Les inspecteurs de l'ONU atterrissent à Bagdad
Le gouvernement irakien a envoyé à Kofi Annan une lettre réitérant ses critiques sur la résolution 1441
Photo : Agence Reuters
Les 17 inspecteurs sont arrivés à bord d’un Hercules C-130 de l’ONU
Bagdad — Un premier groupe de 17 inspecteurs de l'ONU est arrivé hier à Bagdad pour une mission cruciale destinée à établir si l'Irak possède ou non des armes de destruction massive, ce que Bagdad devra prouver, selon le chef des inspecteurs en désarmement Hans Blix.
«Si l'Irak devait déclarer ne pas avoir de programme d'armement de destruction massive, il lui serait nécessaire de fournir des documents convaincants ou autres preuves», a déclaré M. Blix qui a rendu compte hier après-midi aux 15 membres du Conseil de sécurité à New York de sa récente visite à Bagdad.
Hier soir, les États-Unis ont bloqué le renouvellement du programme «pétrole contre nourriture» dont ils entendent limiter la durée à 90 jours au lieu des 180 prévus, selon des sources diplomatiques. Ce programme arrivait à expiration à minuit, et son renouvellement devait être voté au cours d'une réunion publique du Conseil de sécurité.
Par ailleurs, le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan a déclaré hier que son pays s'opposerait «à toute agression injustifiée» des Américains.
Hier, l'ONU a confirmé avoir reçu une nouvelle lettre du gouvernement irakien, adressée au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans laquelle Bagdad détaille ses critiques envers la résolution 1441 de l'ONU, jugeant notamment «arbitraires et injustifiées» les prérogatives accordées aux inspecteurs.
Dans le même ordre d'idées, l'ancien inspecteur en désarmement de l'ONU Scott Ritter a affirmé hier que les États-Unis se serviront de la nouvelle mission d'inspection onusienne en Irak pour justifier une intervention militaire contre le régime de Saddam Hussein, réunir des renseignements et renverser le rais irakien. Pour cet ancien Marine, l'attitude américaine va représenter «l'obstacle majeur» au travail des inspecteurs de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations unies (COCOVINU). Il a ainsi demandé à ces derniers de se méfier de toute interférence de la part des autorités américaines.
Les 17 inspecteurs sont arrivés à bord d'un Hercules C-130 de l'ONU avec un expert en télécommunications à bord, en provenance de Larnaca (Chypre). L'équipe doit lancer demain les inspections sur le terrain, qui marqueront la reprise d'un processus interrompu depuis quatre ans.
Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a demandé à l'Irak de «coopérer pleinement avec les inspecteurs et de respecter ses engagements sans réserve». «C'est le seul moyen d'éviter un conflit militaire dans la région», a-t-il dit à Paris.
L'équipe d'inspecteurs est composée de douze membres de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection de l'ONU et six de l'AIEA. Le Français Jacques Baute est à la tête de l'équipe de l'AIEA alors que l'équipe des experts de la Cocovinu est dirigée par le Grec Demetrios Perricos. Ces deux équipes comptent des experts venant d'Australie, de Grande-Bretagne, d'Égypte, de Finlande, de Russie et des États-Unis.
Un plan d'occupation
Selon l'hebdomadaire US News and World Report, les dirigeants américains ont préparé un plan en trois étapes pour l'Irak de l'après-Saddam Hussein, dont la première passerait par une administration militaire américaine de ce pays durant au moins six mois à un an.
Un accord sur les détails de ce plan, qui serait appliqué après une offensive victorieuse américaine contre Bagdad, a commencé à se dégager ces dernières semaines au sein d'un comité ad hoc réunissant les «numéros deux» des ministères et agences concernées (défense, affaires étrangères, CIA, Maison-Blanche...), selon le magazine.
Ses concepteurs ont écarté l'idée d'appuyer la création d'un gouvernement irakien provisoire en exil. Mais ils estiment qu'il sera probablement nécessaire pour les États-Unis de placer l'Irak sous administration d'un général américain, s'appuyant sur un contingent militaire «de taille». Ensuite, en attendant qu'un gouvernement irakien prenne la relève, l'administration militaire laisserait place à une administration civile internationale.
«Si l'Irak devait déclarer ne pas avoir de programme d'armement de destruction massive, il lui serait nécessaire de fournir des documents convaincants ou autres preuves», a déclaré M. Blix qui a rendu compte hier après-midi aux 15 membres du Conseil de sécurité à New York de sa récente visite à Bagdad.
Hier soir, les États-Unis ont bloqué le renouvellement du programme «pétrole contre nourriture» dont ils entendent limiter la durée à 90 jours au lieu des 180 prévus, selon des sources diplomatiques. Ce programme arrivait à expiration à minuit, et son renouvellement devait être voté au cours d'une réunion publique du Conseil de sécurité.
Par ailleurs, le vice-président irakien Taha Yassine Ramadan a déclaré hier que son pays s'opposerait «à toute agression injustifiée» des Américains.
Hier, l'ONU a confirmé avoir reçu une nouvelle lettre du gouvernement irakien, adressée au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans laquelle Bagdad détaille ses critiques envers la résolution 1441 de l'ONU, jugeant notamment «arbitraires et injustifiées» les prérogatives accordées aux inspecteurs.
Dans le même ordre d'idées, l'ancien inspecteur en désarmement de l'ONU Scott Ritter a affirmé hier que les États-Unis se serviront de la nouvelle mission d'inspection onusienne en Irak pour justifier une intervention militaire contre le régime de Saddam Hussein, réunir des renseignements et renverser le rais irakien. Pour cet ancien Marine, l'attitude américaine va représenter «l'obstacle majeur» au travail des inspecteurs de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection des Nations unies (COCOVINU). Il a ainsi demandé à ces derniers de se méfier de toute interférence de la part des autorités américaines.
Les 17 inspecteurs sont arrivés à bord d'un Hercules C-130 de l'ONU avec un expert en télécommunications à bord, en provenance de Larnaca (Chypre). L'équipe doit lancer demain les inspections sur le terrain, qui marqueront la reprise d'un processus interrompu depuis quatre ans.
Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a demandé à l'Irak de «coopérer pleinement avec les inspecteurs et de respecter ses engagements sans réserve». «C'est le seul moyen d'éviter un conflit militaire dans la région», a-t-il dit à Paris.
L'équipe d'inspecteurs est composée de douze membres de la Commission de contrôle, de vérification et d'inspection de l'ONU et six de l'AIEA. Le Français Jacques Baute est à la tête de l'équipe de l'AIEA alors que l'équipe des experts de la Cocovinu est dirigée par le Grec Demetrios Perricos. Ces deux équipes comptent des experts venant d'Australie, de Grande-Bretagne, d'Égypte, de Finlande, de Russie et des États-Unis.
Un plan d'occupation
Selon l'hebdomadaire US News and World Report, les dirigeants américains ont préparé un plan en trois étapes pour l'Irak de l'après-Saddam Hussein, dont la première passerait par une administration militaire américaine de ce pays durant au moins six mois à un an.
Un accord sur les détails de ce plan, qui serait appliqué après une offensive victorieuse américaine contre Bagdad, a commencé à se dégager ces dernières semaines au sein d'un comité ad hoc réunissant les «numéros deux» des ministères et agences concernées (défense, affaires étrangères, CIA, Maison-Blanche...), selon le magazine.
Ses concepteurs ont écarté l'idée d'appuyer la création d'un gouvernement irakien provisoire en exil. Mais ils estiment qu'il sera probablement nécessaire pour les États-Unis de placer l'Irak sous administration d'un général américain, s'appuyant sur un contingent militaire «de taille». Ensuite, en attendant qu'un gouvernement irakien prenne la relève, l'administration militaire laisserait place à une administration civile internationale.
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