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Iran: l'inflation inquiète 57 économistes

Téhéran — Pas moins de 57 économistes ont mis en garde dans une lettre ouverte le président conservateur Mahmoud Ahmadinejad contre les risques inflationnistes de sa politique économique et une baisse de la croissance économique, a rapporté hier l'agence Isna.

Selon les économistes, parmi lesquels il y a Mohammad Satari-far, ancien chef de l'Organisation du plan et du budget, et Hossein Abdeh Tabrizi, ancien responsable de la bourse de Téhéran, l'inflation a atteint plus de 17 % durant les derniers mois de l'année iranienne passée (qui s'est achevée le 20 mars) et continue sur sa lancée.

«Les politiques monétaires et bancaires appliquées vont à l'encontre des objectifs de justice déclarés par le gouvernement», ajoutent les économistes.

Ils mettent aussi en garde le gouvernement contre une augmentation des liquidités qui a des effets inflationnistes.

La banque centrale iranienne prévoit que l'inflation atteindra les 17 % pour l'année 2007-08, en hausse de 3,5 %.

«Nous prévoyons que l'inflation atteindra les 17 %, les liquidités augmenteront de 40 % et la croissance économique de 5,19 %» durant l'année iranienne en cours (21 mars 2007 - 20 mars 2008), avait déclaré fin mai Ahmad Mojtahed, directeur du centre de recherche monétaire et bancaire de la banque centrale.

L'inflation est ressentie de plus en plus durement en particulier dans les couches les plus défavorisées.

«Le coût des décisions non scientifiques et précipitées est très lourd et sans retour [...] en particulier pour les couches ayant les revenus les plus bas», affirment les économistes qui mettent en garde le gouvernement contre une «augmentation de la pauvreté».

Les économistes critiquent aussi «la dépendance croissante aux revenus pétroliers» ainsi que la «politique monétaire» du gouvernement qui a pour conséquence un «gonflement du budget de l'État».

Ces économistes prônent également une «politique d'entente avec le monde» pour que l'économie iranienne puisse bénéficier «des investissements étrangers, des technologies nouvelles pour permettre une croissance plus forte de l'économie» dont l'Iran a besoin.

Ils mettent en garde que «coûts élevés» dans les relations financières, bancaires et commerciales à cause des tensions avec la communauté internationale dans une claire allusion à la crise nucléaire.

Il y a un an déjà, d'autres économistes avaient mis en garde le gouvernement contre les effets inflationnistes de la politique économique du gouvernement. Mais le président Ahmadinejad avait rejeté d'un revers de main ces critiques.
 
 
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