Tribunal spécial pour la Sierra Leone - Charles Taylor boycotte le début de son procès à La Haye
Charles Taylor
La Haye — Le procès pour crimes de guerre de l'ancien président libérien Charles Taylor — premier ex-chef d'État africain à comparaître devant la justice internationale — s'est ouvert hier à La Haye en dépit de l'absence de l'accusé, qui dénonce un procès «inéquitable».
Malgré cela, Julia Sebutine, la présidente ougandaise de la chambre du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) délocalisée à La Haye, a ordonné la poursuite du procès. «Nous considérons que l'accusé a renoncé à son droit à assister [au procès]», a-t-elle déclaré.
Ancien chef de guerre redouté, Taylor est poursuivi pour 11 chefs d'inculpation, notamment pour meurtre, viol, terrorisme, pillage, humiliation, esclavagisme et recrutement d'enfants-soldats durant le conflit qui a ravagé la Sierra Leone de 1991 à 2002, faisant 50 000 morts environ. M. Taylor, 59 ans, plaide non coupable.
Dans une lettre lue à l'ouverture de l'audience par son avocat, le Britannique Karim Khan, l'accusé a estimé qu'il n'aurait «pas de procès équitable devant le TSSL» et a refusé de «participer à cette comédie qui est injuste pour le peuple du Liberia et pour le peuple de Sierra Leone».
«À un moment, j'ai eu espoir et confiance en la capacité de la cour à rendre la justice de façon équitable et impartiale. Mais il est devenu évident que cette confiance était mal placée», poursuit-il avant d'expliquer son refus d'être «une feuille de vigne masquant l'illégitimité du tribunal».
«Il se défendra seul», a déclaré Me Khan, dénonçant «l'iniquité des moyens» entre la défense et le procureur.
À l'issue d'un feu croisé d'arguments, l'avocat a ostensiblement quitté la salle d'audience, contre l'ordre que lui donnait la présidente. «Vous frisez l'outrage à la Cour», l'a-t-elle prévenu.
Les juges ont désigné un autre membre de la défense, Charles Jalloh, pour assister l'accusé.
Le procureur Stephen Rapp a alors entamé sa déclaration liminaire, retraçant l'histoire de la guerre civile en Sierra Leone, et définissant le rôle que Charles Taylor y aurait eu.
Le procureur a indiqué qu'il produirait des preuves de l'implication de Charles Taylor dans les atrocités.
Selon Me Khan, M. Taylor n'est qu'un acteur mineur du conflit, pour avoir soutenu le Front révolutionnaire uni (RUF) et le Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC), groupes armés sierra-léonais.
S'il est condamné, il purgera sa peine en Grande-Bretagne.
Charles Taylor «ne nuit qu'à lui-même» en refusant de comparaître, a commenté à l'issue de l'audience le procureur. «Il ne peut éviter la justice simplement en faisant le choix de rester dans sa cellule.»
Quant au greffier Herman von Hebel, il a contesté la faiblesse des moyens mis à la disposition de la défense, admettant toutefois que le procureur «à qui revient la charge de la preuve» disposait de ressources supérieures.
L'acte d'inculpation affirme que Taylor a cherché à prendre le contrôle des richesses minières de la Sierra Leone, notamment des mines de diamants, et à déstabiliser le gouvernement de Freetown pour étendre sa propre influence en Afrique de l'Ouest.
Il détaille les horreurs commises par le Front révolutionnaire uni (RUF), mouvement rebelle sierra-léonais que Taylor est accusé d'avoir soutenu.
Pour l'accusation publique comme pour les organisations de défense des droits de l'homme, son procès doit marquer un tournant dans l'histoire de l'Afrique.
Malgré cela, Julia Sebutine, la présidente ougandaise de la chambre du Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) délocalisée à La Haye, a ordonné la poursuite du procès. «Nous considérons que l'accusé a renoncé à son droit à assister [au procès]», a-t-elle déclaré.
Ancien chef de guerre redouté, Taylor est poursuivi pour 11 chefs d'inculpation, notamment pour meurtre, viol, terrorisme, pillage, humiliation, esclavagisme et recrutement d'enfants-soldats durant le conflit qui a ravagé la Sierra Leone de 1991 à 2002, faisant 50 000 morts environ. M. Taylor, 59 ans, plaide non coupable.
Dans une lettre lue à l'ouverture de l'audience par son avocat, le Britannique Karim Khan, l'accusé a estimé qu'il n'aurait «pas de procès équitable devant le TSSL» et a refusé de «participer à cette comédie qui est injuste pour le peuple du Liberia et pour le peuple de Sierra Leone».
«À un moment, j'ai eu espoir et confiance en la capacité de la cour à rendre la justice de façon équitable et impartiale. Mais il est devenu évident que cette confiance était mal placée», poursuit-il avant d'expliquer son refus d'être «une feuille de vigne masquant l'illégitimité du tribunal».
«Il se défendra seul», a déclaré Me Khan, dénonçant «l'iniquité des moyens» entre la défense et le procureur.
À l'issue d'un feu croisé d'arguments, l'avocat a ostensiblement quitté la salle d'audience, contre l'ordre que lui donnait la présidente. «Vous frisez l'outrage à la Cour», l'a-t-elle prévenu.
Les juges ont désigné un autre membre de la défense, Charles Jalloh, pour assister l'accusé.
Le procureur Stephen Rapp a alors entamé sa déclaration liminaire, retraçant l'histoire de la guerre civile en Sierra Leone, et définissant le rôle que Charles Taylor y aurait eu.
Le procureur a indiqué qu'il produirait des preuves de l'implication de Charles Taylor dans les atrocités.
Selon Me Khan, M. Taylor n'est qu'un acteur mineur du conflit, pour avoir soutenu le Front révolutionnaire uni (RUF) et le Conseil des forces armées révolutionnaires (AFRC), groupes armés sierra-léonais.
S'il est condamné, il purgera sa peine en Grande-Bretagne.
Charles Taylor «ne nuit qu'à lui-même» en refusant de comparaître, a commenté à l'issue de l'audience le procureur. «Il ne peut éviter la justice simplement en faisant le choix de rester dans sa cellule.»
Quant au greffier Herman von Hebel, il a contesté la faiblesse des moyens mis à la disposition de la défense, admettant toutefois que le procureur «à qui revient la charge de la preuve» disposait de ressources supérieures.
L'acte d'inculpation affirme que Taylor a cherché à prendre le contrôle des richesses minières de la Sierra Leone, notamment des mines de diamants, et à déstabiliser le gouvernement de Freetown pour étendre sa propre influence en Afrique de l'Ouest.
Il détaille les horreurs commises par le Front révolutionnaire uni (RUF), mouvement rebelle sierra-léonais que Taylor est accusé d'avoir soutenu.
Pour l'accusation publique comme pour les organisations de défense des droits de l'homme, son procès doit marquer un tournant dans l'histoire de l'Afrique.
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