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Saddam Hussein ne sauvera pas sa tête

Le nombre de victimes américaines en Irak dépasse le bilan du 11-septembre

La justice irakienne l'a confirmé, Saddam Hussein sera pendu d'ici 30 jours. Aux yeux de bien des Étasuniens, cela ne ramènera pas à la vie les 2978 soldats américains tués en Irak qui ont, pour la première fois hier, dépassé en nombre les 2973 victimes des attentats du 11 septembre 2001. Le président George W. Bush «pleure» chacun des soldats américains tués en Irak, mais veillera à ce que «leur sacrifice n'ait pas été vain», a déclaré hier un porte-parole de la Maison-Blanche après que le nombre de ces morts eut franchi ce seuil symbolique. Critiqué pour l'engagement militaire des États-Unis dans le conflit qui s'enlise, le président Bush s'est défendu en décrivant l'Irak comme le principal front de la «guerre contre le terrorisme» et comme un enjeu de la lutte pour la démocratie au Proche-Orient.

«La guerre contre le terrorisme est un long combat [...] et le devoir de cette génération est de combattre les terroristes pour empêcher une attaque contre notre pays d'une ampleur plus grande que celle du 11-septembre», a-t-il rappelé par la voix du porte-parole Scott Stanzel à Crawford au Texas, où le président Bush est arrivé hier pour passer les derniers jours de l'année dans son ranch.

Pendant ce temps à Bagdad, Saddam Hussein, considéré par plusieurs comme étant l'instigateur du conflit ayant mené à l'intervention étasunienne en Irak, vient de voir confirmer sa condamnation à mort par la cour d'appel du Haut Tribunal pénal irakien. Selon la justice irakienne, la sentence devrait être exécutée dans les 30 jours. Mais la date exacte de l'exécution n'est pas précisée puisqu'elle «relève du pouvoir exécutif», a indiqué le Haut Tribunal pénal irakien.

Pour l'instant, le président d'origine kurde de l'Irak, Jalal Talabani, s'est opposé au châtiment, mais il pourrait tout de même donner le pouvoir de ratifier cette décision à un de ses deux vice-présidents. Selon lui, le tribunal devrait attendre la fin d'un autre procès où Saddam Hussein est accusé, avec six anciens dirigeants, d'avoir causé la mort de plus de 180 000 Kurdes en 1987-88. Toutefois, il semblerait qu'aucune autorité, pas même le président de la République, ne puisse user du droit de grâce ni même commuer les peines prononcées. «Après 30 jours, l'application de la sentence sera obligatoire», a déclaré le président du Haut Tribunal, Aref Abdul Razzak al-Chahine.

L'appel est donc demeuré vain et la décision de la justice irakienne n'a pas bougé depuis le 5 novembre dernier, jour où le Haut Tribunal avait annoncé, après neuf mois de procès, la condamnation à mort de l'ancien dictateur, de son demi-frère Barzan al-Tikriti, ancien chef des services de renseignement, et d'un autre magistrat. Tous trois avaient alors été condamnés à la pendaison pour crimes contre l'humanité, entre autres pour l'exécution de 148 villageois chiites de Doujail, dans les années 1980, en représailles à un attentat contre le convoi présidentiel. Selon un magistrat du Haut Tribunal pénal cité par l'agence AP sous le couvert de l'anonymat, la cour aurait également rejeté l'appel des deux autres condamnés accompagnant Saddam Hussein.

Des réactions mitigées

À Bagdad, la capitale, la nouvelle de la confirmation de l'exécution de Saddam Hussein n'a pas causé d'émoi. Plusieurs résidants interviewés par les diverses chaînes de télévision sur place ont déclaré que cette condamnation ne changerait rien à la violence qui continue de faire rage.

Des responsables sunnites ont toutefois dénoncé un «verdict politique» rendu par la majorité chiite désormais au pouvoir. «Tout criminel doit recevoir ce qu'il mérite, qu'il s'agisse de Saddam ou de toute autre personne, mais avec un procès équitable. Ils ont fait du procès de Saddam un spectacle», a affirmé Salim al-Djibouri, responsable du Parti islamique, la principale formation sunnite représentée au Parlement irakien.

L'Inde, qui avait des relations étroites avec l'Irak du temps de Saddam Hussein, a quant à elle appelé à la clémence après la confirmation de la peine de mort contre l'ex-dictateur. Ce pays grand consommateur de pétrole, qui abrite quelque 130 millions de musulmans, serait très attentif à ses relations avec ses partenaires du Golfe fournisseurs d'or noir. «L'Inde espère que la peine de mort contre l'ancien président irakien Saddam Hussein ne sera pas appliquée», a annoncé l'agence Press Trust of India (PTI), citant un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

À la Maison-Blanche, on se réjouit de la confirmation de cette condamnation à la peine capitale. «Aujourd'hui marque un jalon important dans les efforts du peuple irakien pour remplacer le régime d'un tyran par l'État de droit», a déclaré l'un de ses porte-parole, Scott Stanzel.

Pour le Pentagone, le système judiciaire irakien «a suivi ses propres règles et procédures et est parvenu à ses propres conclusions».

Amnistie internationale n'est pas du tout de cet avis et a fait part de sa déception après la confirmation des sentences de mort. «Nous sommes contre la peine de mort, par principe, et plus encore dans cette affaire, car le procès n'a pas été équitable», a dit une porte-parole de cette organisation de défense des droits de l'homme.

Pour le principal avocat de l'ancien «raïs», Khalil al-Doulaïmi, «si la sentence est exécutée, ce sera une catastrophe pour la région et cela ne fera qu'aggraver les conflits religieux».

Violences interminables

Tandis qu'on apprend que Saddam Hussein ne sera plus de ce monde d'ici 30 jours, les violences continuent en Irak et le bilan des morts ne cesse de s'alourdir. Au moins 44 personnes ont été tuées hier en Irak, dont 25 personnes dans un triple attentat coordonné à la voiture piégée dans l'ouest de Bagdad. Plus de 55 personnes ont été blessées, a précisé un médecin d'un hôpital de la capitale où les victimes ont été admises.

Une autre voiture piégée a explosé près d'une mosquée de Bagdad, faisant sept morts et 25 blessés. Dans le centre de la ville, une bombe a explosé dans un marché à ciel ouvert, tuant cinq personnes et en blessant 14, d'après la police. Les explosifs étaient dissimulés dans un lecteur de CD livré à une boutique de réparation de matériel électronique. L'homme qui l'avait apporté et demandé une réparation a quitté les lieux avant la déflagration. Ailleurs au pays, sept personnes dont trois civils ont trouvé la mort sous les bombes. De son côté, l'armée américaine a confirmé hier la mort de quatre autres soldats étasuniens. Le Pentagone devrait quant à lui envoyer 3500 hommes au Koweït pour qu'ils se tiennent prêts à intervenir en Irak, a déclaré hier un haut responsable de la défense.

Cette force aurait été réclamée par le général John Abizaid, chef du commandement militaire responsable du Proche-Orient, et elle doit être approuvée par le secrétaire à la Défense, Robert Gates.

Le responsable, qui s'exprimait sous le sceau de l'anonymat, a dit ne pas savoir si Gates avait déjà approuvé le déploiement, mais selon lui, l'annonce devrait être faite dès aujourd'hui. L'unité proviendrait de Fort Bragg et elle remplacerait la force de réserve au Koweït déployée cette année en zone de guerre. Elle pourrait arriver au Koweït à la mi-janvier, a dit le responsable.

Le Devoir,

avec AFP, AP et Reuters
 
 
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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 07h36
    Irréalisme à tout va!
    Rapprocher le nombre de victimes américaines en Irak du nombre de victimes des attentats du 11 septembre 2001, qui atteignait 2 973, a quelque chose de tendancieux. Ce rapprochement pourrait faire croire - mais ne serait-ce pas le but visé dans certains milieux - que les victimes du 11 septembre ont quelque chose à voir avec l'Irak Même si l'administration Bush justifiait l'attaque de l'Irak par des liens entre Saddam Hussein et les terroristes d'al-Quaïda, on sait qu'il n'est est rien, comme des armes de destruction massive. Il n'y a aucun lien entre les victimes du 11 septembre et l'Irak.

    Et lorsque G.W, Bush parle de l'Irak comme du principal front de la «guerre contre le terrorisme», il oublie que c'est lui qui a ouvert la porte au terrorisme en Irak, en envahissant ce pays sans en mesurer les conséquences.

    La lutte contre le terrorisme, suscitée par l'attentat meurtrier du 11 septembre, ne passait pas par l'Irak, mais les conseillers de Bush en avaient décidé autrement, sans s'embarrasser de preuves (ou en en fabriquant), ni de l'agrément de l'ONU. On en voit aujourd'hui le résultat. Que G.W. Bush se réjouisse de la condamnation à mort de Saddam Hussein n'a rien de surprenant. Comme gouverneur du Texas, il a fait exécuter nombre de condamnés, ce qui est d'ailleurs assez étonnant de la part d'un homme qui fait largement appel à des convictions religieuses.
    Déclarer, à propos de la confirmation de la peine de mort de S. Hussein que : «Aujourd'hui marque un jalon important dans les efforts du peuple irakien pour remplacer le régime d'un tyran par l'État de droit», relève d'une analyse tout aussi fantaisiste, que tous ses propos sur la situation en Irak. On a l'impression que le président Bush, qui a ouvert «la boîte de Pandore» dont lui avait partlé le président Chirac au moment de l'invasion projetée de l'Irak, et qui ne sait comment la refermer, utilise la méthode Coué pour se persuader que tout va bien et ira encore mieux dans les jours à venir. On sait que la méthode Coué est une forme d'autosuggestion basée sur la persuasion par la répétition, censée entraîner l'adhésion du sujet aux idées positives qu'il s'impose et ainsi un mieux-être psychologique. Cette méthode tient son nom des travaux du psychologue et pharmacien français Émile Coué (1857 - 1926). On l'avait surnommé «le marchand de bonheur» aux États-Unis.

    Il est fort douteux qu'avec une telle méthode G.W. Bush apporte en Irak, sinon le bonheur, du moins la sécurité. Et l'exécution de Saddam Hussein ne contribuera certainement pas à instaurer la démocratie et la paix dans ce pays. Les propos de l'avocat du condamné risquent fort de devenir réalité : «Si la sentence est exécutée, ce sera une catastrophe pour la région et cela ne fera qu'aggraver les conflits religieux». Et aggraver aussi la situation du président des États-Unis dans son propre pays.

  • pell47
    Inscrit
    mercredi 27 décembre 2006 19h25
    Saddam hssein et les armes de destruction massive.
    M.Bush est entré en Irak parce qu'iol soupçponnait Sadam Hussein d'avoir des armes de destruction massive.Après maintes recherches ils(les américains) n'ont pabsolument rien trouvé.À l'exception du pétrole.C'est rendu une guerre civile et le président des états unis est entrain de perdre la guerre et a fait tué 3000 de ses soldats.Il est vraiment temps que son mandat finisse.

  • jean jablonski
    Inscrit
    vendredi 29 décembre 2006 06h45
    Peine de mort de saadam hussein
    Il n'a que ce qu'il mérite mais le temps d'attente est trop court

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