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En échange d'une aide de 300 millions - Pyongyang accepte des mesures de désarmement

Reuters   14 février 2007  Actualités internationales
Christopher Hill
Photo : Agence Reuters
Christopher Hill
Pékin — Signe de réchauffement sur la planète diplomatique, la Corée du Nord a accepté hier de prendre des mesures en vue de son désarmement nucléaire dans le cadre d'un accord qui vaudra une aide de 300 millions de dollars environ à ce pays communiste isolé en proie à la misère.

Aux termes de l'accord, Pyongyang fermera le réacteur de Yongbyon dont dépend son programme nucléaire et autorisera des inspections internationales du site. Pour sa part, Washington envisage à la fois un adoucissement des sanctions commerciales et le dégel de ses relations avec la dictature communiste. D'ici deux mois, devraient débuter des discussions bilatérales en vue d'établir des relations, apaisées sinon normales, entre les deux pays.

Les Américains ont aussi décidé de régler dans les 30 jours la question des comptes bancaires nord-coréens bloqués à Macao, a déclaré le négociateur américain Christopher Hill.

«Nous estimons qu'il s'agit d'un premier pas très important vers la dénucléarisation de la Corée du Nord et de la péninsule coréenne», a déclaré à Washington le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow. Il a cependant ajouté que les dirigeants de Pyongyang restaient exposés au risque de sanctions internationales s'ils enfreignaient les dispositions de l'accord.

Selon l'agence nord-coréenne KCNA, les autres parties ont décidé d'apporter une aide économique et énergétique équivalant à une tonne de fioul lourd en contrepartie de l'arrêt d'activité «temporaire» des installations nucléaires de la Corée du Nord.

Les sanctions commerciales américaines seront levées peu à peu au bénéfice d'un pays que le président George Bush associait naguère à l'Irak et à l'Iran dans un «axe du mal».

Hormis les Japonais, toujours braqués sur le contentieux de ses ressortissants kidnappés par des espions nord-coréens dans les années 1960-70, les quatre autres nations (États-Unis, Chine, Corée du Nord et Russie) se sont engagées à fournir une aide énergétique équivalente à un million de tonnes de pétrole au «royaume ermite», pris à la gorge par une pénurie chronique. La livraison se fera au compte-goutte: 50 000 tonnes de pétrole si, comme promis dans l'accord, Pyongyang ferme son réacteur nucléaire de Yongbyon dans les deux mois. Les 950 000 tonnes restantes n'arriveront à destination qu'après la désactivation totale du réacteur, approuvée par une inspection de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le projet ne représente qu'une première étape dans la localisation et le démantèlement des activités nucléaires de la Corée du Nord. Nombre de questions cruciales nécessiteront de nouvelles négociations.

La question de savoir si la Corée du Nord dispose d'un programme d'uranium hautement enrichi est l'une de celles qui restent en suspens. Pyongyang n'a pas reconnu l'existence d'un tel programme.

Snow a souligné que l'objectif visé était bien là: «Quand ce point sera réglé, il n'y aura aucune technologie nucléaire en Corée du Nord, un point c'est tout.»

Ce million de tonnes de fioul aurait une valeur d'environ 300 millions de dollars au cours actuel du fioul lourd, utilisé notamment pour les centrales électriques et la navigation.

Les mesures convenues n'incluent pas encore la fourniture de 2000 mégawatts d'électricité promis par la Corée du Sud dans le cadre d'un accord intervenu entre les six en septembre 2005, cet approvisionnement étant censé intervenir après la dénucléarisation complète de la Corée du Nord.

L'approvisionnement en électricité, d'un coût estimé à 8,55 milliards de dollars, serait à peu près égal à la production actuelle de la Corée du Nord.

Les pourparlers de Pékin ont principalement porté sur la mise en oeuvre de la déclaration commune de septembre 2005, qui prévoyait la fermeture des installations nucléaires de Pyongyang en échange d'assurances en matière d'aide et de sécurité.
 
 
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