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Blair retire ses troupes d'Irak

Le premier ministre annoncera aujourd'hui au Parlement un échéancier de retrait

Reuters   21 février 2007  Actualités internationales
Londres — Le premier ministre britannique, Tony Blair, doit annoncer aujourd'hui un échéancier de retrait des troupes britanniques d'Irak.

Selon le journal Sun et la BBC, M. Blair doit annoncer qu'un premier contingent de 1500 soldats va quitter l'Irak pour regagner la Grande-Bretagne dans quelques semaines, suivi par un autre contingent de 1500 hommes d'ici Noël.

L'échéancier de retrait était attendu depuis un certain temps. Quelque 7100 Britanniques sont actuellement déployés en Irak, ce qui représente le contingent le plus important après celui des États-Unis. La plus grande partie des troupes britanniques sont stationnées autour de la ville de Bassorah, dans le sud du pays.

L'ensemble des troupes auront été rapatriées, selon certaines informations, d'ici la fin de 2008, à condition que les conditions de sécurité dans la région qu'elles occupent soient suffisantes.

Un porte-parole du premier ministre Blair s'est refusé hier soir à confirmer ou à démentir ces informations. «Le premier ministre informera d'abord le Parlement de ces questions et c'est bien qu'il en soit ainsi», a-t-il dit.

En revanche, un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, a indiqué que M. Blair avait informé hier le président George W. Bush de son intention de commencer à retirer les soldats britanniques déployés en Irak. «Ils en ont discuté ce matin au téléphone», a déclaré le porte-parole du Conseil de la sécurité nationale.

«Nous considérons ceci comme un succès», a-t-il ajouté, en présentant ce retrait comme un signe des progrès accomplis sur le terrain. M. Bush «est reconnaissant du soutien apporté par les forces britanniques dans le passé et dans l'avenir».

«Alors que le Royaume-Uni maintient une force solide dans le sud de l'Irak, nous sommes contents que les conditions à Bassorah se soient suffisamment améliorées pour que [les Britanniques] soient en mesure de transférer davantage le contrôle aux Irakiens», a-t-il dit.

«Les États-Unis ont le même objectif, qui est de transférer les responsabilités aux forces de sécurité irakiennes et de réduire le nombre de soldats américains en Irak», a-t-il dit.

Depuis le début de l'invasion de l'Irak en mars 2003, 132 militaires britanniques ont perdu la vie, contre 3127 soldats américains. La guerre a en outre entraîné la mort d'au moins 34 452 Irakiens, uniquement en 2006, selon les Nations unies.

À Bagdad, où se poursuit depuis une semaine une vaste opération de rétablissement de la sécurité menée en collaboration avec l'armée américaine, le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a sommé hier les forces de sécurité d'«écraser» les insurgés.

S'aventurant dans les rues de la capitale, le dirigeant chiite en a appelé à la fin des divisions entre communautés qui menacent de faire basculer le pays dans la guerre civile.

La télévision publique Irakiya a diffusé des images de M. Maliki dialoguant, à proximité d'un véhicule de transport blindé dans le centre-ville, avec un militaire irakien qui désigne de la main un secteur d'où sont partis des tirs rebelles en direction des forces de sécurité. «Ne vous contentez pas de riposter, écrasez l'endroit d'où sont partis les tirs. Ne faites pas preuve de clémence envers eux. Ceci est un véhicule blindé, il faut que vous vous en serviez!», ordonne-t-il au militaire.

Le premier ministre a rencontré des Bagdadis chassés de leur domicile par les violences intercommunautaires opposant la majorité chiite à la minorité sunnite. Il leur a promis qu'ils rentreraient dans leurs quartiers en «héros».

Trois attentats ont fait 17 morts de morts hier à Bagdad, où les insurgés entretiennent la tension en dépit de la vigoureuse opération de sécurité irako-américaine.
 
 
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