Turquie - Un million de manifestants clament leur refus de l'islamisme
Photo : Agence Reuters
Cette mobilisation du camp laïque intervient alors que le Parlement est en train d’élire le nouveau président turc.
Istanbul — Dans la querelle opposant sur fond d'élection présidentielle le gouvernement turc, soupçonné de vouloir islamiser la société, et l'armée, gardienne des principes séculiers, le million de manifestants réunis hier à Istanbul a choisi son camp: celui des militaires.
«La Turquie est laïque et le restera», «gouvernement, démission» étaient les slogans repris avec le plus de ferveur par la foule, réunie à l'appel de quelque 600 associations sur la place de Caglayan pour s'opposer à l'élection d'un président issu du parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir), l'islamo-conservateur Abdullah Gül, aussi actuel ministre des Affaires étrangères.
Le coup de force n'a pas impressionné le principal intéressé qui a refusé de retirer sa candidature à l'élection présidentielle, malgré les pressions de l'armée. «Le processus [d'élection d'un président] a débuté et va se poursuivre [...]. Il n'est pas question que ma candidature soit retirée», a dit M. Gül à des journalistes à la télévision turque.
Vendredi, les militaires turcs, qui ont mené quatre coups d'État en cinquante ans et se considèrent comme les garants des institutions laïques, ont également fait part de leur «inquiétude», dans un communiqué en forme de mise en garde. Dans ce document, l'armée accusait en termes très durs le gouvernement de ne pas défendre les principes laïques de la République et rappelait qu'elle était prête à agir pour le faire, le cas échéant.
Depuis, peu de voix se sont élevées pour dénoncer cette incursion de l'armée dans la sphère politique. «Nous sommes à fond derrière l'armée, elle a fait ce qu'elle devait faire, sinon les dimensions du problème vont s'aggraver», a déclaré à Nurten Günay, une assistante médicale de 27 ans venue à Caglayan pour que la Turquie «continue sur la voie tracée par Atatürk», le fondateur de la Turquie moderne et laïque. «Le pays autrement peut devenir un nouvel Iran ou un nouvel Irak», poursuit la jeune femme.
La manifestation avait aussi une forte dimension patriotique. Chaque manifestant tenait à la main un drapeau turc, qui a transformé l'esplanade en un vaste lac rouge et blanc. «Ni les États-Unis, ni l'Union européenne, Turquie indépendante»: de nombreux slogans ont fusé pour fustiger la position trop accommodante du gouvernement à l'égard de puissances qualifiées d'«impérialistes», selon les manifestants.
«Ils [le gouvernement] ont vendu le pays aux États-Unis. Les Kurdes nous attaquent depuis le nord de l'Irak, pourquoi est-ce qu'ils n'envoient pas l'armée?», enrage Mehmet Aslantürk, employé dans une entreprise de transport routier.
Le gouvernement du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, un ancien islamiste qui se définit aujourd'hui comme un «conservateur démocrate», a entamé en octobre 2005 des négociations d'adhésion avec l'UE, dont les réticences ont exaspéré une bonne partie de l'opinion publique turque.
Les États-Unis sont eux très critiqués pour leur inaction face aux camps de rebelles séparatistes kurdes de Turquie installés en Irak.
Une manifestation similaire à Ankara le 14 avril avait réuni entre 500 000 et 1,5 million de personnes et contribué, selon plusieurs analystes, à ce que M. Erdogan renonce à se présenter à l'élection présidentielle.
Après un premier tour de scrutin vendredi au Parlement, qui n'a pas permis de désigner le nouveau chef de l'État à cause du boycottage des députés de l'opposition, un deuxième vote sera, en principe, organisé mercredi.
«La Turquie est laïque et le restera», «gouvernement, démission» étaient les slogans repris avec le plus de ferveur par la foule, réunie à l'appel de quelque 600 associations sur la place de Caglayan pour s'opposer à l'élection d'un président issu du parti de la Justice et du Développement (AKP, au pouvoir), l'islamo-conservateur Abdullah Gül, aussi actuel ministre des Affaires étrangères.
Le coup de force n'a pas impressionné le principal intéressé qui a refusé de retirer sa candidature à l'élection présidentielle, malgré les pressions de l'armée. «Le processus [d'élection d'un président] a débuté et va se poursuivre [...]. Il n'est pas question que ma candidature soit retirée», a dit M. Gül à des journalistes à la télévision turque.
Vendredi, les militaires turcs, qui ont mené quatre coups d'État en cinquante ans et se considèrent comme les garants des institutions laïques, ont également fait part de leur «inquiétude», dans un communiqué en forme de mise en garde. Dans ce document, l'armée accusait en termes très durs le gouvernement de ne pas défendre les principes laïques de la République et rappelait qu'elle était prête à agir pour le faire, le cas échéant.
Depuis, peu de voix se sont élevées pour dénoncer cette incursion de l'armée dans la sphère politique. «Nous sommes à fond derrière l'armée, elle a fait ce qu'elle devait faire, sinon les dimensions du problème vont s'aggraver», a déclaré à Nurten Günay, une assistante médicale de 27 ans venue à Caglayan pour que la Turquie «continue sur la voie tracée par Atatürk», le fondateur de la Turquie moderne et laïque. «Le pays autrement peut devenir un nouvel Iran ou un nouvel Irak», poursuit la jeune femme.
La manifestation avait aussi une forte dimension patriotique. Chaque manifestant tenait à la main un drapeau turc, qui a transformé l'esplanade en un vaste lac rouge et blanc. «Ni les États-Unis, ni l'Union européenne, Turquie indépendante»: de nombreux slogans ont fusé pour fustiger la position trop accommodante du gouvernement à l'égard de puissances qualifiées d'«impérialistes», selon les manifestants.
«Ils [le gouvernement] ont vendu le pays aux États-Unis. Les Kurdes nous attaquent depuis le nord de l'Irak, pourquoi est-ce qu'ils n'envoient pas l'armée?», enrage Mehmet Aslantürk, employé dans une entreprise de transport routier.
Le gouvernement du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, un ancien islamiste qui se définit aujourd'hui comme un «conservateur démocrate», a entamé en octobre 2005 des négociations d'adhésion avec l'UE, dont les réticences ont exaspéré une bonne partie de l'opinion publique turque.
Les États-Unis sont eux très critiqués pour leur inaction face aux camps de rebelles séparatistes kurdes de Turquie installés en Irak.
Une manifestation similaire à Ankara le 14 avril avait réuni entre 500 000 et 1,5 million de personnes et contribué, selon plusieurs analystes, à ce que M. Erdogan renonce à se présenter à l'élection présidentielle.
Après un premier tour de scrutin vendredi au Parlement, qui n'a pas permis de désigner le nouveau chef de l'État à cause du boycottage des députés de l'opposition, un deuxième vote sera, en principe, organisé mercredi.
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