samedi 26 mai 2012 Dernière mise à jour 00h05
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le régime Moubarak précipite l'adoption d'une révision constitutionnelle

Un recul de la démocratie, clame l'opposition

La réforme constitutionnelle a suscité le mécontentement d’une partie de la population.
Photo : Agence Reuters
La réforme constitutionnelle a suscité le mécontentement d’une partie de la population.
Le Caire — Le président Hosni Moubarak se prépare à faire adopter dans une semaine, par référendum, une révision constitutionnelle dénoncée par l'opposition comme un grave revers pour la démocratie en Égypte.

Lundi soir, de manière imprévue, le Parlement, contrôlé aux trois quarts par le Parti national démocratique (PND) au pouvoir, a adopté ce paquet de 34 amendements à la Constitution. Les 315 élus du PND, sur 454 députés, ont entonné l'hymne national dans l'hémicycle, alors que les parlementaires d'opposition, parmi lesquels 88 Frères musulmans, ont boycotté ce vote à la sauvette.

Le président Moubarak, au pouvoir depuis un quart de siècle, a fixé au 26 mars, soit dans seulement une semaine, la date du référendum censé ratifier une nouvelle donne constitutionnelle, qu'il présente comme une avancée démocratique.

Mais, pour l'opposition, dominée par les islamistes, et pour les ONG des droits de l'homme, les articles antiterroristes et ceux portant sur la supervision des élections sont au contraire autant d'atteintes aux libertés démocratiques.

«Nous allons nous concerter pour savoir si nous allons boycotter le référendum ou appeler à voter non», a indiqué hier Saad al-Kattani, chef du groupe parlementaires des Frères musulmans.

L'amendement 179 permet aux autorités de procéder à des arrestations, à des fouilles domiciliaires et à des écoutes téléphoniques sans mandat judiciaire. Le président peut aussi déférer un terroriste présumé devant une cour d'exception.

Un autre article limite le contrôle des opérations de vote par les juges, alors que la fraude électorale est considérée en Égypte comme endémique, en plus d'actes de violence plus ou moins téléguidés par le pouvoir, comme en 2005.

Amnesty International a jugé qu'il s'agissait de la «plus grave atteinte» aux droits de l'homme depuis l'instauration de l'état d'urgence en 1981, après l'assassinat d'Anouar al-Sadate. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a rejeté cette critique, estimant qu'une partie étrangère n'avait pas à s'immiscer dans une affaire intérieure.

La révision porte aussi sur l'interdiction de toute activité politique fondée sur la religion, ce qui écarte la possibilité pour les Frères musulmans de se constituer en parti, démarche indispensable pour présenter un candidat à l'élection présidentielle.

Victime d'une nouvelle vague de répression, 300 de ses membres ayant été arrêtés ces derniers mois, la vieille confrérie islamiste, qui se prétend modérée, n'est toujours que tolérée. «La raison derrière tout cela vient de la corruption et est le fait d'un régime oppressif qui veut se perpétuer et assurer une transition graduelle du pouvoir à Moubarak fils», a affirmé un député des Frères musulmans, Hazem Farouk.

Gamal Moubarak, âgé de 42 ans, fils cadet du président et ancien banquier, est considéré comme le véritable patron de la politique économique et il grimpe sans cesse les échelons du PND. Il a démenti qu'il souhaite succéder à son père, élu jusqu'en 2011, mais les analystes politiques et la presse restent sceptiques, rappelant que c'est lui qui a annoncé, à l'automne, une décision aussi importante que le choix nucléaire civil pour l'Égypte.

Pendant le débat sur les amendements, il s'est aussi prononcé en faveur du maintien, dans la Constitution, de l'article 2 qui fait de la charia (la loi islamique) la source principale de la législation égyptienne.

Des ONG et des organisations chrétiennes coptes avaient réclamé sa suppression, mais le pouvoir, en parfait accord avec les Frères musulmans, a récusé l'idée même d'un État laïque, dans un pays où les musulmans représentent plus de 90 % de la population.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Pour en savoir plus
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012