Les démocrates demandent des comptes à l'administration Bush - Corée du Nord : le doute s'installe
Le renseignement américain n'est plus sûr de ses informations sur le programme nucléaire de Pyongyang
2 mars 2007
Actualités internationales
Washington — Les doutes entachant la qualité des renseignements américains sur le programme nord-coréen d'enrichissement d'uranium ont conduit les démocrates à demander des comptes à l'administration Bush, après le précédent sur l'Irak.
Les démocrates au Congrès ont réclamé hier des explications après qu'un responsable du renseignement eut reconnu il y a quelques jours que les services secrets américains n'étaient plus aussi certains désormais de l'existence du programme nord-coréen d'enrichissement d'uranium.
«Nous allons poser au Pentagone une série de questions à ce propos», a déclaré le président de la Commission des forces armées du Sénat, le démocrate Carl Levin, ajoutant qu'une lettre serait adressée au secrétaire à la Défense, Robert Gates, et probablement à la secrétaire d'État Condoleezza Rice.
«Il s'agit de quelque chose de potentiellement très significatif», a ajouté M. Levin. Le sénateur républicain John Warner a dit qu'il pensait se joindre à cette lettre.
Le responsable chargé de la Corée du Nord à la Direction nationale du renseignement (DNI), Joseph Detrani, a déclaré mardi lors d'une audition devant une commission parlementaire que le renseignement américain croyait encore à l'existence du programme nord-coréen d'enrichissement d'uranium mais qu'il avait des doutes. «Nous pensons toujours que le programme existe, mais notre certitude est à un niveau moyen», a dit M. Detrani.
Selon le New York Times, dans le langage du renseignement américain, ce niveau de certitude «moyen» signifie qu'il existe plusieurs analyses contradictoires et que l'information n'est pas complètement confirmée.
Pour le journal, cela signifie que l'administration Bush est revenue sur ses affirmations en 2002 selon lesquelles la Corée du Nord menait un programme clandestin d'enrichissement d'uranium à des fins militaires, en plus de son programme nucléaire déclaré utilisant du plutonium. Ces accusations ont conduit à l'interruption de l'accord de dénucléarisation signé en 1994 avec le régime nord-coréen.
Le New York Times, citant deux responsables de l'administration Bush non identifiés, affirme que si Washington avait les mêmes doutes quand il a proféré ces accusations en 2002, la stratégie de négociation avec la Corée du Nord aurait pu être différente. Et l'enchaînement d'événements qui a conduit Pyongyang à procéder à un essai nucléaire en octobre dernier aurait pu être aussi évité, selon le journal.
Ces interrogations rappellent le précédent irakien. Les services de renseignement avaient alors affirmé, à tort, que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, un argument qui avait servi à justifier la guerre contre l'Irak en 2003.
Une porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino, a renvoyé hier les journalistes aux services de renseignement américains. «Nous avons dit depuis longtemps que la Corée du Nord est un régime opaque. Je suis sûre que la communauté du renseignement essaie en permanence d'évaluer et de réévaluer les informations dont elle dispose. Ce que nous savons est que la Corée du Nord a testé une arme nucléaire», a-t-elle dit.
De son côté, un porte-parole du département d'État, Sean McCormack, a souligné que les Nord-Coréens avaient reconnu en 2002 mener ce programme avant d'en nier l'existence. Il a ajouté que le président pakistanais Pervez Musharraf avait confirmé dans ses mémoires que le «père» de la bombe atomique pakistanaise, A. Q. Khan, «avait vendu des équipements» aux Nord-Coréens.
Les États-Unis et le reste du monde sont aujourd'hui «en bien meilleure position pour obtenir la dénucléarisation de la péninsule coréenne qu'en 2002 ou en 1994», a déclaré M. McCormack.
Dans un accord signé le 13 février, Pyongyang s'est engagé à commencer dans les deux mois à démanteler son programme nucléaire en échange d'une aide économique et de liens diplomatiques.
Les démocrates au Congrès ont réclamé hier des explications après qu'un responsable du renseignement eut reconnu il y a quelques jours que les services secrets américains n'étaient plus aussi certains désormais de l'existence du programme nord-coréen d'enrichissement d'uranium.
«Nous allons poser au Pentagone une série de questions à ce propos», a déclaré le président de la Commission des forces armées du Sénat, le démocrate Carl Levin, ajoutant qu'une lettre serait adressée au secrétaire à la Défense, Robert Gates, et probablement à la secrétaire d'État Condoleezza Rice.
«Il s'agit de quelque chose de potentiellement très significatif», a ajouté M. Levin. Le sénateur républicain John Warner a dit qu'il pensait se joindre à cette lettre.
Le responsable chargé de la Corée du Nord à la Direction nationale du renseignement (DNI), Joseph Detrani, a déclaré mardi lors d'une audition devant une commission parlementaire que le renseignement américain croyait encore à l'existence du programme nord-coréen d'enrichissement d'uranium mais qu'il avait des doutes. «Nous pensons toujours que le programme existe, mais notre certitude est à un niveau moyen», a dit M. Detrani.
Selon le New York Times, dans le langage du renseignement américain, ce niveau de certitude «moyen» signifie qu'il existe plusieurs analyses contradictoires et que l'information n'est pas complètement confirmée.
Pour le journal, cela signifie que l'administration Bush est revenue sur ses affirmations en 2002 selon lesquelles la Corée du Nord menait un programme clandestin d'enrichissement d'uranium à des fins militaires, en plus de son programme nucléaire déclaré utilisant du plutonium. Ces accusations ont conduit à l'interruption de l'accord de dénucléarisation signé en 1994 avec le régime nord-coréen.
Le New York Times, citant deux responsables de l'administration Bush non identifiés, affirme que si Washington avait les mêmes doutes quand il a proféré ces accusations en 2002, la stratégie de négociation avec la Corée du Nord aurait pu être différente. Et l'enchaînement d'événements qui a conduit Pyongyang à procéder à un essai nucléaire en octobre dernier aurait pu être aussi évité, selon le journal.
Ces interrogations rappellent le précédent irakien. Les services de renseignement avaient alors affirmé, à tort, que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, un argument qui avait servi à justifier la guerre contre l'Irak en 2003.
Une porte-parole de la Maison-Blanche, Dana Perino, a renvoyé hier les journalistes aux services de renseignement américains. «Nous avons dit depuis longtemps que la Corée du Nord est un régime opaque. Je suis sûre que la communauté du renseignement essaie en permanence d'évaluer et de réévaluer les informations dont elle dispose. Ce que nous savons est que la Corée du Nord a testé une arme nucléaire», a-t-elle dit.
De son côté, un porte-parole du département d'État, Sean McCormack, a souligné que les Nord-Coréens avaient reconnu en 2002 mener ce programme avant d'en nier l'existence. Il a ajouté que le président pakistanais Pervez Musharraf avait confirmé dans ses mémoires que le «père» de la bombe atomique pakistanaise, A. Q. Khan, «avait vendu des équipements» aux Nord-Coréens.
Les États-Unis et le reste du monde sont aujourd'hui «en bien meilleure position pour obtenir la dénucléarisation de la péninsule coréenne qu'en 2002 ou en 1994», a déclaré M. McCormack.
Dans un accord signé le 13 février, Pyongyang s'est engagé à commencer dans les deux mois à démanteler son programme nucléaire en échange d'une aide économique et de liens diplomatiques.
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