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La crise russo-estonienne s'étend

Des manifestations ont eu lieu hier à Kiev et à Moscou

Tallinn — La crise russo-estonienne, provoquée par le déplacement d'un monument soviétique du centre de Tallinn, s'est étendue hier avec de nouvelles manifestations à Moscou et à Kiev et un appel à la démission du gouvernement estonien par un responsable russe.

Alors que le monument controversé était, comme prévu, réinstallé dans un cimetière militaire de la capitale estonienne, une délégation de la Douma (chambre basse du parlement russe) est arrivée hier à Tallinn.

Peu avant son départ de Moscou, le chef de la délégation, le député Nikolaï Kovalev du parti pro-Kremlin Russie Unie, avait demandé la démission du gouvernement d'Andrus Ansip, laissant ainsi peu d'espoirs sur un apaisement rapide du conflit. «Ce qui s'est passé en Estonie est sans précédent dans l'histoire mondiale. C'est une provocation contre la Russie», a-t-il déclaré sur la télévision d'État.

Le chef de la commission aux affaires étrangères du Parlement estonien, Sven Mikser, a jugé ces propos «extrêmement regrettables», dénonçant dans un communiqué une ingérence dans les affaires internes d'Estonie

Le déplacement du Mémorial aux soldats soviétiques, une statue en bronze d'un soldat de l'Armée rouge, a provoqué en fin de semaine dernière des affrontements qui ont fait un mort et plus de 150 blessés.

Considérant ce monument comme un hommage à ceux qui ont vaincu le nazisme durant la guerre, Moscou a déjà évoqué la possibilité de rompre ses relations avec l'Estonie. Beaucoup d'Estoniens y voient en revanche un symbole de presque 50 années d'occupation soviétique.

À Moscou, les manifestations devant l'ambassade d'Estonie se sont poursuivies hier et les militants pro-Kremlin, à l'origine du mouvement, ont annoncé que les protestations continueraient «au moins jusqu'au 9 mai», jour de la victoire sur les nazis.

Le président estonien Toomas Hendrik Ilves a dénoncé la situation de «terreur psychologique» autour de l'ambassade, soulignant que «plus de 20 citoyens estoniens se trouvent à l'intérieur du bâtiment comme s'ils étaient pris en otage».

Le gouvernement de Tallinn a appelé à l'intervention de l'UE pour faire cesser ce siège, alors que la querelle s'étendait à d'anciens pays satellites de l'ex-URSS.

Ainsi, à Kiev, des dizaines de partisans de l'extrême-gauche pro-russe ont aussi protesté devant l'ambassade d'Estonie.

À l'inverse, le président conservateur polonais Lech Kaczynski a exprimé sa solidarité avec l'Estonie, lors d'un entretien téléphonique avec le président Toomas Ilves.
 
 
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