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Un rapport britannique - L'Irak est au bord de l'éclatement

Bagdad — Le gouvernement irakien n'a plus aucune autorité sur de larges portions du territoire national et le pays, plongé dans «plusieurs guerres civiles», est au bord de l'éclatement, selon le groupe de réflexion britannique Chatham House.

Dans un rapport de 12 pages rendu public hier, ce think tank estime que les principaux voisins de l'Irak — l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie — ont tous des raisons «de chercher à ce que l'instabilité y perdure».

«On peut dire que l'Irak est sur le point soit de s'effondrer purement et simplement, soit d'éclater», ajoute-t-il. «Le gouvernement irakien n'est pas en mesure d'exercer son autorité sur le pays. Sur de grandes étendues du territoire, il n'existe pas, ni politiquement, ni économiquement, ni socialement.»

Selon ce rapport, l'offensive menée depuis février par l'armée américaine et les forces irakiennes contre les milices à Bagdad n'a pas réduit les violences, les insurgés ayant simplement porté leurs attaques en dehors de la capitale.

Le projet de loi sur le partage des revenus du pétrole entre les différentes communautés chiite, sunnite et kurde pourrait être «la clé de la survie de l'Irak», ajoute toutefois le groupe. Ce projet doit encore être approuvé par le Parlement irakien mais se heurte aux réserves des Kurdes.

Le document de Chatham House souligne que le pays est confronté non à une seule «guerre civile» entre les chiites majoritaires et les sunnites, qui étaient tout-puissants sous Saddam Hussein, mais à plusieurs conflits sur fond de divergences religieuses, ethniques et tribales, avec à chaque fois des objectifs différents.

L'auteur de ce rapport, un spécialiste du Proche-Orient, Gareth Stansfield, souligne que cette instabilité de l'Irak «n'est pas nécessairement contraire aux intérêts de l'Iran, de l'Arabie saoudite et de la Turquie».

L'Irak «est aujourd'hui le théâtre sur lequel l'Iran peut "combattre" les États-Unis sans que ce soit de façon ouverte», souligne Stansfield, selon qui Téhéran est en mesure de jouer un rôle plus important que les États-Unis dans le pays.

Il ajoute que la mise à l'écart de la minorité sunnite inquiète les pays sunnites de la région, notamment l'Arabie saoudite. Riyad, poursuit-il, voit d'un mauvais oeil l'influence grandissante de Téhéran dans la région et ne restera pas les bras croisés si un retrait américain provoque une guerre ouverte entre les deux communautés.
 
 
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