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La Russie se dote d'une nouvelle doctrine militaire

Moscou — La Russie va adopter une «nouvelle doctrine militaire» pour répondre au «renforcement» des forces militaires des pays de l'OTAN, qui sert essentiellement leurs «intérêts politiques et économiques», a annoncé hier le Conseil russe de sécurité.

«L'analyse de la situation internationale montre que le recours à la force militaire dans la politique des États dirigeants croît dans le monde», estime le Conseil russe de sécurité dans un document préparatoire à un «projet de rédaction d'une nouvelle doctrine militaire».

«La politique militaire des principaux pays consacre de plus en plus d'énergie à la modernisation des forces militaires [...] Ils se dotent activement de moyens contemporains de lutte armée, révisent les "technologies" d'utilisation des armées, modifient la configuration de leur présence militaire», ajoute le Conseil de sécurité. «Les unions militaires se renforcent, surtout l'OTAN», souligne-t-il encore.

«Les forces armées sont toujours utilisées avant tout comme instrument principal pour la poursuite des intérêts économiques et politiques des pays» occidentaux, estime le Conseil de sécurité, sans préciser si la Russie vise à agir de la même manière ou à conduire une politique différente.

La doctrine militaire en vigueur date de 2000. Sous l'impulsion du président Vladimir Poutine, la Russie cherche à revenir sur le devant de la scène internationale et prône un «monde multipolaire» pour contrebalancer la puissance américaine, où Moscou jouerait un rôle de premier plan.

En février, M. Poutine s'est livré à un réquisitoire contre l'«unilatéralisme» des États-Unis, accusés de «déborder de leurs frontières nationales dans tous les domaines» et de créer une situation telle que «personne ne se sent plus en sécurité».

Ces déclarations se doublent d'une polémique sur le projet américain de déploiement d'un bouclier antimissile jusqu'en Europe centrale qui inquiète Moscou.

Les États-Unis ont souligné à plusieurs reprises que leur bouclier n'était pas dirigé contre la Russie, mais destiné à les protéger d'attaques de pays comme l'Iran ou la Corée du Nord. Moscou a menacé de reprendre sa production de missiles de moyenne portée si des éléments de missiles antimissiles américains sont installés en Europe.
 
 
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