Moscou fulmine - Prague et Varsovie sont priés d'accueillir des bases antimissiles
Washington a contacté la République tchèque et la Pologne pour négocier
23 janvier 2007
Actualités internationales
Prague — Washington a officiellement demandé à la République tchèque et à la Pologne de servir de bases européennes au bouclier antimissiles américain, suscitant les protestations immédiates de la Russie.
«Les États-Unis ont contacté la République tchèque et la Pologne et vont commencer à négocier sur le possible déploiement de leurs équipements de défense antimissile», a annoncé hier l'ambassade américaine à Prague dans un communiqué selon lequel «aucune décision finale n'a été prise et aucun calendrier de négociation établi».
Les Américains qui se sont déjà dotés d'un réseau de satellites d'alerte, de radars de détection, ainsi que d'intercepteurs de missiles en Alaska et en Californie, souhaitent compléter leur système de défense pour parer à d'éventuelles attaques d'Iran ou de Corée du Nord en déployant un radar et dix intercepteurs supplémentaires en Europe d'ici 2011.
Des experts américains ont déjà effectué plusieurs missions d'études en territoire tchèque et polonais pour ce projet qui représente un investissement de plus de 1,5 milliard.
Pour présenter une proposition ferme, Washington attendait que la République tchèque, paralysée par une crise politique depuis les élections législatives de juin dernier, soit dotée d'un gouvernement stable, selon des sources diplomatiques concordantes.
La demande officielle des Américains a été transmise à Prague vendredi, le jour même de la confirmation du nouveau gouvernement tchèque par le parlement. Dès le lendemain, le premier ministre libéral Mirek Topolanek a annoncé à la presse avoir reçu la proposition.
Cette proposition a suscité les protestations immédiates de la Russie qui voit d'un très mauvais oeil tout déploiement d'équipement américain antimissiles en Europe centrale.
«Notre analyse conclut que l'installation d'une base américaine créera une menace évidente pour la Russie», a déclaré hier le commandant des forces spatiales russes, le général Vladimir Popovkine, cité par l'agence Itar-Tass. Si une telle base était installée en Turquie, pays de l'OTAN «beaucoup plus proche de l'Iran, aucune question ne se poserait», a-t-il souligné.
«Je doute que les trajectoires des missiles iraniens ou nord-coréens passent par la Pologne et la République tchèque», a poursuivi le général en relevant qu'en revanche, une station de radars en territoire tchèque permettrait «d'observer les activités des installations de missiles de la partie centrale de la Russie ou de la Flotte du Nord».
À Washington, le porte-parole du département d'État Sean McCormack a affirmé hier que ce projet de bouclier antimissiles «ne vise pas la Russie, mais ces États irresponsables qui pourraient posséder de la technologie menaçante pour nos amis et alliés, et pour les États-Unis».
Toute décision nécessitera le feu vert de la chambre basse du parlement tchèque où les avis sont assez partagés, notamment du fait que le bouclier américain ne s'inscrit pas pour l'instant dans le système de défense antimissiles que prépare l'OTAN.
À Varsovie, la proposition américaine suscite également des réticences et le gouvernement polonais veut des garanties supplémentaires de sécurité, de peur notamment de la réaction de Moscou.
«Les États-Unis ont contacté la République tchèque et la Pologne et vont commencer à négocier sur le possible déploiement de leurs équipements de défense antimissile», a annoncé hier l'ambassade américaine à Prague dans un communiqué selon lequel «aucune décision finale n'a été prise et aucun calendrier de négociation établi».
Les Américains qui se sont déjà dotés d'un réseau de satellites d'alerte, de radars de détection, ainsi que d'intercepteurs de missiles en Alaska et en Californie, souhaitent compléter leur système de défense pour parer à d'éventuelles attaques d'Iran ou de Corée du Nord en déployant un radar et dix intercepteurs supplémentaires en Europe d'ici 2011.
Des experts américains ont déjà effectué plusieurs missions d'études en territoire tchèque et polonais pour ce projet qui représente un investissement de plus de 1,5 milliard.
Pour présenter une proposition ferme, Washington attendait que la République tchèque, paralysée par une crise politique depuis les élections législatives de juin dernier, soit dotée d'un gouvernement stable, selon des sources diplomatiques concordantes.
La demande officielle des Américains a été transmise à Prague vendredi, le jour même de la confirmation du nouveau gouvernement tchèque par le parlement. Dès le lendemain, le premier ministre libéral Mirek Topolanek a annoncé à la presse avoir reçu la proposition.
Cette proposition a suscité les protestations immédiates de la Russie qui voit d'un très mauvais oeil tout déploiement d'équipement américain antimissiles en Europe centrale.
«Notre analyse conclut que l'installation d'une base américaine créera une menace évidente pour la Russie», a déclaré hier le commandant des forces spatiales russes, le général Vladimir Popovkine, cité par l'agence Itar-Tass. Si une telle base était installée en Turquie, pays de l'OTAN «beaucoup plus proche de l'Iran, aucune question ne se poserait», a-t-il souligné.
«Je doute que les trajectoires des missiles iraniens ou nord-coréens passent par la Pologne et la République tchèque», a poursuivi le général en relevant qu'en revanche, une station de radars en territoire tchèque permettrait «d'observer les activités des installations de missiles de la partie centrale de la Russie ou de la Flotte du Nord».
À Washington, le porte-parole du département d'État Sean McCormack a affirmé hier que ce projet de bouclier antimissiles «ne vise pas la Russie, mais ces États irresponsables qui pourraient posséder de la technologie menaçante pour nos amis et alliés, et pour les États-Unis».
Toute décision nécessitera le feu vert de la chambre basse du parlement tchèque où les avis sont assez partagés, notamment du fait que le bouclier américain ne s'inscrit pas pour l'instant dans le système de défense antimissiles que prépare l'OTAN.
À Varsovie, la proposition américaine suscite également des réticences et le gouvernement polonais veut des garanties supplémentaires de sécurité, de peur notamment de la réaction de Moscou.
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