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Proche-Orient - Un sommet aux maigres résultats

Reuters   20 février 2007  Actualités internationales
Condoleezza Rice
Photo : Agence Reuters
Condoleezza Rice
Jérusalem — Le sommet entre le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, et le président palestinien, Mahmoud Abbas, organisé hier à Jérusalem par Condoleezza Rice n'a vraisemblablement pas permis de relancer le processus de paix dans la région.

Au cours de cette réunion, qui n'a duré que deux heures, Abbas et Olmert sont convenus de se revoir dans un proche avenir et Rice a promis de revenir dans la région.

«Nous affirmons tous les trois notre engagement en faveur d'une solution à deux États et sommes d'accord sur le fait qu'un État palestinien ne peut naître de la violence et de la terreur», a dit Rice, en lisant le communiqué final adopté à l'issue du sommet. Elle a ajouté que les deux hommes avaient «réaffirmé leur acceptation des accords et des engagements passés», et notamment leur attachement à la «feuille de route» internationale, qui détaille les mesures dans le cadre du processus de paix.

Un responsable américain a affirmé que la rencontre entre Abbas et Olmert aurait lieu «dans les prochaines semaines».

Un conseiller d'Abbas a précisé que des responsables des deux parties se retrouveraient dans une dizaine de jours pour préparer la nouvelle rencontre.

Aucune conférence de presse commune n'a été organisée après le sommet et ni Abbas ni Olmert n'accompagnaient Rice quand elle a lu le communiqué.

«On a estimé que ce n'était pas la bonne façon de conclure ce sommet», a dit Rice aux journalistes voyageant avec elle et qui l'interrogeaient sur l'absence de conférence de presse.

Quand ce sommet avait été annoncé le mois dernier, beaucoup s'attendaient à ce qu'Olmert et Abbas se penchent sur certains gros dossiers, comme le statut de Jérusalem, le retour des réfugiés ou les contours du futur État palestinien.

Mais Rice avait, par avance, réduit ses ambitions en estimant trois jours avant le sommet que ses chances de réussite avaient été «compliquées» par l'accord conclu une semaine plus tôt à La Mecque par Abbas avec les dirigeants du Hamas pour former un gouvernement d'unité sans que le mouvement islamiste s'engage pour autant à reconnaître Israël.

Elle a refusé de détailler la teneur des discussions entre Olmert et Abbas, mais a souligné qu'elles avaient porté sur «l'horizon politique» ainsi que sur l'accord de gouvernement entre le Fatah et le Hamas. «Le véritable mérite [de ce sommet] est qu'ils se sont assis autour de la table pour discuter», a estimé Rice.

Un haut responsable palestinien qui a assisté au sommet a déclaré à Reuters: «Olmert a dit à Abbas pendant la réunion: "Vous m'avez trahi" en concluant un accord avec le Hamas. Le président Abbas lui a répondu: "Vous ne m'avez rien donné et vous n'avez pas tenu vos engagements".» Le cabinet du premier ministre israélien a refusé de réagir à cette affirmation.

Olmert a déclaré après le sommet dans un enregistrement destiné à son parti, Kadima, qu'il était tombé d'accord avec les États-Unis pour boycotter le futur gouvernement d'union palestinien s'il ne satisfaisait pas aux trois exigences du Quartet (reconnaissance d'Israël et des accords passés et renonciation à la violence).

Rice a rappelé quant à elle que cette position était celle du Quartet de médiateurs (ONU, États-Unis, Russie et Union européenne).

«[Je remercie Washington] pour cette position sans équivoque selon laquelle les États-Unis ne reconnaîtront pas un gouvernement qui n'accepte pas les principes du Quartet», a dit Olmert.

Saëb Erekat, un proche d'Abbas, a souligné que Rice avait clairement affirmé que le gouvernement palestinien devrait «accepter les accords passés».

À Gaza, le premier ministre Ismaïl Haniyeh, qui est issu du Hamas, a déclaré que les États-Unis devaient revoir leur position, car la création d'un gouvernement d'union palestinien élargit selon lui la marge de manoeuvre politique.

Le Quartet doit se réunir demain à Berlin pour discuter de ce sommet et des perspectives qu'ouvre la formation d'un gouvernement palestinien d'union.
 
 
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