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Le gouvernement colombien touché par le scandale de la «parapolitique»

20 février 2007  Actualités internationales
Bogotá — La ministre des Affaires étrangères démissionnaire Maria Consuelo Araujo a été hier la première victime au sein du gouvernement colombien du scandale de la «parapolitique» démontrant les liens étroits entre les dirigeants et les puissantes milices d'extrême droite.

«J'ai pris ma décision, et je m'en vais du gouvernement. Je m'en vais pour une raison: parce que je ne suis attachée à aucune fonction, mais aux résultats obtenus pour le bien du pays», a déclaré au cours d'une conférence de presse la ministre, de la famille de laquelle plusieurs membres sont accusés de liens avec les groupes paramilitaires.

Son frère, le sénateur colombien Alvaro Araujo, interpellé jeudi à Bogota, est accusé de «séquestre à des fins d'extorsion» de fonds et de liens avec les groupes paramilitaires.

Avant son arrestation, Alvaro Araujo avait déclaré menaçant: «S'ils [les juges] viennent me chercher, ils iront également chercher ma soeur et le président Alvaro Uribe.»

Plusieurs autres membres de la famille de Maria Consuelo Araujo, dont son père et un autre frère, font actuellement l'objet d'une enquête de la Cour suprême.

Depuis la fin de semaine, la presse comme toute l'opposition exigent, bien que reconnaissant son innocence totale, le départ du gouvernement de Mme Araujo.

«La brillante carrière dans le service public d'Araujo ne permet pas d'occulter qu'elle est devenue le visage de la Colombie à l'extérieur et pour cette raison, l'image de sa famille sous le glaive de la justice entraîne dans son sillage tous les Colombiens du monde», écrit dans son éditorial l'hebdomadaire El Espectador.

Depuis jeudi le président Alvaro Uribe a répété à nombreuses reprises qu'il était exclu de se séparer de son ministre. «Elle devra expliquer au monde sa situation délicate, mais je ne sacrifierai pas une innocente pour des questions d'image», déclarait-il encore samedi.

Mais la pression sur le président a été trop forte et hier il a finalement dû céder.

D'autant plus que sa propre famille est elle-même mise en cause par un sénateur de gauche. Fin janvier le sénateur d'opposition Gustavo Petro (pôle démocratique) avait dénoncé des menaces de mort d'un groupe paramilitaire baptisé «les aigles noirs».

Selon M. Petro, ces menaces ont commencé lorsqu'il a rendu publique son intention de lancer un débat sur les liens entre les hommes politiques et les milices d'extrême droite dans le département d'Antioquia où M. Uribe a été gouverneur. Sans mettre directement en cause Alvaro Uribe, M. Petro accuse directement le frère du président Santiago Uribe, un propriétaire terrien, d'être lié aux milices d'extrême droite.

En attendant les têtes continuent de tomber, les membres de la Cour suprême qui ont reçu en fin de semaine des menaces de mort, ont mis sous les verrous cinq congressistes de la majorité présidentielle. Un sixième est en fuite à l'étranger.

Et le 2 février, soixante personnalités colombiennes — dont un ex-candidat présidentiel, un ancien ministre, des militaires et des hauts fonctionnaires — ont été appelées à comparaître devant la Cour suprême, une étape préliminaire à un procès, toujours pour être interrogées sur les liens entre les responsables politiques et les groupes paramilitaires.

Ces milices fortes de dizaines de milliers d'hommes avaient été créées il y a une vingtaine d'années par de grands propriétaires terriens, avec le consentement des autorités, pour défendre leurs exploitations des enlèvements et des attaques de la guérilla.
 
 
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