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Plan de paix - Scepticisme après l'ouverture d'Olmert

Jérusalem — L'offre faite par Éhoud Olmert à «tous les dirigeants arabes» de discuter avec lui de la paix au Moyen-Orient suscitait hier le scepticisme dans les milieux diplomatiques régionaux.

«J'appelle tous les chefs d'État arabes — dont bien sûr le roi d'Arabie saoudite — [...] à se réunir avec nous pour discuter», a déclaré dimanche le chef du gouvernement israélien en présence de la chancelière allemande, Angela Merkel.

Son appel intervient trois jours après la tenue à Riyad d'un sommet arabe qui a renouvelé une offre de paix faite à Israël en 2002 en échange de son retrait des territoires occupés en 1967 et de la création d'un État palestinien ayant Jérusalem-Est pour capitale.

Olmert a été soumis ce week-end à des pressions américaines, arabe et européennes pour donner rapidement suite à l'offre des dirigeants arabes, qui ont décidé de mettre en place un comité «collégial» pour évoquer avec les diverses parties, dont Israël, de la mise en oeuvre de leur plan. Devant Merkel, Olmert a reconnu que «des États arabes modérés emmenés par l'Arabie saoudite» voulaient s'impliquer activement dans les efforts de paix et a dit «apprécier qu'on soit prêt à accepter Israël et à débattre des conditions d'une future solution».

«Si le roi d'Arabie prend l'initiative d'une réunion des dirigeants arabes modérés et m'invite ainsi que le président de l'Autorité palestinienne, je serai très heureux d'y prendre part et de faire connaître ma position», a-t-il assuré.

Mais, dans les milieux diplomatiques, on minimise les chances de matérialisation d'une telle réunion, l'Arabie ayant exclu d'y participer tant qu'Israël n'accepterait pas le plan de paix arabe comme base de discussion, et on estime qu'Olmert cherche ainsi à «botter en touche».

Car, tout en saluant l'initiative arabe, Israël a réaffirmé son refus d'en revenir aux frontières de 1967, de rediviser Jérusalem et de reconnaître un «droit au retour» aux réfugiés palestiniens du conflit de 1948. Olmert «fait une proposition alternative parce qu'il sait qu'elle n'a aucune chance. Il évacue la question», estime-t-on de source diplomatique.

Nimer Hammad, conseiller politique du président palestinien Mahmoud Abbas, parle lui aussi d'«esquive» de la part du chef du gouvernement israélien qui chercherait ainsi la normalisation de ses relations avec les pays arabes «sans en payer le prix».

«L'initiative arabe nous demande un prix trop élevé, intolérable», reconnaît Tzachi Hanegbi, un dirigeant en vue du parti Kadima d'Olmert. Mais «ce serait une erreur de fermer la porte avant le début des pourparlers», estime-t-il.

Dans l'entourage d'Olmert, on souligne que, précisément, il ne la ferme pas puisqu'il ne pose aucune condition à une réunion avec les dirigeants arabes.
 
 
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