Ankara cède à l'opposition - Le premier ministre annonce des élections anticipées
Ankara — Le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a annoncé hier qu'il allait demander au parlement de convoquer des élections législatives anticipées, après l'annulation le même jour, par la cour constitutionnelle turque, du premier tour de l'élection présidentielle.
«Nous allons saisir immédiatement le parlement demain (aujourd'hui) matin pour décider des élections législatives», a-t-il déclaré après avoir rencontré les responsables de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP). «Pour nous, ces élections pourraient avoir lieu les 24 juin et 1er juillet, qui sont les dates les plus proches que nous pouvons choisir», a-t-il ajouté.
Les prochaines élections législatives devaient en principe avoir lieu les 4 et 11 novembre prochains.
Hier, la cour, donnant raison à un parti de l'opposition laïque ayant déposé un recours, a invalidé le premier tour de l'élection présidentielle, qui s'est tenu vendredi au parlement, parce que moins des deux tiers des députés étaient présents.
Le recours du Parti républicain du peuple (CHP) visait à bloquer la candidature à la présidence d'Abdullah Gül, actuel ministre des Affaires étrangères et représentant de l'AKP, issu de la mouvance islamiste.
Le porte-parole du gouvernement, Cemil Ciçek, a d'abord annoncé qu'un nouveau scrutin sur la candidature de Gül aurait lieu aujourd'hui au parlement, tout en laissant la porte ouverte à des élections législatives anticipées si l'opposition boycottait à nouveau la séance comme vendredi dernier.
M. Gül a dit à la télévision nationale qu'il jugeait nécessaire d'amender la Constitution afin de permettre aux Turcs d'élire directement leur président, plutôt que par l'intermédiaire du parlement. Celui-ci élit le chef de l'État pour sept ans.
Après la décision de la cour, son vice-président, Hasim Kilic, a souligné aux journalistes qu'elle avait seulement invalidé le premier tour de scrutin, faute du quorum requis.
Gül avait confirmé que si, comme on s'y attend, le gouvernement ne parvenait toujours pas à réunir le quorum de 367 députés requis pour le scrutin, des élections législatives anticipées seraient organisées.
Beaucoup pensent que l'AKP adopte une simple posture de défiance pour impressionner ses électeurs conservateurs et qu'il souhaite désormais lui aussi des élections législatives anticipées.
«Je crois que l'AKP estime à présent que les élections anticipées sont la seule issue, mais il veut se donner une image de fermeté. Ceci surtout à l'usage de son électorat intérieur et pour garder haut les coeurs», a dit le chroniqueur Cengiz Candar.
Haluk Koc, député du CHP, a salué le verdict de la cour: «La Constitution et notre État de droit ont gagné la journée.»
Dans le climat de tension entourant l'élection présidentielle, la police a arrêté hier 700 personnes qui manifestaient à Istanbul à l'occasion du 1er mai.
Des affrontements ont opposé la police à des manifestants, membres de mouvements de gauche, qui voulaient défiler dans le centre-ville pour la Fête des travailleurs, date marquant aussi le 30e anniversaire d'une fusillade survenue sur la grande place Taksim.
Il y a deux jours, un million de personnes avaient défilé dans le calme dans les rues de la ville pour protester contre la candidature à la présidence de Gül.
Il s'agit de la plus grave crise politique qu'affronte le premier ministre Tayyip Erdogan depuis son entrée en fonctions, en 2003. Lundi soir, il a lancé un appel à l'unité nationale, mais il n'a fait aucun commentaire sur les déclarations de l'état-major.
La puissante armée turque, qui se considère garante de la laïcité républicaine, a fait part vendredi de son «inquiétude» devant la situation politique, alimentant ainsi les rumeurs d'une éventuelle intervention.
L'opposition soupçonne Erdogan et Gül de vouloir remettre en cause les fondements laïques de la Turquie moderne, établie au siècle dernier par Mustafa Kemal Atatürk, ce qu'ils contestent.
«Nous allons saisir immédiatement le parlement demain (aujourd'hui) matin pour décider des élections législatives», a-t-il déclaré après avoir rencontré les responsables de son parti, le Parti de la justice et du développement (AKP). «Pour nous, ces élections pourraient avoir lieu les 24 juin et 1er juillet, qui sont les dates les plus proches que nous pouvons choisir», a-t-il ajouté.
Les prochaines élections législatives devaient en principe avoir lieu les 4 et 11 novembre prochains.
Hier, la cour, donnant raison à un parti de l'opposition laïque ayant déposé un recours, a invalidé le premier tour de l'élection présidentielle, qui s'est tenu vendredi au parlement, parce que moins des deux tiers des députés étaient présents.
Le recours du Parti républicain du peuple (CHP) visait à bloquer la candidature à la présidence d'Abdullah Gül, actuel ministre des Affaires étrangères et représentant de l'AKP, issu de la mouvance islamiste.
Le porte-parole du gouvernement, Cemil Ciçek, a d'abord annoncé qu'un nouveau scrutin sur la candidature de Gül aurait lieu aujourd'hui au parlement, tout en laissant la porte ouverte à des élections législatives anticipées si l'opposition boycottait à nouveau la séance comme vendredi dernier.
M. Gül a dit à la télévision nationale qu'il jugeait nécessaire d'amender la Constitution afin de permettre aux Turcs d'élire directement leur président, plutôt que par l'intermédiaire du parlement. Celui-ci élit le chef de l'État pour sept ans.
Après la décision de la cour, son vice-président, Hasim Kilic, a souligné aux journalistes qu'elle avait seulement invalidé le premier tour de scrutin, faute du quorum requis.
Gül avait confirmé que si, comme on s'y attend, le gouvernement ne parvenait toujours pas à réunir le quorum de 367 députés requis pour le scrutin, des élections législatives anticipées seraient organisées.
Beaucoup pensent que l'AKP adopte une simple posture de défiance pour impressionner ses électeurs conservateurs et qu'il souhaite désormais lui aussi des élections législatives anticipées.
«Je crois que l'AKP estime à présent que les élections anticipées sont la seule issue, mais il veut se donner une image de fermeté. Ceci surtout à l'usage de son électorat intérieur et pour garder haut les coeurs», a dit le chroniqueur Cengiz Candar.
Haluk Koc, député du CHP, a salué le verdict de la cour: «La Constitution et notre État de droit ont gagné la journée.»
Dans le climat de tension entourant l'élection présidentielle, la police a arrêté hier 700 personnes qui manifestaient à Istanbul à l'occasion du 1er mai.
Des affrontements ont opposé la police à des manifestants, membres de mouvements de gauche, qui voulaient défiler dans le centre-ville pour la Fête des travailleurs, date marquant aussi le 30e anniversaire d'une fusillade survenue sur la grande place Taksim.
Il y a deux jours, un million de personnes avaient défilé dans le calme dans les rues de la ville pour protester contre la candidature à la présidence de Gül.
Il s'agit de la plus grave crise politique qu'affronte le premier ministre Tayyip Erdogan depuis son entrée en fonctions, en 2003. Lundi soir, il a lancé un appel à l'unité nationale, mais il n'a fait aucun commentaire sur les déclarations de l'état-major.
La puissante armée turque, qui se considère garante de la laïcité républicaine, a fait part vendredi de son «inquiétude» devant la situation politique, alimentant ainsi les rumeurs d'une éventuelle intervention.
L'opposition soupçonne Erdogan et Gül de vouloir remettre en cause les fondements laïques de la Turquie moderne, établie au siècle dernier par Mustafa Kemal Atatürk, ce qu'ils contestent.
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