Afghanistan - Au moins dix civils tués par des tirs américains
Photo : Agence Reuters
Manifestation antiaméricaine, hier, près de Jalalabad, à la suite de la mort de civils.
Au moins dix civils afghans ont été tués et 35 autres blessés hier en Afghanistan par les tirs de riposte des soldats américains dont le convoi venait d'être la cible d'un attentat à la voiture piégée, revendiqué par les talibans, à 45 km à l'est de Jalalabad, près de la frontière pakistanaise. Cette nouvelle bavure a suscité la colère de milliers d'Afghans, qui ont accusé les Américains d'avoir tiré sans aucun discernement.
«Ils [les soldats américains] ont ouvert le feu sur tout le monde, autant ceux qui étaient dans des véhicules que ceux qui marchaient», a expliqué Tur Gul, un civil blessé par balle, à un journaliste de l'Associated Press. «Quand nous avons stationné notre véhicule, des soldats sont passés à côté de nous et ils ont ouvert le feu sur notre véhicule», a ajouté Mohammad Ishaq, un jeune homme de 15 ans lui aussi blessé par les tirs des soldats américains.
Mohammad Khan Katawazi, le chef du district de Shinwar, a lui aussi affirmé que les troupes américaines avaient traité toutes les personnes présentes comme des ennemis potentiels, et ce, sans discernement. Un responsable de l'hôpital où ont été conduits les blessés a déclaré qu'ils souffraient tous de blessures par balles, et non de blessures causées par l'explosion de la bombe du kamikaze.
L'armée américaine a pour sa part fait savoir que les GI étaient tombés dans une «embuscade complexe» sur une autoroute de l'est de l'Afghanistan, à l'est de Jalalabad. Ils auraient ainsi essuyé des tirs à l'arme automatique provenant de plusieurs directions immédiatement après l'attaque à la voiture piégée. Les victimes se seraient donc retrouvées au milieu de tirs croisés. «Les soldats ont ouvert le feu pour se défendre», a dit Abdul Ghafour, porte-parole de la police. Un soldat a aussi été blessé dans l'attentat kamikaze.
«Nous regrettons la mort de civils afghans innocents, des morts qui sont le résultat des extrémistes talibans, a expliqué par la suite David Accetta, un porte-parole militaire américain. Encore une fois, les terroristes ont démontré leur mépris pour la vie humaine en attaquant les forces de la coalition dans une zone habitée, sachant que des innocents seraient tués ou blessés dans l'attaque.»
«Nous croyons qu'il est possible que les tirs des insurgés qui ont pris part à l'embuscade soient totalement ou en partie responsables des victimes civiles», a précisé un autre porte-parole militaire américain, William Mitchell. Selon un journaliste de l'Agence France-Presse présent sur place, sept ou huit véhicules civils portaient des impacts de balles.
«Il est difficile pour le moment de savoir combien de civils ont été tués dans l'attentat, par les tirs de la coalition ou ceux des insurgés», a déclaré un autre porte-parole de la coalition, ajoutant qu'une enquête était en cours. Et le bilan des morts est lui aussi difficile à établir avec précision. Après avoir annoncé la mort de 16 civils, la coalition a ramené sans explication ce bilan à huit morts et 35 blessés, en contradiction avec le bilan donné un peu plus tôt par le ministère afghan de l'Intérieur. Selon le ministère, dix civils afghans ont été tués par les tirs des soldats. «Un certain nombre» de civils ont aussi péri, selon le ministère, dans l'attaque suicide, la deuxième en moins d'une semaine contre la coalition.
Mort à l'Amérique!
Peu de temps après la fusillade, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer cette bavure des forces militaires, qu'ils ont accusées d'avoir ouvert le feu sur des civils délibérément. Les manifestants ont aussi scandé «Mort à l'Amérique!» et «Mort à [Hamid] Karzaï!». Ils ont même bloqué pendant quelques heures la route où le drame s'est produit.
Plusieurs civils ont été tués par les troupes de l'OTAN et de la coalition dans des incidents similaires ces derniers mois, notamment dans le sud de l'Afghanistan où les talibans multiplient les attaques et attentats suicide. Et le printemps pourrait être encore plus sanglant, puisque les anciens maîtres de Kaboul ont affirmé préparer une offensive ce printemps et menacé d'intensifier leur campagne d'attentats suicide. Ils distribuent d'ailleurs depuis plusieurs jours dans le sud du pays des tracts annonçant leur prochaine offensive. Ils invitent les civils à se tenir à l'écart des patrouilles et des bases des forces de l'OTAN, ainsi que des troupes gouvernementales.
L'an dernier, environ 140 attaques suicide ont frappé l'Afghanistan, contre une vingtaine en 2005. Quelque 4000 personnes, essentiellement des insurgés, des civils et des soldats afghans, ont été tuées en 2006, l'année la plus sanglante en Afghanistan depuis fin 2001, selon des chiffres officiels. Quelque 170 soldats étrangers ont été tués en 2006 et, depuis le début 2007, 20 militaires étrangers, en majorité américains, sont morts en Afghanistan.
Par ailleurs, selon des habitants de la région de Sangin, dans la province méridionale de Helmand, de violents combats s'y sont déroulés samedi, et un raid aérien des forces de l'OTAN a fait une trentaine de morts dans la population civile, dont des femmes et des enfants. Un responsable local a parlé de 11 civils tués. À Kaboul, un porte-parole de l'OTAN a confirmé que des affrontements avaient eu lieu samedi dans cette zone, mais a dit ne rien savoir de pertes civiles.
***
Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, la BBC, le New York Times et Reuters
«Ils [les soldats américains] ont ouvert le feu sur tout le monde, autant ceux qui étaient dans des véhicules que ceux qui marchaient», a expliqué Tur Gul, un civil blessé par balle, à un journaliste de l'Associated Press. «Quand nous avons stationné notre véhicule, des soldats sont passés à côté de nous et ils ont ouvert le feu sur notre véhicule», a ajouté Mohammad Ishaq, un jeune homme de 15 ans lui aussi blessé par les tirs des soldats américains.
Mohammad Khan Katawazi, le chef du district de Shinwar, a lui aussi affirmé que les troupes américaines avaient traité toutes les personnes présentes comme des ennemis potentiels, et ce, sans discernement. Un responsable de l'hôpital où ont été conduits les blessés a déclaré qu'ils souffraient tous de blessures par balles, et non de blessures causées par l'explosion de la bombe du kamikaze.
L'armée américaine a pour sa part fait savoir que les GI étaient tombés dans une «embuscade complexe» sur une autoroute de l'est de l'Afghanistan, à l'est de Jalalabad. Ils auraient ainsi essuyé des tirs à l'arme automatique provenant de plusieurs directions immédiatement après l'attaque à la voiture piégée. Les victimes se seraient donc retrouvées au milieu de tirs croisés. «Les soldats ont ouvert le feu pour se défendre», a dit Abdul Ghafour, porte-parole de la police. Un soldat a aussi été blessé dans l'attentat kamikaze.
«Nous regrettons la mort de civils afghans innocents, des morts qui sont le résultat des extrémistes talibans, a expliqué par la suite David Accetta, un porte-parole militaire américain. Encore une fois, les terroristes ont démontré leur mépris pour la vie humaine en attaquant les forces de la coalition dans une zone habitée, sachant que des innocents seraient tués ou blessés dans l'attaque.»
«Nous croyons qu'il est possible que les tirs des insurgés qui ont pris part à l'embuscade soient totalement ou en partie responsables des victimes civiles», a précisé un autre porte-parole militaire américain, William Mitchell. Selon un journaliste de l'Agence France-Presse présent sur place, sept ou huit véhicules civils portaient des impacts de balles.
«Il est difficile pour le moment de savoir combien de civils ont été tués dans l'attentat, par les tirs de la coalition ou ceux des insurgés», a déclaré un autre porte-parole de la coalition, ajoutant qu'une enquête était en cours. Et le bilan des morts est lui aussi difficile à établir avec précision. Après avoir annoncé la mort de 16 civils, la coalition a ramené sans explication ce bilan à huit morts et 35 blessés, en contradiction avec le bilan donné un peu plus tôt par le ministère afghan de l'Intérieur. Selon le ministère, dix civils afghans ont été tués par les tirs des soldats. «Un certain nombre» de civils ont aussi péri, selon le ministère, dans l'attaque suicide, la deuxième en moins d'une semaine contre la coalition.
Mort à l'Amérique!
Peu de temps après la fusillade, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour dénoncer cette bavure des forces militaires, qu'ils ont accusées d'avoir ouvert le feu sur des civils délibérément. Les manifestants ont aussi scandé «Mort à l'Amérique!» et «Mort à [Hamid] Karzaï!». Ils ont même bloqué pendant quelques heures la route où le drame s'est produit.
Plusieurs civils ont été tués par les troupes de l'OTAN et de la coalition dans des incidents similaires ces derniers mois, notamment dans le sud de l'Afghanistan où les talibans multiplient les attaques et attentats suicide. Et le printemps pourrait être encore plus sanglant, puisque les anciens maîtres de Kaboul ont affirmé préparer une offensive ce printemps et menacé d'intensifier leur campagne d'attentats suicide. Ils distribuent d'ailleurs depuis plusieurs jours dans le sud du pays des tracts annonçant leur prochaine offensive. Ils invitent les civils à se tenir à l'écart des patrouilles et des bases des forces de l'OTAN, ainsi que des troupes gouvernementales.
L'an dernier, environ 140 attaques suicide ont frappé l'Afghanistan, contre une vingtaine en 2005. Quelque 4000 personnes, essentiellement des insurgés, des civils et des soldats afghans, ont été tuées en 2006, l'année la plus sanglante en Afghanistan depuis fin 2001, selon des chiffres officiels. Quelque 170 soldats étrangers ont été tués en 2006 et, depuis le début 2007, 20 militaires étrangers, en majorité américains, sont morts en Afghanistan.
Par ailleurs, selon des habitants de la région de Sangin, dans la province méridionale de Helmand, de violents combats s'y sont déroulés samedi, et un raid aérien des forces de l'OTAN a fait une trentaine de morts dans la population civile, dont des femmes et des enfants. Un responsable local a parlé de 11 civils tués. À Kaboul, un porte-parole de l'OTAN a confirmé que des affrontements avaient eu lieu samedi dans cette zone, mais a dit ne rien savoir de pertes civiles.
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Avec l'Agence France-Presse, Associated Press, la BBC, le New York Times et Reuters
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