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Un couvre-feu est imposé à Beyrouth

Le Liban a reçu des engagements d'aide de 7,6 milliards à la conférence de Paris

Des soldats libanais tentaient de se protéger hier à Beyrouth.
Photo : Agence Reuters
Des soldats libanais tentaient de se protéger hier à Beyrouth.
Un couvre-feu a été imposé hier soir à Beyrouth après des violences entre opposants et partisans du gouvernement qui ont embrasé des quartiers musulmans de la capitale libanaise, faisant au moins quatre morts et plus de 150 blessés. La situation intérieure a relégué au second plan les 7,6 milliards de dollars obtenus pour le Liban lors d'une conférence de donateurs à Paris.

Cette explosion de violence, d'une intensité sans précédent entre sunnites et chiites depuis la fin de la guerre civile (1975-1990), est survenue 48 heures après la grève générale organisée par l'opposition, qui avait déjà été émaillée de violences meurtrières.

Elle a coïncidé avec la conférence d'aide internationale pour le Liban, tenue hier à Paris, où la communauté internationale a renouvelé son soutien au premier ministre Fouad Siniora et promis une aide de 7,6 milliards au Liban.

Depuis Paris, M. Siniora, aux prises depuis près de deux mois avec une fronde de l'opposition qui réclame sa démission, a lancé un appel à la sagesse des Libanais, leur demandant de refuser l'escalade.

Hassan Nasrallah, le chef du puissant parti chiite Hezbollah, qui mène l'opposition aux côtés de partis chrétiens, a de son côté appelé ses partisans à respecter le couvre-feu et à suivre les ordres de l'armée, qui s'est déployée en masse dans la ville.

Avant le début du couvre-feu, le calme était en grande partie revenu dans Beyrouth, où les soldats patrouillaient dans les rues et avaient mis en place des barrages où ils contrôlaient les identités.

Des dizaines de carcasses de voitures calcinées jonchaient les rues, désertées par les manifestants après les appels au calme lancés par les dirigeants de la majorité antisyrienne comme de l'opposition.

Les affrontements à coups de pierres et de bâtons avaient commencé à l'Université arabe, située dans le sud de Beyrouth, après une bagarre entre étudiants. Les scènes d'émeutes se sont ensuite étendues aux quartiers limitrophes et à d'autres secteurs peuplés de sunnites et de chiites.

L'armée a immédiatement déployé des centaines de soldats appuyés par des blindés ainsi que des unités de commando spéciales, qui ont ouvert le feu en l'air de façon nourrie pour tenter de séparer les ennemis mais qui ont été accueillis par des jets de pierres et des coups de bâton.

Le chef sunnite de la majorité parlementaire, Saad Hariri, ainsi que le Hezbollah ont appelé leurs partisans à quitter les rues. Hassan Nasrallah a lancé un appel dans le même sens. Le président du Parlement, Nabih Berri, personnalité chiite de l'opposition et chef du mouvement Amal, a lui aussi appelé au calme.

Le ministre de l'Éducation, Khaled Kabbani, a annoncé la fermeture de toutes les écoles et universités du Liban jusqu'à lundi.

Des bagarres similaires avaient éclaté mardi à Beyrouth, lors de la journée de grève générale organisée par l'opposition, soutenue par Damas et Téhéran. Les affrontements avaient fait trois morts dans le nord du pays et 133 blessés, par des tirs ou des jets de pierres, à travers le Liban.

En organisant cette journée de grève, qui a paralysé le pays, l'opposition entendait marquer, à deux jours de la conférence de Paris, une escalade dans la contestation antigouvernementale lancée le 1er décembre.

Le précédent couvre-feu au Liban, le 29 février 1996, avait été maintenu pendant 11 heures afin d'empêcher des manifestations syndicales.
 
 
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