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Bagdad ferme ses frontières avec la Syrie et l'Iran

Les mesures de sécurité sont renforcées dans la capitale

14 février 2007  Actualités internationales
Des soldats américains surveillaient le site de la construction d’un point de contrôle hier à Bagdad.
Photo : Agence Reuters
Des soldats américains surveillaient le site de la construction d’un point de contrôle hier à Bagdad.
Bagdad — Des mesures de sécurité permettant d'étendre considérablement les pouvoirs de la police et de l'armée à Bagdad vont être instaurées et les frontières irakiennes avec l'Iran et la Syrie seront fermées pendant au moins trois jours.

Le général Abboud Gambar, qui a fait cette annonce hier à la télévision publique irakienne Al-Iraqia, n'a pas précisé quand ces mesures pendraient effet.

Après 24 heures d'attentats sanglants dans la capitale, il a annoncé la fermeture à venir des frontières, précisant que deux postes-frontières avec la Syrie et quatre autres avec l'Iran seraient rouverts au bout de 72 heures. Le couvre-feu pour les véhicules, sera renforcé, et imposé à partir de 20h, jusqu'à 6h du matin.

Le général a aussi annoncé une série de mesures qui, lorsqu'elles seront instaurées, pourraient considérablement restreindre les libertés publiques dans la capitale.

Il a annoncé qu'un seul chef des opérations prendrait la direction des forces de sécurité du ministère de la Défense et de l'Intérieur à Bagdad, sous la supervision du premier ministre, un poste qu'il occupera lui-même.

Le général Gambar a également annoncé la suspension à venir du droit au port d'armes pour tout personnel non autorisé.

Ces annonces interviennent après des attentats qui ont tué près de 80 personnes lundi et au moins 23 autres hier, à Bagdad, dont les habitants sont épuisés par les attaques quotidiennes, enlèvements et assassinats.

À Washington

La Chambre des représentants américaine a ouvert hier un débat très attendu sur l'Irak, devant déboucher en fin de semaine sur un désaveu cinglant de la conduite de la guerre par le président George W. Bush.

Un ancien combattant nouvellement élu à la Chambre, le démocrate Patrick Murphy, a expliqué qu'il entendait, en adoptant un projet de résolution non contraignante, «dire à l'administration que nous sommes contre l'escalade et dire d'une seule voix que le Congrès ne donnera plus un chèque en blanc pour les échecs du président».

Républicains et démocrates devront voter, sans doute vendredi, sur un texte lapidaire stipulant que le Congrès désapprouve la décision du président George W. Bush annoncée le 10 janvier 2007 de déployer plus de 20 000 militaires de combat supplémentaires en Irak.

Le projet de résolution non contraignante précise également que le Congrès et le peuple américain vont continuer à soutenir et protéger les membres des forces armées américaines qui servent ou ont servi courageusement et honorablement en Irak, une déclaration qui fait l'unanimité dans le pays sans engager les parlementaires à continuer de financer la guerre, une question épineuse qui divise la nouvelle majorité démocrate.

La Maison-Blanche a déjà prévenu à plusieurs reprises qu'elle n'entendait pas changer de stratégie sous la pression d'un texte non contraignant.

Ce débat est esouhaité par l'opinion américaine, qui a lourdement sanctionné le parti républicain du président Bush aux élections de novembre: 51 % des Américains sont favorables à l'adoption d'un tel texte non contraignant, selon un sondage publié hier dans USA Today.

L'état-major républicain, en contact étroit avec la Maison-Blanche, dénonce quant à lui dans ce débat sans conséquence concrète de la «gesticulation politicienne de la pire espèce», comme le Texan Ted Poe.
 
 
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