Washington et ses alliés punissent la Corée du Nord
Les livraisons de fioul sont suspendues en raison du programme nucléaire de Pyongyang
Séoul - Les États-Unis ont obtenu le soutien de leurs alliés européens et asiatiques pour suspendre les livraisons de fioul à la Corée du Nord à compter de décembre afin de contraindre Pyongyang à renoncer à développer un programme d'enrichissement de l'uranium à des fins militaires.
Cette décision est une réponse à la violation d'un accord de 1994 en vertu duquel la Corée du Nord s'était engagée à geler son
programme nucléaire militaire en échange notamment de la livraison de 500 000 tonnes de fioul annuelles.
Elle a été annoncée jeudi soir à New York par des diplomates représentant la KEDO (Korean Peninsula Energy Development Organization), formée des États-Unis, de l'UE, du Japon et de la Corée du Sud et chargée de gérer l'accord de 1994. «Les livraisons dépendront à l'avenir des mesures concrètes et crédibles prises par la Corée du Nord pour démanteler complètement son programme d'uranium hautement enrichi. De ce point de vue, les autres activités de la KEDO avec la Corée du Nord seront réexaminées», ont souligné les diplomates, ajoutant que l'élimination du programme nucléaire devait se faire d'une «manière visible et vérifiable».
Par cette sanction, l'administration Bush confirme sa ligne dure adoptée vis-à-vis de Pyongyang, à savoir le refus de tout dialogue, depuis que la reprise d'un programme d'enrichissement de l'uranium a été révélée, le 16 octobre dernier.
À Paris, le Quai d'Orsay a souligné hier que cette décision était «assez logique» et qu'en l'annonçant à l'avance, la KEDO laissait ouverte la possibilité à la Corée du Nord, «si elle décide de coopérer avec nous [...], d'éviter que cela ait des conséquences défavorables en Corée du Nord».
La Corée du Nord, qui n'a pas réagi dans l'immédiat à cette décision, avait de son côté prévenu par avance qu'elle considérerait la suspension des livraisons de fioul comme un acte hostile, ce qui fait craindre une impasse qui pourrait dégénérer en crise ouverte.
La Corée du Sud a invité hier Pyongyang à entendre le message. «Nous sommes unis et satisfaits», a déclaré un haut responsable du gouvernement, qui a promis que les discussions se poursuivraient avec le Nord. Mais la Corée du Nord exige de négocier directement sur le nucléaire avec les États-Unis et réclame la signature d'un pacte de non-agression. Du côté de Washington, on confirme ne pas avoir l'intention de réactiver le «canal de New York», des discussions ou des messages écrits entre Washington et Pyongyang par le truchement du représentant de la Corée du Nord aux Nations unies.
De nombreux experts jugent que Washington devrait au moins expliquer clairement à Pyongyang ce qu'il exige et redoutent que les «faucons» de l'administration Bush, hostiles depuis longtemps à l'accord de 1994, ne ferment la porte à toute solution.
Certains s'attendent cependant à une sorte de «pas de deux» entre les deux pays, par une série de mesures unilatérales mais réciproques. Don Oberdorfer, un ancien journaliste qui a participé à des entretiens de haut niveau à Pyongyang début novembre avec l'ex-ambassadeur américain Donald Gregg, souligne que lors de ces entretiens, la Corée du Nord n'a pas formulé de menaces ni réclamé de compensations, réclamant uniquement des garanties. Un responsable de la Maison-Blanche a réaffirmé que les États-Unis n'ont «pas l'intention d'envahir la Corée du Nord et ne présentent pas une menace».
Cette décision est une réponse à la violation d'un accord de 1994 en vertu duquel la Corée du Nord s'était engagée à geler son
programme nucléaire militaire en échange notamment de la livraison de 500 000 tonnes de fioul annuelles.
Elle a été annoncée jeudi soir à New York par des diplomates représentant la KEDO (Korean Peninsula Energy Development Organization), formée des États-Unis, de l'UE, du Japon et de la Corée du Sud et chargée de gérer l'accord de 1994. «Les livraisons dépendront à l'avenir des mesures concrètes et crédibles prises par la Corée du Nord pour démanteler complètement son programme d'uranium hautement enrichi. De ce point de vue, les autres activités de la KEDO avec la Corée du Nord seront réexaminées», ont souligné les diplomates, ajoutant que l'élimination du programme nucléaire devait se faire d'une «manière visible et vérifiable».
Par cette sanction, l'administration Bush confirme sa ligne dure adoptée vis-à-vis de Pyongyang, à savoir le refus de tout dialogue, depuis que la reprise d'un programme d'enrichissement de l'uranium a été révélée, le 16 octobre dernier.
À Paris, le Quai d'Orsay a souligné hier que cette décision était «assez logique» et qu'en l'annonçant à l'avance, la KEDO laissait ouverte la possibilité à la Corée du Nord, «si elle décide de coopérer avec nous [...], d'éviter que cela ait des conséquences défavorables en Corée du Nord».
La Corée du Nord, qui n'a pas réagi dans l'immédiat à cette décision, avait de son côté prévenu par avance qu'elle considérerait la suspension des livraisons de fioul comme un acte hostile, ce qui fait craindre une impasse qui pourrait dégénérer en crise ouverte.
La Corée du Sud a invité hier Pyongyang à entendre le message. «Nous sommes unis et satisfaits», a déclaré un haut responsable du gouvernement, qui a promis que les discussions se poursuivraient avec le Nord. Mais la Corée du Nord exige de négocier directement sur le nucléaire avec les États-Unis et réclame la signature d'un pacte de non-agression. Du côté de Washington, on confirme ne pas avoir l'intention de réactiver le «canal de New York», des discussions ou des messages écrits entre Washington et Pyongyang par le truchement du représentant de la Corée du Nord aux Nations unies.
De nombreux experts jugent que Washington devrait au moins expliquer clairement à Pyongyang ce qu'il exige et redoutent que les «faucons» de l'administration Bush, hostiles depuis longtemps à l'accord de 1994, ne ferment la porte à toute solution.
Certains s'attendent cependant à une sorte de «pas de deux» entre les deux pays, par une série de mesures unilatérales mais réciproques. Don Oberdorfer, un ancien journaliste qui a participé à des entretiens de haut niveau à Pyongyang début novembre avec l'ex-ambassadeur américain Donald Gregg, souligne que lors de ces entretiens, la Corée du Nord n'a pas formulé de menaces ni réclamé de compensations, réclamant uniquement des garanties. Un responsable de la Maison-Blanche a réaffirmé que les États-Unis n'ont «pas l'intention d'envahir la Corée du Nord et ne présentent pas une menace».
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