Zimbabwe : le chef de l'opposition, blessé, présenté devant la justice
Tsvangirai se rend à l'hôpital aussitôt sa comparution terminée
14 mars 2007
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Des Zimbabwéens vivant en Afrique du Sud ont manifesté leur mécontentement hier à Johannesburg.
Harare — Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, blessé à la tête et le visage tuméfié, a été présenté hier devant la justice à Harare, deux jours après son arrestation survenue avant un rassemblement contre le président Robert Mugabe. Immédiatement après sa comparution, il a été hospitalisé.
Le président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition, a été transféré au tribunal du centre de Harare sur la plate-forme arrière d'un camion de la police, au côté d'une vingtaine de ses partisans également interpellés dimanche. Tsvangirai avait le visage tuméfié et ses cheveux avaient été rasés sur une partie du crâne, apparemment pour le traitement d'une coupure sur le dessus de la tête.
Beaucoup portaient des traces de coups, reçus, selon le MDC, pendant leur détention. Plusieurs autres accusés ont dû être transportés jusque dans l'enceinte du tribunal et certains ont été contraints de s'asseoir à même le sol. Les vêtements de l'un d'eux étaient ensanglantés et tous semblaient sales, débraillés et épuisés.
Ces opposants, dont quatre parlementaires et d'autres responsables de l'opposition, risquent d'être inculpés pour avoir appelé à une «prière collective» dimanche, dans un quartier pauvre de Harare, en dépit de l'interdiction, par la police, des manifestations et rassemblements dans la capitale.
Morgan Tsvangirai, 55 ans, et ses partisans ont comparu devant un tribunal de première instance de Harare, en application d'un jugement de la Haute Cour qui avait ordonné la veille qu'ils puissent s'entretenir avec leurs avocats et soient présentés à la justice, ou bien qu'ils soient libérés.
Parmi eux se trouvait Lovemore Madhuku, président de l'Assemblée nationale constitutionnelle, dont la tête et une main étaient bandées, a constaté un journaliste de l'AFP. Arthur Mutambara, leader d'une faction du MDC, est apparu lui aussi près de Tsvangirai, démontrant sa solidarité avec celui qui était l'an dernier encore son rival dans un parti divisé.
À l'entrée des accusés, la police anti-émeute a immédiatement ordonné l'évacuation de la salle et encerclé le bâtiment, fouillant toute personne souhaitant y pénétrer. «C'est pour la sécurité du public», a déclaré un policier en réaction aux protestations de la foule.
Lors de l'audience, la représentante du ministère public, Florence Ziyambi, a demandé que les accusés puissent avoir accès aux soins nécessaires. Ils ont ensuite été emmenés en ambulances.
La répression menée contre l'opposition a été vigoureusement condamnée par les Nations unies, l'Union européenne (UE) et les États-Unis.
Le reste de l'Afrique a gardé le silence sur ce durcissement du régime de Mugabe, 83 ans, héros de la lutte contre la colonisation britannique, au pouvoir depuis l'indépendance, en 1980.
Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré que cette répression «viole les droits démocratiques de base des citoyens de se réunir pacifiquement». La présidence allemande de l'UE a condamné «la violente suppression de la liberté d'opinion et de réunion».
Louise Arbour, Haute Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, a jugé inacceptable cette intervention. Elle a en outre fait part de sa préoccupation au sujet des «informations choquantes sur des violences policières» et a réclamé une enquête impartiale et rapide.
De son côté, la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a exigé la libération immédiate des opposants et a tenu Robert Mugabe responsable de leur sécurité.
Une centaine de personnes ont manifesté à Johannesburg, devant le consulat du Zimbabwe dans l'Afrique du Sud voisine, considérée comme le seul pays ayant une réelle influence diplomatique sur M. Mugabe.
Pretoria a estimé que «les problèmes du Zimbabwe doivent être résolus par le peuple du Zimbabwe».
Harare n'a pour sa part donné aucun signe d'apaisement. «Nous appliquerons la loi à la lettre. Nous attendons des gens qu'ils respectent la loi», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Kembo Mohadi, au quotidien d'État The Herald.
Mugabe a annoncé, en fin de semaine dernière, son intention de briguer un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle prévue en 2008, malgré le mécontentement suscité par la déroute de l'économie, qui se traduit par une inflation s'élevant à plus de 1700 %.
Le président du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), principal parti d'opposition, a été transféré au tribunal du centre de Harare sur la plate-forme arrière d'un camion de la police, au côté d'une vingtaine de ses partisans également interpellés dimanche. Tsvangirai avait le visage tuméfié et ses cheveux avaient été rasés sur une partie du crâne, apparemment pour le traitement d'une coupure sur le dessus de la tête.
Beaucoup portaient des traces de coups, reçus, selon le MDC, pendant leur détention. Plusieurs autres accusés ont dû être transportés jusque dans l'enceinte du tribunal et certains ont été contraints de s'asseoir à même le sol. Les vêtements de l'un d'eux étaient ensanglantés et tous semblaient sales, débraillés et épuisés.
Ces opposants, dont quatre parlementaires et d'autres responsables de l'opposition, risquent d'être inculpés pour avoir appelé à une «prière collective» dimanche, dans un quartier pauvre de Harare, en dépit de l'interdiction, par la police, des manifestations et rassemblements dans la capitale.
Morgan Tsvangirai, 55 ans, et ses partisans ont comparu devant un tribunal de première instance de Harare, en application d'un jugement de la Haute Cour qui avait ordonné la veille qu'ils puissent s'entretenir avec leurs avocats et soient présentés à la justice, ou bien qu'ils soient libérés.
Parmi eux se trouvait Lovemore Madhuku, président de l'Assemblée nationale constitutionnelle, dont la tête et une main étaient bandées, a constaté un journaliste de l'AFP. Arthur Mutambara, leader d'une faction du MDC, est apparu lui aussi près de Tsvangirai, démontrant sa solidarité avec celui qui était l'an dernier encore son rival dans un parti divisé.
À l'entrée des accusés, la police anti-émeute a immédiatement ordonné l'évacuation de la salle et encerclé le bâtiment, fouillant toute personne souhaitant y pénétrer. «C'est pour la sécurité du public», a déclaré un policier en réaction aux protestations de la foule.
Lors de l'audience, la représentante du ministère public, Florence Ziyambi, a demandé que les accusés puissent avoir accès aux soins nécessaires. Ils ont ensuite été emmenés en ambulances.
La répression menée contre l'opposition a été vigoureusement condamnée par les Nations unies, l'Union européenne (UE) et les États-Unis.
Le reste de l'Afrique a gardé le silence sur ce durcissement du régime de Mugabe, 83 ans, héros de la lutte contre la colonisation britannique, au pouvoir depuis l'indépendance, en 1980.
Le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré que cette répression «viole les droits démocratiques de base des citoyens de se réunir pacifiquement». La présidence allemande de l'UE a condamné «la violente suppression de la liberté d'opinion et de réunion».
Louise Arbour, Haute Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, a jugé inacceptable cette intervention. Elle a en outre fait part de sa préoccupation au sujet des «informations choquantes sur des violences policières» et a réclamé une enquête impartiale et rapide.
De son côté, la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, a exigé la libération immédiate des opposants et a tenu Robert Mugabe responsable de leur sécurité.
Une centaine de personnes ont manifesté à Johannesburg, devant le consulat du Zimbabwe dans l'Afrique du Sud voisine, considérée comme le seul pays ayant une réelle influence diplomatique sur M. Mugabe.
Pretoria a estimé que «les problèmes du Zimbabwe doivent être résolus par le peuple du Zimbabwe».
Harare n'a pour sa part donné aucun signe d'apaisement. «Nous appliquerons la loi à la lettre. Nous attendons des gens qu'ils respectent la loi», a déclaré le ministre de l'Intérieur, Kembo Mohadi, au quotidien d'État The Herald.
Mugabe a annoncé, en fin de semaine dernière, son intention de briguer un nouveau mandat lors de l'élection présidentielle prévue en 2008, malgré le mécontentement suscité par la déroute de l'économie, qui se traduit par une inflation s'élevant à plus de 1700 %.
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