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L'armée thaïlandaise est en alerte

Un tribunal décidera du sort des principaux partis politiques

Bangkok — Quelque 15 000 militaires thaïlandais ont été placés en état d'alerte et certains ont même pénétré dans les locaux de certaines chaînes de télévision, alors que neuf juges délibéraient hier en vue de la dissolution éventuelle des deux principaux partis politiques du royaume.

L'armée est au pouvoir en Thaïlande depuis le putsch du 19 septembre 2006. Le verdict sur les partis politiques, lourd de conséquences à quelques mois d'élections promises par la junte, sera annoncé aujourd'hui.

Plusieurs ambassades, dont celles de l'Australie, du Canada, de la France, du Japon et de la Grande-Bretagne, ont recommandé à leurs ressortissants de faire preuve de prudence et de se tenir à l'écart d'éventuelles manifestations.

À l'issue de cinq mois d'audiences, neuf juges d'un tribunal constitutionnel mis en place par la junte ont commencé à délibérer hier après-midi dans la capitale thaïlandaise. Leur réunion se déroule dans le plus grand secret.

On a appris en fin de journée que de petits groupes de militaires non armés s'étaient déployés à l'intérieur ou autour des locaux d'au moins trois chaînes de télévision.

Le verdict aura de fortes répercussions pour la classe politique thaïlandaise, alors qu'un référendum sur une nouvelle Constitution est annoncé pour septembre, avant les élections générales promises pour décembre par les généraux putschistes.

Le Thai Rak Thai (TRT), parti créé par le premier ministre renversé Thaksin Shinawatra, et le Parti démocrate, la plus ancienne formation politique du pays, sont jugés depuis janvier pour fraude et irrégularités en liaison avec un scrutin législatif annulé il y a un an.

Le tribunal constitutionnel pourrait annoncer la dissolution pure et simple des deux partis. Selon le pire des scénarios, les juges pourraient également interdire aux membres des organes exécutifs des deux formations (119 cadres du TRT et 49 cadres démocrates) de participer à toute activité politique pendant cinq ans.

«Environ 15 000 militaires sont en alerte à travers le pays et à Bangkok», a déclaré hier le colonel Sunsern Kaewkumnerd, porte-parole du Conseil pour la sécurité nationale (CSN), nom que s'est donné la junte. Ces soldats, qui appartiennent aux différentes forces armées du royaume, peuvent intervenir à tout moment en fonction de la gravité de la situation, a-t-il précisé.

«Le CSN considère l'événement de mercredi [aujourd'hui] comme la priorité des priorités», a dit l'officier, en soulignant que les autorités n'hésiteront pas à décréter l'état d'urgence en cas de troubles graves.

Le chef de la junte, le général Sonthi Boonyaratglin, commandera personnellement les opérations de sécurité, a encore indiqué le colonel Sunsern.

Quelque 900 policiers seront déployés à Bangkok, en particulier autour du tribunal constitutionnel, a précisé le général Wichian Potphosri, de la police nationale, qui a ajouté que 900 autres seraient placés en état d'alerte.

Des barrages ont commencé à être établis autour de la capitale pour limiter l'arrivée éventuelle de militants politiques de province, a-t-il dit.

M. Thaksin, au pouvoir de 2001 à 2006, s'est réfugié à Londres mais il voyage beaucoup. En Thaïlande, il fait l'objet d'enquêtes anticorruption. Avant le coup d'État, son parti était puissant parmi les masses rurales du nord et du nord-est.
 
 
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