Le régime de Mugabe durcit le ton - Zimbabwe : le chef de l'opposition aurait été battu en détention
Plusieurs dizaines d'opposants ont été arrêtés dimanche lors d'un rassemblement de prières
Photo : Agence Reuters
Morgan Tsvangirai
Harare — Le chef de file de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai, a été violemment agressé en détention et a dû être hospitalisé après son arrestation dimanche lors d'un rassemblement interdit par les autorités, a déclaré hier son avocat.
«Il est dans un mauvais état, très enflé. Il a des pansements à la tête. On n'arrive pas à distinguer la tête du visage et il n'arrive plus à voir correctement», a déclaré Innocent Chagonda, après avoir rendu visite à son client dans un commissariat de Harare. L'avocat a cependant précisé qu'il n'avait pas pu s'entretenir avec Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), car la police a interdit tout contact entre les avocats et les dizaines d'opposants arrêtés dimanche.
«La police a confirmé qu'elle l'avait emmené à l'hôpital la nuit dernière, ce qui explique pourquoi il porte des pansements», a-t-il précisé.
Tsvangirai et plusieurs dizaines d'opposants ont été arrêtés dimanche lors d'un rassemblement de prières organisé malgré une interdiction du gouvernement. La police a en outre abattu un homme lors de son intervention. Une coalition de groupes d'opposition souhaitait évoquer à cette occasion la crise politique et économique au Zimbabwe.
La police avait exigé la levée de ce rassemblement, perçu par les autorités comme le début d'une campagne de déstabilisation du régime de Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1980.
Outre Tsvangirai, d'autres responsables de l'opposition auraient subi de mauvais traitements après leur arrestation.
Un porte-parole de l'Assemblée nationale constitutionnelle a déclaré que le président de cette organisation, Lovemore Madhuku, souffrait d'une fracture à un bras et d'une grave blessure à la tête.
Les organisateurs du rassemblement de dimanche affirment que Tsvangirai a été pris de malaises à trois reprises en raison des coups portés sur lui, tandis que Madhuku s'est évanoui et a été hospitalisé.
Le Zimbabwe, autrefois l'un des pays les plus prospères d'Afrique, est plongé dans une grave crise économique, avec une inflation supérieure à 1700 %, un chômage de masse et des pénuries chroniques de nourriture, de carburant et de devises étrangères.
Cité hier par un journal proche du pouvoir, Mugabe a exprimé l'intention d'être à nouveau candidat à la présidentielle si son parti, la Zanu-PF, le désigne.
Le porte-parole de la coalition Save Zimbabwe Campaign (Campagne pour sauver le Zimbabwe) a souligné que l'opposition continuerait à lutter contre la «tyrannie» du régime de Mugabe.
«Nous pensons vraiment avoir le droit légitime de réclamer un changement démocratique et la fin de cette tyrannie», a indiqué Jacob Mafume.
L'arrestation et le passage à tabac présumé du leader de l'opposition ont valu à Harare la condamnation de ses ennemis traditionnels en Grande-Bretagne et aux États-Unis, mais aussi d'une partie de la coalition au pouvoir en Afrique du Sud.
À Washington, un porte-parole du département d'État, Tom Casey, a déploré «ce nouvel exemple du traitement de plus en plus dur que risquent, sous le président Mugabe, ceux qui souhaitent exprimer des opinions politiques opposées».
«Il est dans un mauvais état, très enflé. Il a des pansements à la tête. On n'arrive pas à distinguer la tête du visage et il n'arrive plus à voir correctement», a déclaré Innocent Chagonda, après avoir rendu visite à son client dans un commissariat de Harare. L'avocat a cependant précisé qu'il n'avait pas pu s'entretenir avec Tsvangirai, chef du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), car la police a interdit tout contact entre les avocats et les dizaines d'opposants arrêtés dimanche.
«La police a confirmé qu'elle l'avait emmené à l'hôpital la nuit dernière, ce qui explique pourquoi il porte des pansements», a-t-il précisé.
Tsvangirai et plusieurs dizaines d'opposants ont été arrêtés dimanche lors d'un rassemblement de prières organisé malgré une interdiction du gouvernement. La police a en outre abattu un homme lors de son intervention. Une coalition de groupes d'opposition souhaitait évoquer à cette occasion la crise politique et économique au Zimbabwe.
La police avait exigé la levée de ce rassemblement, perçu par les autorités comme le début d'une campagne de déstabilisation du régime de Mugabe, au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1980.
Outre Tsvangirai, d'autres responsables de l'opposition auraient subi de mauvais traitements après leur arrestation.
Un porte-parole de l'Assemblée nationale constitutionnelle a déclaré que le président de cette organisation, Lovemore Madhuku, souffrait d'une fracture à un bras et d'une grave blessure à la tête.
Les organisateurs du rassemblement de dimanche affirment que Tsvangirai a été pris de malaises à trois reprises en raison des coups portés sur lui, tandis que Madhuku s'est évanoui et a été hospitalisé.
Le Zimbabwe, autrefois l'un des pays les plus prospères d'Afrique, est plongé dans une grave crise économique, avec une inflation supérieure à 1700 %, un chômage de masse et des pénuries chroniques de nourriture, de carburant et de devises étrangères.
Cité hier par un journal proche du pouvoir, Mugabe a exprimé l'intention d'être à nouveau candidat à la présidentielle si son parti, la Zanu-PF, le désigne.
Le porte-parole de la coalition Save Zimbabwe Campaign (Campagne pour sauver le Zimbabwe) a souligné que l'opposition continuerait à lutter contre la «tyrannie» du régime de Mugabe.
«Nous pensons vraiment avoir le droit légitime de réclamer un changement démocratique et la fin de cette tyrannie», a indiqué Jacob Mafume.
L'arrestation et le passage à tabac présumé du leader de l'opposition ont valu à Harare la condamnation de ses ennemis traditionnels en Grande-Bretagne et aux États-Unis, mais aussi d'une partie de la coalition au pouvoir en Afrique du Sud.
À Washington, un porte-parole du département d'État, Tom Casey, a déploré «ce nouvel exemple du traitement de plus en plus dur que risquent, sous le président Mugabe, ceux qui souhaitent exprimer des opinions politiques opposées».
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