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L'Iran accepte de se pencher sur l'avenir de l'Irak

Téhéran et Washington sont invités à mettre leurs différends de côté Ibon Villelabeitia

Bagdad — L'Iran a annoncé hier que le chef de sa diplomatie, Manouchehr Mottaki, assisterait jeudi et vendredi à la conférence internationale de Charm el Cheikh en Égypte sur les moyens de réduire la violence en Irak.

Pour le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshiyar Zebari, il existe une «forte possibilité» qu'Américains et Iraniens aient des discussions bilatérales à l'occasion de cette réunion, mais pas nécessairement au niveau ministériel.

La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, qui sera également à Charm el Cheikh, n'exclut pas d'y rencontrer son homologue iranien, mais seulement pour parler de l'Irak, non des relations américano-iraniennes. «Ce n'est pas une conférence sur les États-Unis et l'Iran. C'est une réunion sur l'Irak et sur ce que les voisins de l'Irak et les parties intéressées peuvent faire pour aider à y stabiliser la situation», a-t-elle déclaré hier sur la chaîne de télévision ABC.

«Que devons nous faire? C'est clair et évident. Mettre fin à l'envoi d'armes aux combattants étrangers [en Irak]. Arrêter le passage de soldats étrangers à travers les frontières. Arrêter d'attiser les tensions entre des miliciens qui vont ensuite tuer des innocents», a-t-elle ajouté.

Washington accuse la République islamique de fomenter l'instabilité en Irak depuis l'intervention anglo-américaine de 2003, en armant et en formant des miliciens chiites irakiens.

À Téhéran, Mohammad Ali Hosseini, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a précisé que la délégation conduite par Mottaki cherchera lors de la conférence de Charm el Cheikh à «aider la nation et le gouvernement irakiens». Ali Larijani, haut responsable iranien chargé par ailleurs des négociations sur le dossier nucléaire, est arrivé hier à Bagdad, porteur de la réponse officielle de Téhéran.

Selon un communiqué rendu public par le cabinet du premier ministre irakien Nouri al Maliki, Larijani a déclaré que tous les pays qui désiraient la stabilité dans la région «n'avaient pas d'autres choix que de soutenir le gouvernement irakien élu». L'annonce de la présence iranienne en Égypte fait suite à des semaines d'intense activité diplomatique, les autorités de Bagdad voulant à tout prix que les Iraniens soient présents.

Le chef de la diplomatie irakienne a déclaré à Reuters que des discussions entre Américains et Iraniens à Charm el Cheikh représenteraient «une grande avancée» et qu'une réduction des tensions entre Washington et Téhéran ne pourrait qu'avoir des conséquences positives sur la situation en Irak. «Nous ne voulons pas que l'Irak devienne le champ clos pour des règlements de comptes qui n'ont rien à voir avec nous», a-t-il dit. «Cela nous a déjà fait beaucoup trop de mal.»

Encore hier, l'Irak a été la proie de violences meurtrières. De fortes explosions, provoquées par des tirs d'artillerie américains dans le sud de Bagdad, ont secoué la capitale irakienne, au lendemain d'un attentat suicide à la voiture piégée dans la ville sainte chiite de Kerbala, qui a fait 68 morts et 178 blessés, selon un nouveau bilan communiqué par les services de santé locaux.

L'armée américaine a annoncé l'arrestation de 72 insurgés présumés, la saisie d'acide nitrique et d'autres matériaux pouvant servir à la fabrication de bombes, lors de coups de filet qui visaient al-Qaïda en Irak.

En marge des opérations américaines, l'une des journalistes les plus connues de la radio et de la télévision, Amal al-Moudares, a été grièvement blessée par balles hier dans une attaque près de son domicile dans l'ouest de Bagdad.

Enfin, le ministère britannique de la Défense a annoncé qu'un de ses hommes avait été tué hier à Bassora lors d'une patrouille dans le quartier d'Al-Achar.
 
 
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