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Libre-Opinion: Assez de sang et de larmes

Abdulaziz Al-Sowayegh - Ambassadeur du Royaume d'Arabie saoudite au Canada  28 mars 2007  Actualités internationales
Je me souviens encore de la déclaration faite par S.A.R. le prince Saud al-Faisal, le ministre des Affaires étrangères du Royaume d'Arabie saoudite, juste avant l'invasion américaine de l'Irak. Aux questions de journalistes occidentaux soulevant les appréhensions de l'Arabie saoudite vis-à-vis de l'établissement d'une démocratie en Irak et de la menace que cela représente par le transfert de cette expérience à d'autres pays dans la région, le ministre a répondu en disant: «Nous préférons mille fois que les missiles de la démocratie soient lancés contre nous plutôt que des missiles Scud irakiens», en référence à la guerre de libération du Koweït pendant laquelle Saddam Hussein a lancé ses missiles sur quelques villes saoudiennes.

Ce que le ministre a dit est très vrai dans la mesure où il est impossible d'établir une démocratie réelle dans un environnement où prédominent la guerre et la destruction. Pour cette raison, le serviteur des Deux Mosquées Saintes, le roi Abdullah Ibn Abdulaziz, a lancé un programme de réformes fondées sur les particularités de l'expérience et de la culture saoudiennes, tout en ouvrant la porte à l'expertise venant de l'étranger.

Au niveau des relations internationales, le roi Abdullah a établi une vision fondée sur les convictions reflétées par les trois fondements de base suivants:

- travailler pour l'unité de la nation arabe et la protection de l'identité arabe, abstraction faite de la race, de la religion et de toute division sectaire, l'appartenance à une nation arabe étant le point commun qui unit tous les Arabes;

- renforcer l'unité de la nation islamique par la promotion de la compréhension, de la tolérance et du rapprochement entre toutes les cultures et toutes les sociétés du monde islamique;

- établir des ponts de coopération avec tous les pays du monde qui aiment la paix, ainsi qu'avec tous les pouvoirs et les courants qui promeuvent une cohabitation entre les civilisations fondée sur l'héritage culturel commun de l'humanité.

Aucune réforme politique ou économique ne peut réussir si on ne crée pas un environnement propice en s'attaquant tout d'abord aux questions internes de la nation, et ce, afin de contribuer à la stabilité et à la prospérité du monde.

C'est précisément le but du serviteur des Deux Mosquées Saintes, le roi Abdulaziz, qui a une vision pour la région où la paix, la stabilité et la prospérité prédominent pour le bien de tous. Le roi est parfaitement conscient que la réforme et la prospérité économiques sont le but ultime, et que la condition préalable est d'établir la sécurité et la stabilité à l'intérieur du pays, tout en travaillant avec les pays de la région et les autres nations pour établir la paix pour la région entière et le reste du monde.

Plan de paix arabe

Depuis son accession au pouvoir, le roi Abdullah s'est acharné à lancer un certain nombre d'initiatives pratiques, dont la plus importante est le Plan de paix arabe qui a été adopté unanimement par tous les États arabes au Sommet arabe de Beyrouth en 2002. Cette initiative a reçu le soutien et l'appui de plusieurs autres pays, dont le Canada.

En résumé, le plan demande le retrait d'Israël de tous les territoires arabes qu'elle a occupés en 1967, en échange de la normalisation complète des relations entre les pays arabes et Israël.

Les pays arabes ont opté pour la paix comme seule option stratégique pouvant assurer la sécurité, la stabilité et la prospérité pour tous les pays de la région, y compris Israël. C'est une chance à ne pas manquer pour tous les peuples de la région, surtout les Palestiniens qui ont tant souffert depuis qu'ils ont perdu leurs territoires. Ils ont le droit d'instaurer leur propre état indépendant, avec Jérusalem-Est comme capitale, côte à côte avec Israël.

Mission difficile

Nous sommes au seuil d'une ère nouvelle de paix et de stabilité qui a longtemps échappé à notre région du monde; le roi Abdullah a fait de cette paix et de cette stabilité la priorité principale, avec tous les obstacles et toutes les difficultés que cela implique.

Malgré la difficulté de cette mission, le roi Abdullah n'a ménagé aucun effort pour préparer le chemin de la paix entre les pays arabes et Israël. Il a accueilli dans la Ville sainte de Makkah une réunion entre les chefs du Fatah et du Hamas, couronnée par la signature de la Déclaration historique de Makkah qui a mis fin au conflit entre les deux mouvements palestiniens et lancé la formation d'un gouvernement d'unité national palestinien.

Le roi Abdullah appuie aussi les efforts de réconciliation entre les différents partis libanais dans le but de ramener la vie politique à la normale au Liban.

De plus, le roi Abdullah a récemment rencontré le président iranien Mahmoud Ahmadi Nejad à Riyadh pour discuter des moyens à mettre en oeuvre pour éviter la montée des conflits dans la région, dans le cadre des efforts faits par l'Arabie saoudite pour dissiper les tensions montantes dans la région. Les deux chefs d'État ont promis d'oeuvrer à l'unité de la nation islamique et de soutenir la paix et la stabilité dans la région.

Tous les efforts que le roi Abdullah mène sur ces différents fronts ont un but commun: résoudre tous les conflits existants pour ouvrir la voie au règlement du conflit israélo-arabe qui représente la principale source de tension et d'instabilité dans la région. Le roi Abdullah juge que la résolution de ce conflit non seulement procurera la paix et la sécurité à tous les pays de la région, mais nous aidera aussi à concentrer nos énergies et nos ressources aux priorités politiques, économiques et sociales.

Il est grand temps que tous les pays de la région disent: «Assez de sang et de larmes; nous avons eu plus que notre part.» Mais la paix ne peut pas être imposée aux autres; elle doit être recherchée par les deux parties au conflit. C'est pour cela que nous nous demandons si un autre Yitzak Rabin se portera volontaire pour reprendre le flambeau de la paix et dire aux Israéliens: «Assez de sang et de larmes.»
 
 
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