La Chine se penche sur les excès provoqués par la croissance
L'Assemblée nationale populaire met l'accent sur la dégradation de l'environnement et le creusement des inégalités
12 mars 2007
Actualités internationales
Photo : Agence Reuters
Évoquant la question du déséquilibre des revenus entre les habitants des villes et les campagnes, le premier ministre, Wen Jiabao, a souhaité que «tout le monde puisse profiter des fruits de la réforme et du développement».
Pékin — La Chine consomme trop, ne parvient pas à protéger son environnement et à réduire les disparités sociales: lors d'un discours prononcé, lundi 5 mars, devant les 3 000 députés de l'Assemblée nationale populaire (ANP) réunis pour l'ouverture de la session annuelle, le premier ministre, Wen Jiabao, a fait le constat des «carences» du «modèle de croissance économique» de la Chine. En fixant les objectifs pour 2007, il a mis l'accent sur les problèmes posés par la dégradation de l'environnement et le creusement des inégalités.
Au nom du principe réaffirmé sans relâche par le régime pékinois de la «construction d'une société harmonieuse» et après avoir reconnu, la veille, que le gouvernement avait «échoué», en 2006, dans ses efforts à contrôler les émissions polluantes, M. Wen a déclaré que les Chinois devraient «éviter de chercher seulement une croissance plus rapide» et déploré «les excès de la consommation en énergie et la sérieuse pollution de l'environnement».
Il a précisé, par ailleurs, que l'objectif serait de limiter la croissance à 8 % cette année, même si la même promesse faite il y a un an n'a pu être tenue, le taux de croissance ayant atteint 10,7 % en 2006.
Évoquant la question du déséquilibre des revenus entre les habitants des villes et les campagnes, il a souhaité que «tout le monde puisse profiter des fruits de la réforme et du développement» en espérant que des programmes sociaux plus performants contribuent à la «sauvegarde de la justice sociale».
Répétition générale
L'un des deux projets de loi retenant cette année l'attention a été ensuite évoqué par le premier ministre: il s'agit de mettre fin aux «privilèges» dont jouissaient jusqu'à présent les compagnies étrangères implantées en Chine, ces dernières étant imposées de 15 % sur leurs bénéfices, contre 33 % pour les entreprises chinoises. La nouvelle loi devrait fixer un barème de 25 % pour tout le monde. «Le temps est venu d'unifier les taux d'imposition», a déclaré le chef du gouvernement.
Le second projet de loi a, lui, des implications plus idéologiques à l'intérieur du Parti communiste chinois (PCC): il s'agit de définir le cadre légal de la propriété privée, un projet proposé sept fois et sept fois retiré de l'agenda de l'Assemblée en raison des dissensions provoquées par une telle évolution: les tenants de l'orthodoxie dans le parti estiment que cette loi constituerait une «dérive» dangereuse au regard de ce qui peut encore subsister de marxiste dans le PCC. Comme l'affirmait, en 2006, un théoricien du marxisme de l'université de Pékin, Gong Xiantian, la loi sur la propriété privée «affaiblirait les fondations de l'économie socialiste de Chine».
Avant l'ouverture de la session de l'Assemblée, un groupe de professeurs et d'intellectuels a diffusé une lettre ouverte sur Internet appelant à l'arrêt de la privatisation des compagnies d'État et conspuant un projet «servant les intérêts d'une classe d'entrepreneurs au détriment du public». La diffusion de cette pétition en ligne a été bloquée vers la fin du mois de février par la police de l'Internet, marquant le désaveu du pouvoir face aux factions «gauchistes» de l'appareil.
En fin de semaine, un article publié dans l'organe du comité central du parti, Le Quotidien du peuple, rappelait qu'une telle loi était conforme à la Constitution de la République populaire. Ces efforts démontrent que la direction du parti est décidée à lutter contre la mouvance d'une «nouvelle gauche» où coexistent nostalgiques du maoïsme et sociaux-démocrates à la chinoise, tous très critiques de l'actuel modèle de développement et du rythme effréné de la croissance.
Cette session de l'ANP, qui durera au moins dix jours, va servir de répétition générale à la grand-messe de l'automne, le 17e Congrès du parti. Même si la perspective du renouvellement de leurs mandats ne fait pas de doute, le premier ministre Wen Jiabao et le président Hu Jintao s'efforcent de continuer à asseoir plus solidement leur contrôle sur l'appareil. En ce sens, ils ne peuvent ignorer les débats idéologiques qui agitent depuis l'automne 2005 des sensibilités contradictoires au sein du PCC autour du statut à accorder au capital privé émergent en Chine.
Au nom du principe réaffirmé sans relâche par le régime pékinois de la «construction d'une société harmonieuse» et après avoir reconnu, la veille, que le gouvernement avait «échoué», en 2006, dans ses efforts à contrôler les émissions polluantes, M. Wen a déclaré que les Chinois devraient «éviter de chercher seulement une croissance plus rapide» et déploré «les excès de la consommation en énergie et la sérieuse pollution de l'environnement».
Il a précisé, par ailleurs, que l'objectif serait de limiter la croissance à 8 % cette année, même si la même promesse faite il y a un an n'a pu être tenue, le taux de croissance ayant atteint 10,7 % en 2006.
Évoquant la question du déséquilibre des revenus entre les habitants des villes et les campagnes, il a souhaité que «tout le monde puisse profiter des fruits de la réforme et du développement» en espérant que des programmes sociaux plus performants contribuent à la «sauvegarde de la justice sociale».
Répétition générale
L'un des deux projets de loi retenant cette année l'attention a été ensuite évoqué par le premier ministre: il s'agit de mettre fin aux «privilèges» dont jouissaient jusqu'à présent les compagnies étrangères implantées en Chine, ces dernières étant imposées de 15 % sur leurs bénéfices, contre 33 % pour les entreprises chinoises. La nouvelle loi devrait fixer un barème de 25 % pour tout le monde. «Le temps est venu d'unifier les taux d'imposition», a déclaré le chef du gouvernement.
Le second projet de loi a, lui, des implications plus idéologiques à l'intérieur du Parti communiste chinois (PCC): il s'agit de définir le cadre légal de la propriété privée, un projet proposé sept fois et sept fois retiré de l'agenda de l'Assemblée en raison des dissensions provoquées par une telle évolution: les tenants de l'orthodoxie dans le parti estiment que cette loi constituerait une «dérive» dangereuse au regard de ce qui peut encore subsister de marxiste dans le PCC. Comme l'affirmait, en 2006, un théoricien du marxisme de l'université de Pékin, Gong Xiantian, la loi sur la propriété privée «affaiblirait les fondations de l'économie socialiste de Chine».
Avant l'ouverture de la session de l'Assemblée, un groupe de professeurs et d'intellectuels a diffusé une lettre ouverte sur Internet appelant à l'arrêt de la privatisation des compagnies d'État et conspuant un projet «servant les intérêts d'une classe d'entrepreneurs au détriment du public». La diffusion de cette pétition en ligne a été bloquée vers la fin du mois de février par la police de l'Internet, marquant le désaveu du pouvoir face aux factions «gauchistes» de l'appareil.
En fin de semaine, un article publié dans l'organe du comité central du parti, Le Quotidien du peuple, rappelait qu'une telle loi était conforme à la Constitution de la République populaire. Ces efforts démontrent que la direction du parti est décidée à lutter contre la mouvance d'une «nouvelle gauche» où coexistent nostalgiques du maoïsme et sociaux-démocrates à la chinoise, tous très critiques de l'actuel modèle de développement et du rythme effréné de la croissance.
Cette session de l'ANP, qui durera au moins dix jours, va servir de répétition générale à la grand-messe de l'automne, le 17e Congrès du parti. Même si la perspective du renouvellement de leurs mandats ne fait pas de doute, le premier ministre Wen Jiabao et le président Hu Jintao s'efforcent de continuer à asseoir plus solidement leur contrôle sur l'appareil. En ce sens, ils ne peuvent ignorer les débats idéologiques qui agitent depuis l'automne 2005 des sensibilités contradictoires au sein du PCC autour du statut à accorder au capital privé émergent en Chine.
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