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Irak - Nouvel enlèvement collectif à Bagdad

Un groupe lié à al-Qaïda profite de la visite de Tony Blair pour appeler à la guerre anti-chiites

18 décembre 2006  Actualités internationales
À Bassora, Tony Blair a salué le courage des 7100 soldats britanniques déployés dans cette région.
Photo : Agence Reuters
À Bassora, Tony Blair a salué le courage des 7100 soldats britanniques déployés dans cette région.
Bagdad — Un enlèvement spectaculaire de civils et de membres du Croissant-Rouge irakien, le deuxième du genre cette semaine, s'est produit hier au moment où le premier ministre britannique Tony Blair effectuait une visite-surprise en Irak lors de laquelle il a exprimé son soutien à son homologue Nouri al-Maliki et salué le travail des soldats britanniques.

Arrivé dans le plus grand secret hier matin en Irak, Tony Blair a réaffirmé le soutien de la Grande-Bretagne au gouvernement «démocratique élu» de M. Maliki et «au peuple irakien». «Notre tâche, à nous, aux Américains, à toute la coalition, à la communauté internationale et aux Irakiens eux-mêmes, est de s'assurer que les forces du terrorisme ne défassent pas la volonté du peuple d'avoir une démocratie.»

Après des entretiens avec son homologue et le président Jalal Talabani, il s'est rendu à Bassora, où il a salué le «courage» des 7100 soldats britanniques déployés dans cette région, alors qu'il est sous la pression grandissante de son opinion publique pour retirer le contingent britannique d'Irak.

Pendant sa visite, des hommes armés ont pris position autour des locaux du Croissant-Rouge dans la zone de Karada, avant de pénétrer dans le bâtiment et d'emmener de force quelque 25 membres du Croissant-Rouge et plusieurs civils.

La délégation du CICR en Irak a condamné cette «attaque et violation du droit humanitaire international», alors que les locaux du Croissant-Rouge «étaient clairement identifiés» comme tels. Six des otages ont été libérés en fin de journée, alors que 24 personnes restaient aux mains des ravisseurs.

Le Croissant-Rouge est l'une rares organisations intervenant encore aujourd'hui efficacement en Irak, avec un réseau d'environ 200 000 volontaires. Jeudi, une cinquantaine de personnes avaient été kidnappées au cours d'une opération du même genre.

Par ailleurs, au moins 21 cadavres, certains mutilés, ont été retrouvés dans la matinée par les forces de sécurité, notamment à Baqouba (au nord de Bagdad) et dans la capitale. Plus tard, un groupe irakien lié à al-Qaïda a jeté de l'huile sur le feu en invitant les sunnites irakiens à partir en guerre contre leurs compatriotes chiites dans un enregistrement mis en ligne hier.

«Dressez-vous comme un seul homme [...] et tranchez leur gorge [aux Chiites], répandez leur sang, brûlez le sol sous leurs pieds, faites pleuvoir les bombes sur eux», dit l'orateur, qui se présente comme le porte-parole officiel de «l'État islamique en Irak».

«Ils [les Chiites] ont fait pire que les croisés [les forces sous commandement américain]. Ils ont tué des hommes, rendu des femmes veuves et des enfants orphelins, incendié des maisons de Dieu et déchiré son livre.» L'authenticité de ce message mis en ligne sur un site utilisé par des groupes d'activistes sunnites n'a pu être vérifiée.

Les affrontements intercommunautaires qui, selon des responsables de l'ONU, font quotidiennement plus de 100 morts, font redouter une guerre civile et ont fortement contribué à la décision du président George Bush de revoir sa stratégie en Irak.

C'est dans ce contexte trouble que la conférence de réconciliation a achevé ses travaux hier soir. Les 200 délégués présents ont proposé une série de «recommandations», dont le retour d'anciens membres du parti Baas (ex-parti unique sous le régime de Saddam Hussein) dans l'armée, reprenant ainsi l'offre faite à l'ouverture de la réunion par M. Maliki.

Les diverses propositions faites à la conférence sont toutefois «des déclarations de bonne intention qui restent encore à mettre en oeuvre», a reconnu le porte-parole de la conférence, Nasser al-Ani.
 
 
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