des policiers évoquait des raisons de «sécurité nationale».
La même méthode a été utilisée dans la ville côtière de Baltim, où des femmes portant le voile islamique ont expliqué que la police leur avait refusé l'accès des bureaux de vote.
Selon des observateurs indépendants, de telles exactions étaient répandues lors des législatives de 2005 et avaient contribué à la défaite de plusieurs candidats des Frères musulmans.
Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a affirmé lors d'une conférence de presse que le scrutin se déroulait dans le calme et de façon satisfaisante.
Dans la province de Kafr el Cheikh, un candidat des Frères musulmans a rapporté que plusieurs personnes, dont des policiers, l'avaient tabassé lorsqu'il avait arraché des bulletins des mains de responsables électoraux qui remplissaient une urne à la demande du parti au pouvoir.
«Environ 20 personnes — des policiers, des gardes, des fonctionnaires — m'ont sauté dessus. J'ai des blessures aux mains, des traces de morsures, j'ai reçu des coups de poing au visage, et mes vêtements sont déchirés», a-t-il déclaré.
À Zagazig, capitale de la province de Sharkia, les forces de sécurité ont chassé cinq représentants des Frères musulmans tandis que dans un bureau de vote pour femmes, les autorités examinaient les électrices pour vérifier qu'elles avaient les bulletins du PND, a rapporté Nagi Sakr, candidat des Frères musulmans. L'un de ses représentants a rapporté avoir trouvé une urne remplie de bulletins dissimulée derrière un rideau dans le bureau de vote du collège pour filles de Zagazig.
Un autre témoignage d'urne remplie de bulletins dès l'ouverture des bureaux est venu du bureau de vote de Tanta.
Ces élections concernent 88 des 176 sièges de la chambre haute du Parlement, le Maglis el Choura (Conseil consultatif), dont les pouvoirs ont été augmentés par la réforme constitutionnelle de mars. Onze de ces sièges sont déjà acquis au PND, ses candidats n'ayant aucun adversaire.
On signalait hier une participation très faible. Selon une estimation de la confrérie, seuls 6000 des 450 000 inscrits de la circonscription de Zagazid s'étaient déplacés en milieu d'après-midi, soit une participation de 1,3 %. Mais la décision des Frères musulmans de présenter 19 candidats a contribué à renforcer l'intérêt des électeurs dans certaines circonscriptions.
Ces élections sont les premières depuis l'introduction d'une loi interdisant les symboles et slogans religieux, considérée comme un moyen d'écarter les Frères musulmans de la vie politique. Mais un tribunal égyptien a rejeté samedi une demande de la commission électorale d'empêcher huit candidats des Frères musulmans de se présenter, faute de preuves qu'ils avaient utilisé des symboles religieux.
D'autres formations politiques ont fait usage de signes religieux dans leur matériel de campagne, y compris certains candidats du PND qui ont placé le croissant islamique sur leurs affiches.
Un homme a par ailleurs été tué et quatre autres ont été blessés par balles lors d'affrontements dans la province de Charkia, dans le delta du Nil, entre des partisans d'un candidat indépendant et des sympathisants du PND. Les Frères musulmans n'avaient pas présenté de candidat dans ce secteur.
La confrérie islamiste, principal groupe d'opposition avec un député sur cinq, s'est plainte de violences à l'encontre de ses sympathisants et de fraudes électorales, dont des bourrages d'urnes.
Une personne a été tuée et trois ont été blessées dans des affrontements entre partisans de camps adverses au cours du vote, après une campagne marquée par une vague d'arrestations d'islamistes.
Tarek Zaghloul, un observateur de l'Organisation égyptienne des droits de l'homme (EODH), a déclaré que «tous les bureaux de vote où se présentent des Frères musulmans ont été fermés et l'on a interdit aux observateurs d'entrer sous prétexte qu'ils avaient besoin de permis spéciaux».
L'EODH a relevé de nombreuses irrégularités, dont «la fermeture de bureaux de vote, l'interdiction d'accès aux observateurs et aux organisations de la société civile» ainsi que des actes de violence.
À Ausim, au nord-est du Caire, la police anti-émeute a encerclé au moins deux bureaux de vote. «C'est parce qu'il y a beaucoup de partisans des Frères musulmans ici», a commenté un passant qui assistait à la scène. Sous le sceau de l'anonymat, un des policiers évoquait des raisons de «sécurité nationale».
La même méthode a été utilisée dans la ville côtière de Baltim, où des femmes portant le voile islamique ont expliqué que la police leur avait refusé l'accès des bureaux de vote.
Selon des observateurs indépendants, de telles exactions étaient répandues lors des législatives de 2005 et avaient contribué à la défaite de plusieurs candidats des Frères musulmans.
Un porte-parole du ministère de l'Intérieur a affirmé lors d'une conférence de presse que le scrutin se déroulait dans le calme et de façon satisfaisante.
Dans la province de Kafr el Cheikh, un candidat des Frères musulmans a rapporté que plusieurs personnes, dont des policiers, l'avaient tabassé lorsqu'il avait arraché des bulletins des mains de responsables électoraux qui remplissaient une urne à la demande du parti au pouvoir.
«Environ 20 personnes — des policiers, des gardes, des fonctionnaires — m'ont sauté dessus. J'ai des blessures aux mains, des traces de morsures, j'ai reçu des coups de poing au visage, et mes vêtements sont déchirés», a-t-il déclaré.
À Zagazig, capitale de la province de Sharkia, les forces de sécurité ont chassé cinq représentants des Frères musulmans tandis que dans un bureau de vote pour femmes, les autorités examinaient les électrices pour vérifier qu'elles avaient les bulletins du PND, a rapporté Nagi Sakr, candidat des Frères musulmans. L'un de ses représentants a rapporté avoir trouvé une urne remplie de bulletins dissimulée derrière un rideau dans le bureau de vote du collège pour filles de Zagazig.
Un autre témoignage d'urne remplie de bulletins dès l'ouverture des bureaux est venu du bureau de vote de Tanta.
Ces élections concernent 88 des 176 sièges de la chambre haute du Parlement, le Maglis el Choura (Conseil consultatif), dont les pouvoirs ont été augmentés par la réforme constitutionnelle de mars. Onze de ces sièges sont déjà acquis au PND, ses candidats n'ayant aucun adversaire.
On signalait hier une participation très faible. Selon une estimation de la confrérie, seuls 6000 des 450 000 inscrits de la circonscription de Zagazid s'étaient déplacés en milieu d'après-midi, soit une participation de 1,3 %. Mais la décision des Frères musulmans de présenter 19 candidats a contribué à renforcer l'intérêt des électeurs dans certaines circonscriptions.
Ces élections sont les premières depuis l'introduction d'une loi interdisant les symboles et slogans religieux, considérée comme un moyen d'écarter les Frères musulmans de la vie politique. Mais un tribunal égyptien a rejeté samedi une demande de la commission électorale d'empêcher huit candidats des Frères musulmans de se présenter, faute de preuves qu'ils avaient utilisé des symboles religieux.
D'autres formations politiques ont fait usage de signes religieux dans leur matériel de campagne, y compris certains candidats du PND qui ont placé le croissant islamique sur leurs affiches.
Un homme a par ailleurs été tué et quatre autres ont été blessés par balles lors d'affrontements dans la province de Charkia, dans le delta du Nil, entre des partisans d'un candidat indépendant et des sympathisants du PND. Les Frères musulmans n'avaient pas présenté de candidat dans ce secteur.
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