Le coupable commode
Ex-directeur de cabinet du vice-président Dick Cheney, Lewis Libby, dit Scooter, a écopé d'une peine de prison de plus de deux ans. Il a été reconnu coupable d'obstruction à la justice, de mensonge devant le grand jury et de fausses déclarations. Grâce à cela, sans aucun cynisme, les personnes qui avaient dévoilé l'identité d'une agente de la CIA, Valerie Plame, s'en tirent à très, très bon compte. Qui donc? Richard Armitage, numéro deux du département d'État lorsque Colin Powell en était le numéro un, ainsi que le conseiller principal de Bush et expert en basses oeuvres Karl Rove.
Au départ, il faut le rappeler, l'objectif du procureur chargé d'enquêter sur un acte considéré comme étant criminel, soit la divulgation du nom d'un agent de la CIA, consistait à savoir qui avait chuchoté à l'oreille de certains journalistes que Plame était l'épouse de l'ambassadeur Joseph Wilson. Celui-ci avait signé un article publié par le New York Times dans lequel il affirmait que Saddam Hussein n'avait jamais tenté d'acheter de l'uranium au Niger, plongeant ainsi la Maison-Blanche dans l'embarras.
Toujours est-il qu'en entravant le cours de la justice, Libby a détourné le procureur de sa route initiale. Forts de certains témoignages recueillis auprès des acteurs politiques, certains observateurs avancent que Libby a été le bouc émissaire — volontaire? — d'une histoire au demeurant sinistre: il écope d'une peine relativement clémente et les auteurs du délit continuent à vaquer librement à leurs occupations.
Bien évidemment, un imposant contingent de personnes influentes espère, voire demande que le président use du pouvoir qui lui revient de gracier à sa guise les mauvais garnements. La Maison-Blanche serait déjà divisée en deux camps. Emmenés par Cheney, les partisans du pardon arguent que la cote de popularité de Bush est déjà si basse qu'un tel geste ne serait pas trop dommageable.
Les opposants? Ils craignent par-dessus tout que cet éventuel pardon réveille les ardeurs de certains. Plus précisément, on appréhende une interrogation plus profonde, plus détaillée, du rôle qu'a joué Libby dans le montage des faux-semblants évoqués pour justifier l'offensive en Irak. On se souviendra que de concert avec Donald Rumsfeld, ex-patron du Pentagone, et son second Paul Wolfowitz, Libby a détourné et gonflé, si on ose dire, des rapports de la CIA. Bref, il a pleinement participé au détournement des faits, de la vérité.
Cela étant, le juge qui a instruit le procès a indiqué que la gravité des fautes dont Libby a été reconnu coupable est telle qu'il est souhaitable que ce dernier prenne le chemin de la prison tant et aussi longtemps que l'appel auquel il aura certainement recours n'aura pas été entendu. À juste titre, le magistrat ne veut pas que Libby multiplie les appels pour gagner ainsi suffisamment de temps jusqu'à ce que Bush le gracie à la toute fin de son mandat. Très bien vu.
Au départ, il faut le rappeler, l'objectif du procureur chargé d'enquêter sur un acte considéré comme étant criminel, soit la divulgation du nom d'un agent de la CIA, consistait à savoir qui avait chuchoté à l'oreille de certains journalistes que Plame était l'épouse de l'ambassadeur Joseph Wilson. Celui-ci avait signé un article publié par le New York Times dans lequel il affirmait que Saddam Hussein n'avait jamais tenté d'acheter de l'uranium au Niger, plongeant ainsi la Maison-Blanche dans l'embarras.
Toujours est-il qu'en entravant le cours de la justice, Libby a détourné le procureur de sa route initiale. Forts de certains témoignages recueillis auprès des acteurs politiques, certains observateurs avancent que Libby a été le bouc émissaire — volontaire? — d'une histoire au demeurant sinistre: il écope d'une peine relativement clémente et les auteurs du délit continuent à vaquer librement à leurs occupations.
Bien évidemment, un imposant contingent de personnes influentes espère, voire demande que le président use du pouvoir qui lui revient de gracier à sa guise les mauvais garnements. La Maison-Blanche serait déjà divisée en deux camps. Emmenés par Cheney, les partisans du pardon arguent que la cote de popularité de Bush est déjà si basse qu'un tel geste ne serait pas trop dommageable.
Les opposants? Ils craignent par-dessus tout que cet éventuel pardon réveille les ardeurs de certains. Plus précisément, on appréhende une interrogation plus profonde, plus détaillée, du rôle qu'a joué Libby dans le montage des faux-semblants évoqués pour justifier l'offensive en Irak. On se souviendra que de concert avec Donald Rumsfeld, ex-patron du Pentagone, et son second Paul Wolfowitz, Libby a détourné et gonflé, si on ose dire, des rapports de la CIA. Bref, il a pleinement participé au détournement des faits, de la vérité.
Cela étant, le juge qui a instruit le procès a indiqué que la gravité des fautes dont Libby a été reconnu coupable est telle qu'il est souhaitable que ce dernier prenne le chemin de la prison tant et aussi longtemps que l'appel auquel il aura certainement recours n'aura pas été entendu. À juste titre, le magistrat ne veut pas que Libby multiplie les appels pour gagner ainsi suffisamment de temps jusqu'à ce que Bush le gracie à la toute fin de son mandat. Très bien vu.
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