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Les Palestiniens cherchent une issue à la crise libanaise

De nouveaux affrontements ont opposé l'armée au Fatah al Islam

Les responsables palestiniens recherchaient hier les moyens de mettre fin aux combats dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, où de nouveaux affrontements ont opposé la veille au soir l'armée libanaise et les activistes du Fatah al Islam.

Ces violences interlibanaises, qui durent depuis le 20 mai, sont les pires vécues par le pays depuis la guerre civile de 1975-90. Elles ont fait 78 morts — 33 militaires, 27 activistes et 18 civils.

Hier, des coups de feu sporadiques éclataient encore dans le camp de réfugiés. Dans un communiqué, l'armée libanaise a indiqué qu'elle avait ouvert le feu et détruit des fortifications du Fatah al Islam, provoquant des pertes dans les rangs des combattants retranchés.

Le premier ministre libanais, Fouad Siniora, a souligné que les autorités exigeaient toujours la reddition des combattants du Fatah al Islam et leur passage en jugement. Le groupe islamiste a réaffirmé qu'il ne livrerait pas ses hommes.

Abou Emad al Refaie, représentant du djihad islamique au Liban, a indiqué que les factions palestiniennes devaient à présent se mettre d'accord sur la manière de trouver «une solution pacifique au phénomène Fatah al Islam».

«Nous n'avons pas discuté de la question de leur reddition», a-t-il précisé à propos des activistes, ajoutant que «la solution militaire n'est plus une option».

Les représentants des factions palestiniennes n'ont aucun contact direct avec les combattants du Fatah al Islam. Ce sont les autorités religieuses du camp de réfugiés qui font office de médiateurs.

Les factions palestiniennes ont toutefois pu se mettre d'accord sur la création d'un comité chargé d'assurer la sécurité dans le camp palestinien de Nahr al Bared, mais Oussama Hamdan, le représentant du Hamas, n'a pas précisé la manière dont progressaient les négociations.

À Beyrouth, des soldats libanais ont tiré sur une voiture qui tentait de franchir un barrage sur une autoroute menant à l'aéroport international, tuant deux de ses occupants et arrêtant le troisième, a annoncé un porte-parole de l'armée.

Les soldats ont dans un premier temps tiré en l'air, le véhicule n'ayant pas obtempéré quand ils lui ont intimé l'ordre de s'arrêter. Quand la voiture a accéléré pour prendre la fuite, les militaires ont ouvert le feu sur le véhicule.

Le risque de contagion de la violence aux autres camps de réfugiés palestiniens, qui regroupent près de 400 000 personnes au pays, est une préoccupation majeure pour les responsables politiques libanais.

«L'armée se retient parce qu'elle a réalisé que cette crise pourrait s'étendre à tout le pays», juge Timur Goksel, un analyste de la situation militaire au Liban et ancien conseiller de la force des Nations unies dans le pays (FINUL).

Selon les autorités libanaises, le Fatah al Islam compterait dans ses rangs des combattants de plusieurs nationalités, dont des Saoudiens, des Algériens, des Tunisiens, des Syriens et des Libanais.

L'ambassadeur d'Arabie saoudite au Liban, Abdelaziz Khojah, a déclaré au quotidien Al Hayat que quatre de ses compatriotes avaient trouvé la mort en combattant au sein de ce mouvement, qui partagerait l'idéologie d'al-Qaïda.

Depuis le début des affrontements, 20 000 des 40 000 réfugiés ont quitté le camp, pour la plupart en direction du camp voisin de Beddaoui, où les organisations humanitaires craignent à présent la saturation.
 
 
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