Défense - Poutine menace de pointer des missiles vers l'Europe
4 juin 2007
Actualités internationales
Moscou — Le président russe Vladimir Poutine, très offensif à la veille du sommet G 8, a menacé de pointer de nouveaux missiles vers l'Europe si les États-Unis y déploient leur bouclier antimissile, comme au bon vieux temps de la guerre froide.
«Si le potentiel nucléaire américain s'étend sur le territoire européen, nous devrons prendre de nouvelles cibles en Europe», a déclaré le chef de l'État russe dans un entretien avec plusieurs médias occidentaux, dont le quotidien italien Corriere della Sera à paraître aujourd'hui. «Il revient à nos militaires de définir ces cibles tout comme de choisir entre missiles balistiques et missiles de croisière», a ajouté le maître du Kremlin, reprenant ainsi au plus niveau des menaces voilées exprimées jusqu'ici par les chefs de l'armée russe.
«Nous voulons rééquilibrer les instruments de défense avec des outils offensifs plus efficaces, mais nous savons que cela risque de relancer une course aux armements, dont nous ne serions cependant pas responsables», a-t-il poursuivi.
Alors que le prochain sommet du G 8 à Heiligendamm (Allemagne) approche — il se tiendra de mercredi à vendredi —, il ne se passe plus un jour sans que Moscou dénonce ce projet de bouclier, qui va transformer l'Europe en «poudrière» et consacre «l'impérialisme» américain, selon M. Poutine.
«Si des composantes stratégiques de l'arsenal américain font leur apparition en Europe près de nos frontières, nous serons obligés de [...] supprimer les menaces potentielles résultant de ce déploiement», a aussi lancé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov hier sur la chaîne de télévision Vesti-24.
Joignant le geste à la parole, la Russie a testé le 30 mai un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, en «réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires», a aussitôt clamé M. Poutine, soit en d'autres termes au projet de bouclier américain.
Quinze ans après l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide, la Russie voit d'un très mauvais oeil l'OTAN s'étendre vers l'Est et les bases américaines se multiplier à ses portes, de la Roumanie au Kirghizstan.
«Regardez simplement la carte [de la défense antimissile mondiale américaine] qui est en train d'être déployée le long du périmètre de la Russie, et aussi, incidemment, de la Chine», a relevé M. Lavrov.
Comme au temps de la guerre froide, lorsque l'URSS et les États-Unis se mesuraient en permanence à l'aune de leur potentiel stratégique, Moscou affirme que ce bouclier accroît les risques d'un conflit nucléaire et ébranle l'équilibre stratégique du monde.
Les Américains, qui veulent installer dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultraperfectionné en République tchèque dans le cadre de ce projet de bouclier antimissile, affirment sans cesse, quant à eux, que celui-ci n'est pas dirigé contre la Russie, mais contre des États comme l'Iran. «On nous dit que cette défense sert contre les missiles iraniens, mais aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes», rétorque M. Poutine.
Moscou voudrait que Washington abandonne son projet en faveur d'une politique commune de défense qui inclurait la Russie. Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax, a d'ailleurs appelé dimanche à de nouvelles consultations sur un bouclier antimissile commun OTAN-Russie.
«Nos conclusions montrent clairement que se défendre contre des menaces qui n'existent pas n'a pas de sens. Il serait bien mieux de reprendre le travail dans le cadre du Conseil OTAN-Russie sur la création d'un grand théâtre de défense antimissile» commun, a-t-il déclaré.
«Si le potentiel nucléaire américain s'étend sur le territoire européen, nous devrons prendre de nouvelles cibles en Europe», a déclaré le chef de l'État russe dans un entretien avec plusieurs médias occidentaux, dont le quotidien italien Corriere della Sera à paraître aujourd'hui. «Il revient à nos militaires de définir ces cibles tout comme de choisir entre missiles balistiques et missiles de croisière», a ajouté le maître du Kremlin, reprenant ainsi au plus niveau des menaces voilées exprimées jusqu'ici par les chefs de l'armée russe.
«Nous voulons rééquilibrer les instruments de défense avec des outils offensifs plus efficaces, mais nous savons que cela risque de relancer une course aux armements, dont nous ne serions cependant pas responsables», a-t-il poursuivi.
Alors que le prochain sommet du G 8 à Heiligendamm (Allemagne) approche — il se tiendra de mercredi à vendredi —, il ne se passe plus un jour sans que Moscou dénonce ce projet de bouclier, qui va transformer l'Europe en «poudrière» et consacre «l'impérialisme» américain, selon M. Poutine.
«Si des composantes stratégiques de l'arsenal américain font leur apparition en Europe près de nos frontières, nous serons obligés de [...] supprimer les menaces potentielles résultant de ce déploiement», a aussi lancé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov hier sur la chaîne de télévision Vesti-24.
Joignant le geste à la parole, la Russie a testé le 30 mai un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, en «réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires», a aussitôt clamé M. Poutine, soit en d'autres termes au projet de bouclier américain.
Quinze ans après l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide, la Russie voit d'un très mauvais oeil l'OTAN s'étendre vers l'Est et les bases américaines se multiplier à ses portes, de la Roumanie au Kirghizstan.
«Regardez simplement la carte [de la défense antimissile mondiale américaine] qui est en train d'être déployée le long du périmètre de la Russie, et aussi, incidemment, de la Chine», a relevé M. Lavrov.
Comme au temps de la guerre froide, lorsque l'URSS et les États-Unis se mesuraient en permanence à l'aune de leur potentiel stratégique, Moscou affirme que ce bouclier accroît les risques d'un conflit nucléaire et ébranle l'équilibre stratégique du monde.
Les Américains, qui veulent installer dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultraperfectionné en République tchèque dans le cadre de ce projet de bouclier antimissile, affirment sans cesse, quant à eux, que celui-ci n'est pas dirigé contre la Russie, mais contre des États comme l'Iran. «On nous dit que cette défense sert contre les missiles iraniens, mais aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes», rétorque M. Poutine.
Moscou voudrait que Washington abandonne son projet en faveur d'une politique commune de défense qui inclurait la Russie. Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax, a d'ailleurs appelé dimanche à de nouvelles consultations sur un bouclier antimissile commun OTAN-Russie.
«Nos conclusions montrent clairement que se défendre contre des menaces qui n'existent pas n'a pas de sens. Il serait bien mieux de reprendre le travail dans le cadre du Conseil OTAN-Russie sur la création d'un grand théâtre de défense antimissile» commun, a-t-il déclaré.
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