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Détenue en otage depuis le 23 février 2002 - Ingrid Betancourt est vivante

Un ex-compagnon de captivité l'a vue le 28 avril

Le sous-officier John Frank Pinchao Blanco.
Photo : Agence Reuters
Le sous-officier John Frank Pinchao Blanco.
Bogotá — Ingrid Betancourt et trois otages américains retenus avec elle sont vivants, a assuré mercredi un de leurs compagnons de captivité, un sous-officier de la police qui a réussi à échapper aux guérilleros des FARC.

«La dernière fois que je les ai vus, c'était le 28 avril cette année», a affirmé ce policier, John Frank Pinchao Blanco, interrogé lors d'une conférence de presse à Bogotá sur le sort de Betancourt et des Américains.

Betancourt a effectué cinq tentatives d'évasion mais a toujours été rattrapée par les guérilleros des FARC, a révélé Pinchao Blanco. «Ingrid a été durement punie pour ces tentatives d'évasion», a poursuivi le policier, précisant que les rebelles lui avaient infligé des privations de nourriture et de radio.

Le policier colombien a indiqué qu'Ingrid dormait, comme les hommes, attachée par une chaîne au cou. Toutefois, M. Pinchao a confirmé que l'otage franco-colombienne était en bonne santé.

«Ingrid fait beaucoup d'exercice, écrit, écoute la radio et découpe les nouvelles dans les journaux», a poursuivi le sous-officier. «Une fois, se souvient-il, alors qu'elle souffrait d'une dépression, elle a déchiré son cahier d'écriture.»

L'ancienne candidate des verts à l'élection présidentielle, 45 ans, écoute tous les messages de sa mère, Yolanda Pulecio, selon la même source.

Enfin, Pinchao a précisé qu'Ingrid et son adjointe Clara Rojas, qui a eu un enfant d'un guérillero, étaient aujourd'hui séparées.

Ingrid Betancourt et Clara Roras sont otages depuis le 23 février 2002. Elles ont été enlevées par les FARC pendant la campagne présidentielle à laquelle Ingrid Betancourt se présentait comme candidate des verts colombiens.

Pinchao a encore raconté que les camps de prisonniers de la guérilla étaient souvent détectés par l'armée colombienne, ce qui les forçait à fuir.

«À plusieurs occasions, nous avons eu des hélicoptères [militaires] au-dessus de la tête et avons chanté victoire», a-t-il déclaré. «Mais nous savions aussi ce que signifiait la libération par la force. Les guérilleros nous avaient avertis qu'en cas d'impossibilité de fuite, ils devaient nous tuer.»

Hier matin, le mari d'Ingrid, Juan Carlos Lecompte, et sa mère, Yolanda Pulecio, se sont rendus à l'hôpital de la police de Bogotá pour y rencontrer Pinchao. Cependant, l'accès à l'ex-otage leur a été refusé par les autorités colombiennes, invoquant son état de santé. Des policiers français ont essuyé le même refus.

En revanche, des fonctionnaires américains ont pu parler avec l'ex-otage mercredi soir, a-t-on appris de source médicale.

Les FARC, première guérilla de Colombie avec 17 000 hommes, réclament la libération de 500 de leurs hommes incarcérés en échange de 56 otages qu'elles détiennent.
 
 
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