Élections législatives au Sénégal - Abstention massive pour dénoncer la «monarchie» de Wade
Photo : Agence France-Presse
Un grand nombre de bureaux de vote n’ont vu venir que de rares électeurs au fil de la journée.
Dakar — De nombreux Sénégalais ont choisi de ne pas participer, hier, aux élections législatives que les principaux partis d'opposition boycottaient pour protester contre la «monarchie» incarnée selon eux par le président Abdoulaye Wade.
Un grand nombre de bureaux de vote de Dakar et d'autres villes n'ont vu venir que de rares électeurs au fil de la journée, et leurs locaux étaient pratiquement déserts bien avant l'heure de fermeture, ont constaté des responsables électoraux et des témoins.
L'opposition avait retiré ses candidats en avril en accusant le gouvernement d'avoir manipulé le scrutin qui a reconduit Wade à la présidence en février avec 56 % des voix.
Les dirigeants d'opposition, dont plusieurs ont été battus à la présidentielle, ont décidé de boycotter les législatives parce que Wade refusait d'examiner des fraudes présumées dans le processus électoral au profit de son Parti démocratique sénégalais (PDS).
L'agence officielle sénégalaise APS a fait état de «centres de vote presque déserts» dans le quartier dakarois de Pikine et d'un «démarrage timide du vote» ailleurs dans le pays.
«Le taux de participation, c'est nettement moins qu'aux présidentielles», a constaté le chef d'un bureau de vote de Dakar. Le taux de participation, à ce scrutin-là en février, avait dépassé les 70 %.
«Je ne vote pas parce que les dernières élections, en février, ont été truquées. Je suis découragé maintenant», déclarait Sory Ibrahima Diakhaté, agent de sécurité de 50 ans, dans une rue de la capitale.
Le boycottage de l'opposition devrait offrir une victoire facile à la coalition du «Sopi» (changement en wolof) du président Wade, et renforcer sa représentation à l'Assemblée nationale, qui compte depuis peu 150 sièges au lieu de 120. Plus de 3500 candidats se présentaient hier malgré le boycott, observé par plus de dix partis.
Des opposants ont estimé que la faible mobilisation signalée démontrait le succès de leur stratégie. Dialo Diop, représentant de la coalition Siggil Sénégal (Debout Sénégal), a parlé d'une «gifle» pour Wade. La coalition a distribué des tracts exhortant les électeurs à bouder les urnes pour «sauver la démocratie» et «combattre la monarchie de Wade».
Le camp présidentiel pèsera sans doute plus lourd au parlement, mais le boycott risque de ternir l'image de modèle démocratique dont jouit le Sénégal en Afrique de l'Ouest.
«Nous vivons un malaise général suite aux présidentielles [...] Le Sénégal traverse une période d'essoufflement democratique», estime Alioune Tine, représentant du Raddho, un groupe de défense des droits de l'homme dakarois.
Des partisans de Wade ont accusé l'opposition d'agir par dépit, certains qualifiant le boycott de suicide politique.
«Si tu ne votes pas, demain tu ne peux rien dire [...] Cinq ans sans pouvoir rien dire [à l'Assemblée], c'est irresponsable», fait valoir Alioune Youm, agent commercial de 48 ans, en votant dans le centre de la capitale.
Beaucoup craignent que le boycott de l'opposition supprime tout contrôle effectif sur l'action de Wade, qui s'est déjà vu reprocher de harceler des adversaires politiques et des représentants de la presse en les faisant momentanément arrêter.
«Un refus de discuter avec l'opposition est inacceptable [...] Nous menons une bataille de principes, une bataille pour l'approfondissement de la démocratie», affirme Ousmane Tanor Dieng, chef de l'opposition socialiste arrivé en troisième position à la présidentielle.
Wade, dont la première victoire électorale a mis fin en 2000 à quatre décennies de domination socialiste, est accusé par ses adversaires de ne pas combattre assez résolument la pauvreté, un chômage chronique et le désenchantement croissant d'une jeunesse qui lorgne encore souvent vers le «mirage européen».
«Wade se comporte comme un roi, il n'écoute pas les gens. Tous les étrangers disent qu'ici, c'est un modèle de démocratie, mais nous, les Sénégalais, on ne voit pas ça», déclare un étudiant, Rokhay Ba, qui n'a pas voté.
Le président octogénaire, surnommé «Gorgui» (le Vieux), a toutefois le soutien des investisseurs et dirige un pays qui demeure un rare exemple de paix et de stabilité dans la région.
Un grand nombre de bureaux de vote de Dakar et d'autres villes n'ont vu venir que de rares électeurs au fil de la journée, et leurs locaux étaient pratiquement déserts bien avant l'heure de fermeture, ont constaté des responsables électoraux et des témoins.
L'opposition avait retiré ses candidats en avril en accusant le gouvernement d'avoir manipulé le scrutin qui a reconduit Wade à la présidence en février avec 56 % des voix.
Les dirigeants d'opposition, dont plusieurs ont été battus à la présidentielle, ont décidé de boycotter les législatives parce que Wade refusait d'examiner des fraudes présumées dans le processus électoral au profit de son Parti démocratique sénégalais (PDS).
L'agence officielle sénégalaise APS a fait état de «centres de vote presque déserts» dans le quartier dakarois de Pikine et d'un «démarrage timide du vote» ailleurs dans le pays.
«Le taux de participation, c'est nettement moins qu'aux présidentielles», a constaté le chef d'un bureau de vote de Dakar. Le taux de participation, à ce scrutin-là en février, avait dépassé les 70 %.
«Je ne vote pas parce que les dernières élections, en février, ont été truquées. Je suis découragé maintenant», déclarait Sory Ibrahima Diakhaté, agent de sécurité de 50 ans, dans une rue de la capitale.
Le boycottage de l'opposition devrait offrir une victoire facile à la coalition du «Sopi» (changement en wolof) du président Wade, et renforcer sa représentation à l'Assemblée nationale, qui compte depuis peu 150 sièges au lieu de 120. Plus de 3500 candidats se présentaient hier malgré le boycott, observé par plus de dix partis.
Des opposants ont estimé que la faible mobilisation signalée démontrait le succès de leur stratégie. Dialo Diop, représentant de la coalition Siggil Sénégal (Debout Sénégal), a parlé d'une «gifle» pour Wade. La coalition a distribué des tracts exhortant les électeurs à bouder les urnes pour «sauver la démocratie» et «combattre la monarchie de Wade».
Le camp présidentiel pèsera sans doute plus lourd au parlement, mais le boycott risque de ternir l'image de modèle démocratique dont jouit le Sénégal en Afrique de l'Ouest.
«Nous vivons un malaise général suite aux présidentielles [...] Le Sénégal traverse une période d'essoufflement democratique», estime Alioune Tine, représentant du Raddho, un groupe de défense des droits de l'homme dakarois.
Des partisans de Wade ont accusé l'opposition d'agir par dépit, certains qualifiant le boycott de suicide politique.
«Si tu ne votes pas, demain tu ne peux rien dire [...] Cinq ans sans pouvoir rien dire [à l'Assemblée], c'est irresponsable», fait valoir Alioune Youm, agent commercial de 48 ans, en votant dans le centre de la capitale.
Beaucoup craignent que le boycott de l'opposition supprime tout contrôle effectif sur l'action de Wade, qui s'est déjà vu reprocher de harceler des adversaires politiques et des représentants de la presse en les faisant momentanément arrêter.
«Un refus de discuter avec l'opposition est inacceptable [...] Nous menons une bataille de principes, une bataille pour l'approfondissement de la démocratie», affirme Ousmane Tanor Dieng, chef de l'opposition socialiste arrivé en troisième position à la présidentielle.
Wade, dont la première victoire électorale a mis fin en 2000 à quatre décennies de domination socialiste, est accusé par ses adversaires de ne pas combattre assez résolument la pauvreté, un chômage chronique et le désenchantement croissant d'une jeunesse qui lorgne encore souvent vers le «mirage européen».
«Wade se comporte comme un roi, il n'écoute pas les gens. Tous les étrangers disent qu'ici, c'est un modèle de démocratie, mais nous, les Sénégalais, on ne voit pas ça», déclare un étudiant, Rokhay Ba, qui n'a pas voté.
Le président octogénaire, surnommé «Gorgui» (le Vieux), a toutefois le soutien des investisseurs et dirige un pays qui demeure un rare exemple de paix et de stabilité dans la région.
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