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L'Iran fait fi des nouvelles sanctions

Le président iranien prévient qu'il «n'arrêtera pas, ne serait-ce qu'une seconde, son programme nucléaire, légal et pacifique»

Téhéran/Nations Unies — L'Iran a réaffirmé hier sa volonté de poursuivre son programme d'enrichissement d'uranium, qualifiant la nouvelle résolution de l'ONU alourdissant les sanctions à son encontre «d'illégale» et annonçant qu'il allait limiter sa coopération avec l'AIEA.

«L'Iran n'arrêtera pas, ne serait-ce qu'une seconde, son programme nucléaire, légal et pacifique, face à cette résolution [onusienne] illégale», a déclaré hier le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. «La nation iranienne n'oubliera pas ceux qui ont soutenu et ceux qui ont rejeté [cette résolution] et va revoir ses relations internationales», a-t-il ajouté sans autre précision.

Le gouvernement iranien a également décidé de limiter sa coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). «Après cette résolution illégale adoptée contre l'Iran hier soir, le gouvernement se voit contraint d'agir en fonction de la décision du Parlement sur le niveau de coopération avec l'agence [l'AIEA] et de suspendre une partie de ses activités avec elle», a dit à la télévision d'État le porte-parole du gouvernement, Gholamhossein Elham.

Cette décision devrait influer sur les accords conclus en 2002 entre l'Iran et l'AIEA, selon lesquels Téhéran devait informer l'agence de tous ses projets de construction d'installations liées au programme nucléaire, a-t-on dit de source iranienne autorisée.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a voté samedi un nouveau texte qui alourdit les sanctions infligées à l'Iran dans sa précédente résolution (1737) de décembre 2006, pour son refus de suspendre ses activités d'enrichissement et de retraitement de l'uranium.

Les membres permanents du Conseil et l'Allemagne, à l'origine du texte adopté samedi soir, ont néanmoins proposé l'ouverture de nouvelles négociations en renouvelant l'offre faite de mesures incitatives dans les domaines technologique et économique. Les sanctions resteront toutefois en vigueur jusqu'à la suspension du programme d'enrichissement d'uranium, processus utilisable à la fois à des fins civiles et militaires.

Manoucher Mottaki, chef de la diplomatie iranienne, a dénoncé pour sa part une manipulation et une initiative «injustifiable» à l'encontre d'une activité, selon lui, purement pacifique. «Je peux vous garantir que les pressions et l'intimidation ne modifieront pas la politique iranienne. La suspension n'est ni une option, ni une solution», a-t-il dit.

«Le monde doit savoir — et il le sait — que même les sanctions politiques et économiques les plus dures et les autres menaces seront beaucoup trop faibles pour contraindre la nation iranienne à renoncer à ses demandes légales et légitimes», a prévenu Mottaki, venu remplacer à New York Ahmadinejad. Ce dernier a annulé sa venue à New York, invoquant la délivrance tardive des visas nécessaires pour l'équipage de son avion personnel.

La résolution 1747 adoptée samedi ne vise pas seulement le programme nucléaire de Téhéran, puisqu'en plus du gel des avoirs à l'étranger de 28 individus, institutions et entreprises liés à ce programme, elle impose un embargo sur la vente d'armes iraniennes et fixe de nouvelles restrictions à l'attribution d'aides ou de prêts. La précédente résolution visant Téhéran, adoptée le 23 décembre, avait interdit les exportations de matériels nucléaires et balistiques sensibles et exigeait déjà le gel des avoirs de personnalités et d'instances associées au programme.

À Berlin, lors du sommet de l'Union européenne, Javier Solana, représentant de la politique extérieure de l'UE, a fait savoir qu'il allait contacter Ali Larijani, principal négociateur iranien sur le dossier nucléaire, pour essayer de trouver «un chemin vers des négociations».

Alejandro Wolff, ambassadeur des États-Unis par intérim, a qualifié ce texte de «message clair et sans ambiguïté adressé à à la République islamique pour lui signifier que la poursuite de projets nucléaires militaires» ne fera qu'isoler davantage l'Iran et le rendre «moins sûr».

À Berlin, Jacques Chirac a plaidé pour «une solution équilibrée», à la condition «préalable» que l'Iran accepte d'interrompre ses activités d'enrichissement d'uranium. Pour obtenir le soutien unanime du Conseil, et notamment celui de l'Afrique du Sud, de l'Indonésie et du Qatar, les Six ont dû inclure dans le préambule une mention soulignant l'attachement de la communauté internationale à l'absence d'armes de destruction massive au Proche-Orient.

Avec l'AFP
 
 
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